Les causes de la sclérose en plaques, est-elle héréditaire ?

Bien que la sclérose en plaques ait été décrite par Charcot il y a plus d’un siècle et demi, les causes de cette maladie du système nerveux central restent encore inconnues.  
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La sclérose en plaques (SEP) n’est pas une maladie héréditaire. C’est une affection dont l’origine est multifactorielle, liée à l’interaction de facteurs environnementaux, aujourd’hui inconnus et d’une prédisposition génétique. Cette dernière peut se définir comme une combinaison de gènes, aujourd’hui 233 variants génétiques ont été identifiés, qui confère un plus grand risque de développer la maladie. On considère que celle-ci n’est pas suffisante à elle seule pour que la maladie apparaisse, mais qu’elle constitue un terrain favorable à son développement. Il est à noter que la majorité des variants génétiques identifiés sont associés à des gènes dit « immunitaires » c’est-à-dire impliqués dans l’inflammation.

Les études épidémiologiques n’ont pas permis d’identifier de façon certaine de facteur environnemental responsable du déclenchement de la maladie. Un déficit en vitamine D pourrait être un facteur déclenchant mais son implication n’a pu encore aujourd’hui être prouvé de façon certaine. De nombreux virus ont également fait l’objet d’étude avec l’hypothèse qu’une infection virale contractée dans la petite enfance pourrait être à l’origine de la maladie chez des personnes génétiquement prédisposées. Mais à ce jour aucun virus n’a pu être spécifiquement associé à la sclérose en plaques.

Longtemps incriminés dans la survenue de la sclérose en plaques (SEP), les vaccins ont fait l’objet d’études épidémiologiques de grande ampleur. Deux millions de jeunes filles vaccinées contre le papillomavirus ont été suivies sur plusieurs années dans le cadre d’une étude menée par l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé. La conclusion de cette étude révèle que la survenue de sclérose en plaques chez ces jeunes filles n’est pas plus fréquente que dans la population générale. Plusieurs études sur la relation entre le vaccin contre l’hépatite B et la survenue de sclérose en plaques ont abouties aux mêmes conclusions.

A L’Institut du Cerveau – ICM

Le consortium International de génétique de la Sclérose en plaques (IMSGC) impliquant une équipe de recherche de l’Institut du Cerveau – ICM vient de publier un article scientifique dans la revue SCIENCE portant à 233 variants génétique de prédisposition à la sclérose en plaques. L’étude a porté sur 47 429 patients et 68 374 contrôles. Ces résultats confirment que la sclérose en plaques résulte d’un dysfonctionnement du système immunitaire et ouvrent la voie à des recherches fonctionnelles sur les causes de la maladie.

Source https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31604244