Bassem Hassan, chef d’orchestre de la recherche

Portraits Mis en ligne le 21 avril 2023
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Portrait : Bassem Hassan est directeur scientifique et directeur des plateformes technologiques de l’Institut du Cerveau. 

Quand et comment êtes-vous arrivé à l’Institut du Cerveau ?

J’ai pris mes fonctions à l’Institut du Cerveau en 2016 en répondant à un appel d’offre international. Après 15 années passées comme chef d’équipe au Vlaams Instituut voor Biotechnologie (VIB) en Belgique, j’avais besoin d’un nouveau défi. Je suis arrivé à l’Institut du Cerveau en tant que chef d’équipe avec tous mes postdocs et 2 doctorants et 3 ans plus tard, je suis devenu directeur scientifique, succédant ainsi à Alberto Bacci. Peu de temps après, en accord avec Alexis Brice, le directeur général de l’Institut du Cerveau, et le Scientific Advisory Board, nous avons acté qu’il serait cohérent que je sois également directeur des plateformes technologiques.

Quel est votre rôle en tant que directeur scientifique ?

Il y a, pour résumer, deux échelles de responsabilités : l’une politique liée à la stratégie scientifique de l’Institut du Cerveau, et l’autre plus opérationnelle.

De manière conceptuelle, le directeur scientifique est chargé de construire, en collaboration avec la Direction générale et la Direction des affaires scientifiques et médicales, la politique scientifique permettant d’établir les grandes axes stratégiques et technologiques à venir. Il s’agit ainsi d’être capable d’imaginer en permanence le futur à courts, moyens et longs termes de l’Institut tout en se concentrant sur l’aujourd’hui et le maintenant pour faire en sorte que la stratégie scientifique décidée soit appliquée d’un point de vue opérationnel.

De manière plus pragmatique, le directeur scientifique organise également l’application quotidienne de la politique scientifique. Il est par exemple fortement impliqué dans la définition des profils des équipes recrutées par appels d’offres. Il doit également recueillir les besoins techniques et scientifiques des équipes et des plateformes et y répondre au mieux.  Il est, dans une autre mesure, en relation étroite avec la Direction de l’innovation pour croiser la politique scientifique et technologique de l’Institut, avec la stratégie politique d’innovation. Il travaille enfin, en collaboration avec l’ensemble des services, sur les relations internationales avec les autres institutions.

L’objectif du Directeur scientifique est ainsi de s’assurer que toutes les pièces de puzzle s’emboitent parfaitement pour obtenir une image globale cohérente des activités de l’Institut.

« Le directeur scientifique doit avoir la tête dans les nuages et les pieds bien sur terre en même temps et tout le temps », Bassem Hassan.

Dans cette élaboration de la politique scientifique et dans les axes stratégiques, qu’est-ce qui rend l’Institut particulièrement attractif ?

L’une des premières forces de l’Institut est sa présence privilégiée sur un site hospitalier de renommée internationale. Cette proximité avec Sorbonne Université et le DMU Neuroscience de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) permet aux patients d’être impliqués activement dans la recherche clinique et translationnelle de l’Institut. Sur un même lieu sont ainsi réunis chercheurs, cliniciens et patients, ce qui permet de décloisonner les fonctions, de favoriser les interactions et de raccourcir les délais. Il n’y a pas beaucoup d’endroits dans le monde où l’on trouve toutes ces expertises dans un seul bâtiment.

Nos plateformes technologiques sont également une des particularités notables de l’Institut. Elles permettent d’appréhender toutes les échelles des neurosciences, du séquençage de l’ADN en passant par l’imagerie du cerveau humain jusqu’à des expertises tournées vers les tests cognitifs et comportementaux. Avec ces plateformes de haut niveau, à qui l’Institut donne les moyens d’être toujours à la pointe de la technologie, les chercheurs bénéficient d’un très large spectre d’investigations.

La troisième caractéristique est le financement particulièrement attractif pour les équipes de recherche. Qu’il s’agisse de la dotation conséquente aux équipes qui est assurée pendant 5 ans ou bien des appels d’offres (Big Brain Theory (BBT), financements Carnot, et bientôt des financements de bourses doctorales, etc.), les financements de l’Institut du Cerveau permettent aux scientifiques de se lancer dans des projets de recherche audacieux, dits « à risque », comme des études « pilotes » pour obtenir des preuves de concept, qui ne seraient pas financées par les traditionnels appels d’offres compétitifs externes.

Les chiffres ne mentent pas : lors du dernier appel d’offres d’accueil de nouvelles équipes, nous avons reçu près de 260 candidatures en provenance du monde entier.

Ce modèle est unique en France et sans doute en Europe. Nous pouvons en être fiers.

Pour en savoir plus sur le modèle original de l’Institut du Cerveau, cliquez ici.