Les mécanismes biologiques de la maladie de Charcot

Severine BOILLEE « Pour comprendre les mécanismes de la maladie, nous utilisons surtout des motoneurones et d’autres cellules impliquées dans la maladie comme les cellules gliales pour modéliser la SLA à partir de cellules souches humaines pluripotentes induites (iPS). Nous cherchons à savoir comment les motoneurones meurent pour savoir comment bloquer les différents mécanismes afin d’augmenter leur survie. »
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Même dans les cas familiaux où les mutations responsables de la maladie de charcot ont été identifiées, le mécanisme conduisant à la dégénérescence des motoneurones n’est pas encore élucidé.

On observe une accumulation anormale de protéines incorrectement éliminées directement dans les motoneurones de la moelle épinière des patients. Ces analyses sont réalisées par le Pr Danielle SEILHEAN (service de Neuropathologie de la Pitié-Salpêtrière) et membre de l’équipe de Séverine BOILLEE. Le don de tissus post-mortem pour la recherche est une aide particulièrement précieuse pour les chercheurs de l’Institut du Cerveau – ICM.

maladie de charcot SLA mécanisme biologique

A l’Institut du Cerveau – ICM

L’équipe de Severine BOILLEE, étudie l’influence des mutations sur les cellules nerveuses ou immunitaires in vivo dans des modèles expérimentaux ou in vitro sur des cellules en culture. L’objectif de ces recherches est de comprendre par quel mécanisme la protéine mutée peut entrainer la dégénérescence des motoneurones.

L’objectif de Delphine BOHL dans l’équipe de Séverine BOILLEE est de modéliser la maladie grâce à aux cellules souches pluripotentes humaines (iPSC). Cette technologie de pointe permet de générer des motoneurones ou des cellules immunitaires à partir de cellules de peau (biopsie) de patients. Les iPSC ont deux grandes capacités qui sont celles d’être capables de se multiplier à l’infini et de se différencier en n’importe quel type cellulaire de l’organisme pour peu qu’elles soient exposées aux bons signaux. Ces nouveaux modèles cellulaires sont un outil précieux qui permet pour la première fois d’avoir accès à des neurones humains de patients.

La première étape est de pouvoir caractériser très précisément les motoneurones obtenus à partir des cellules iPSC de patients, d’abord dans des cas génétiques, où la mutation à l’origine de la SLA est connue, puis dans des cas sporadiques afin d’éventuellement identifier des mécanismes communs. La deuxième étape est de réunir dans un même milieu, très contrôlé, les motoneurones et les cellules immunitaires pour modéliser leurs interactions. À termes, ces modèles permettraient également de tester l’efficacité des molécules thérapeutiques.

Protocole d’obtention de cellules souches pluripotentes induites (iPS)

mutation cellule nerveuse sla sclérose latérale amyotrophique