Sommes-nous manipulables ? Quand les goûts dépendent du contexte

Recherche Mis en ligne le 28 juin 2015
Photo du cerveau

©Institut du Cerveau - ICM

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Pourquoi aime-t-on un tableau ou une personne ? Notre jugement dépend-t-il uniquement de la valeur intrinsèque de ce tableau ou de cette personne ? Et si d’autres paramètres intervenaient ?

L’équipe de Mathias Pessiglione, Sébastien Bouret et Jean Daunizeau à l’Institut du Cerveau – ICM vient de mettre à jour les mécanismes cérébraux par lesquels le contexte influence nos jugements de valeurs.

Grâce à des études menées par IRM fonctionnelle chez des sujets sains, les chercheurs ont confirmé le rôle d’une région du cortex, appelée cortex orbitaire médian, dans l’attribution des valeurs. En effet, l’activité de cette région augmente lorsqu’une chose nous plait.

Les chercheurs de l’Institut du Cerveau – ICM ont également montré que lorsque la musique d’ambiance est agréable, les sujets apprécient davantage le tableau qui leur est présenté. Une musique agréable augmente l’activité du cortex orbito-médian, le prédisposant ainsi à apprécier davantage le tableau. Ainsi nos jugements de valeurs sont influencés par le contexte et naissent de l’intégration par le cortex orbito-médian de différentes données internes ou externes.

L’équipe a pu dégager les propriétés principales de ce système qui attribue des valeurs et qui est hautement conservé chez l’homme et chez le singe.

Nos goûts sont manipulables donc si vous voulez séduire quelqu’un, renseignez-vous sur sa musique préférée !

Légende de l’image : En jaune-orangé apparaissent les régions du cerveau qui représentent les jugements de valeur : plus quelque chose nous plaît, plus le signal augmente dans les mesures par IRM fonctionnelle.

Equipes scientifiques

Equipe "Motivation, cerveau et comportement"
Chef d'équipe
Sebastien BOURET PhD, CR2, CNRS
Jean DAUNIZEAU PhD,CR1, INSERM
Mathias PESSIGLIONE PhD, DR2, INSERM
Comportements dirigés, social, cognition morale, motivation
Domaine principal: cognition

L’équipe dirigée par Mathias PESSIGLIONE, Jean DAUNIZEAU et Sébastien BOURET combine trois approches complémentaires : les neurosciences cognitives chez l’homme, la neurophysiologie chez le singe et la modélisation computationnelle, essentielle pour relier quantitativement les différents niveaux de descriptions.
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