LES SYMPTOMES, LA PROGRESSION ET L’ESPERANCE DE VIE DE LA MALADIE DE CHARCOT

Severine BOILLEE « Nous nous intéressons plus particulièrement à l’évolution de la maladie des cas familiaux et de l’ensemble des cas sporadiques. Nous pensons qu’il est important de connaitre pourquoi chez certains la maladie évolue rapidement et que chez d’autres au contraire la progression est lente. Notre but est de comprendre pourquoi l’évolution est différente selon les patients afin de trouver comment ralentir la maladie. Nous nous intéressons dans ce cadre aux cellules du système immunitaire car nous avons montré qu’elles étaient impliquées dans la progression de la SLA. Notre but est de savoir ce que ces cellules immunitaires, que l’on trouve dans le sang des patients ont de particulier afin d’identifier ce qui est toxique et produit par ces cellules afin de pouvoir les bloquer et ralentir l’évolution de la maladie. »
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Les symptômes de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou encore maladie de Charcot se caractérisent par une paralysie complète des muscles des bras, des jambes et de la gorge entrainant une incapacité à marcher, manger, parler ou même respirer qui s’installe progressivement. La sclérose latérale amyotrophique (SLA) se déclare à l’âge adulte (40-80 ans) et va évoluer, en 3 à 5 ans, vers la paralysie complète et le décès du patient par paralysie des muscles de la respiration.

Selon la localisation des motoneurones touchés au début de la maladie, les symptômes initiaux de la maladie de Charcot différent :

  • Dans environ 30% des cas, la maladie de Charcot atteint les motoneurones du tronc cérébral (forme bulbaire) et les premières manifestations sont des difficultés à articuler ou à déglutir.
  • Dans les autres cas, la maladie touche d’abord les motoneurones périphériques (forme spinale) et débute par une faiblesse et une gêne au niveau d’un membre. La maladie s’intensifie progressivement avec des contractures, une raideur musculaire et des articulations, puis l’atteinte gagne d’autres muscles. Une atrophie musculaire et des troubles de la coordination gênent la marche et l’habileté manuelle. Les difficultés à déglutir ou à articuler croissent. L’atteinte des muscles respiratoires intervient souvent à un stade avancé de la maladie et constitue la cause mortelle de la maladie.

dégénérescence des motoneurones - maladie de charcot (SLA)

A L’Institut du Cerveau – ICM

Séverine BOILLEE étudie l’influence des cellules immunitaires (ou cellules de l’inflammation) sur la dégénérescence des motoneurones et la progression de la maladie. Dans la SLA, les cellules de l’inflammation sont beaucoup plus présentes autour du motoneurone que chez les sujets non malades. Elles réagissent à la dégénérescence des motoneurones et sont impliquées dans la progression de la maladie de charcot. Au niveau du cerveau et de la moelle épinière, les motoneurones interagissent avec les cellules microgliales alors que dans le système nerveux périphérique, ils sont en contact avec les macrophages. Ces deux types de cellules vont jouer un double rôle:positif,en envoyant des facteurs bénéfiques pour la survie des motoneurones et négatif via des facteurs toxiques qui vont contribuer à leur destruction.

Les travaux de Séverine BOILLEE visent à mieux comprendre le rôle de ces cellules dans le développement et la progression de la maladie de charcot, afin d’identifier de nouvelles pistes thérapeutiques. L’objectif est d’analyser précisément les différents facteurs émis par ces cellules afin d’identifier ceux sur lesquels agir pour ralentir la progression de la maladie.

Une étude promue par l’AP-HP et menée à l’Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière par Isabelle LE BER dans l’équipe d’Alexandra DURR et de Giovanni STEVANIN et par Olivier COLLIOT co-chef d’équipe avec stanley DURRLEMAN a montré, pour la première fois, que des individus asymptomatiques risquant de développer une dégénérescence fronto-temporale (DFT) ou une Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA), car porteurs de la mutation c9orf72, présentent des altérations cognitives, anatomiques et structurelles très précoces, avant l’âge de 40 ans. La mise en évidence de biomarqueurs à des stades très précoces est un premier pas vers le développement d’outils nécessaires à l’évaluation de nouveaux traitements. En effet, le développement de thérapeutiques à la phase précoce, idéalement avant le début des symptômes, nécessite de développer des outils qui permettent de savoir quand initier les traitements et de mesurer leur efficacité.