Institut du Cerveau https://institutducerveau-icm.org Fri, 22 Jan 2021 13:06:00 +0000 https://wordpress.org/?v=4.9.13 hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.13 Innovation pédagogique : Mimer pour apprendre la neurologie et lutter contre la neurophobie https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/innovation-pedagogique-mime-neurophobie/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/innovation-pedagogique-mime-neurophobie/#respond Thu, 21 Jan 2021 15:26:19 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20710 Dans un article paru ce jour dans Journal of the Neurological Sciences, l’équipe menée par Emmanuel Flamand-Roze, professeur à Sorbonne Université et neurologue à En savoir plus ]]> Dans un article paru ce jour dans Journal of the Neurological Sciences, l’équipe menée par Emmanuel Flamand-Roze, professeur à Sorbonne Université et neurologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP et chercheur à l’Institut du Cerveau montre que le programme d’enseignement par simulation The Move diminue la neurophobie chez les étudiants en médecine.

The Move est une méthode d’apprentissage fondée sur le mime pour aider les étudiants en médecine à aborder l’examen neurologique : ils jouent des saynètes au cours desquelles ils reproduisent les manifestations des maladies neurologiques. Cet enseignement reprend certains éléments du show télévisé « The Voice », en remplaçant le chant par le mime scénarisé des maladies neurologiques. Chaque saison se termine par un tournoi amical auquel sont présent coachs (enseignants) et étudiants. Les syndromes sont tirés au sort, et les groupes d’étudiants s’affrontent en « battles » successives, jouant les saynètes qu’ils ont inventées et répétées. À la fin de la compétition, le jury composé de l’ensemble des coachs désigne l’équipe victorieuse selon deux critères : l’authenticité médicale du patient et l’originalité du scénario. « Le caractère actif et immersif du processus d’apprentissage fait intervenir des encodages sensorimoteurs, cognitifs et émotionnels qui permettent de mieux mémoriser » explique Emmanuel Flamand-Roze, professeur de neurologie à Sorbonne Université. Le contexte ludique et l’atmosphère bienveillante associée à cet enseignement sont également des facteurs puissants favorisant l’apprentissage. « Cela permet aussi aux jeunes apprentis médecins de lutter contre la « neurophobie » ou « peur de la neurologie », très répandue chez les étudiants en médecine ajoute-t-il, et c’est également un moyen de cultiver leur empathie en se mettant en scène à la place du patient. »

L’équipe du Pr Flamand-Roze avait pu démontrer dans une première étude l’efficacité de cet enseignement dans la mémorisation à long terme des connaissances neurologiques. Dans cette nouvelle étude parue dans Journal of the Neurological Sciences, les enseignants ont d’abord validé une échelle quantitative de mesure de la neurophobie. Ils ont ensuite montré, en étudiant un groupe de 400 étudiants en 2ème année de médecine à Sorbonne Université, que la neurophobie diminuait à la suite à l’enseignement « The move ».

La neurophobie est bien décrite dans la littérature médicale et scientifique, et expérimentée par les étudiants de tous les continents. Elle désigne la peur de la neurologie éprouvée par les étudiants et jeunes médecins, et la crainte qu’ils ont de se retrouver face à des patients atteints d’une maladie neurologique. La neurologie est la matière qu’ils redoutent le plus, et la partie de l’examen clinique avec laquelle ils ont le plus de difficultés. Pourtant, dans les décennies à venir, compte tenu de l’évolution de la démographie de la population générale, les neurologues seront de plus en plus souvent amenés à partager la prise en charge des maladies neurologiques avec d’autres spécialistes, notamment les médecins généralistes et les gériatres. « The Move » représente ainsi un outil éducatif pour lutter contre la neurophobie des étudiants qui seront appelés demain à suivre un pourcentage croissant de patients atteints de maladies neurologiques.

À propos du programme « The Move » :

Mis en place à Sorbonne Université depuis 2014 et soutenu par l’AP-HP et l’Institut du Cerveau, « The Move » se développe en France et dans le monde. Il fait l’objet d’un tournoi international annuel auquel participent différentes universités européennes, américaine et asiatiques.

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Un nouveau modèle des réseaux cérébraux de l’imagerie mentale visuelle https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/imagerie-mentale-visuelle/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/imagerie-mentale-visuelle/#respond Wed, 20 Jan 2021 11:13:09 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20646 Comment parvenons-nous à « voir » des images dans nos pensées ? Si l’on vous parle du tableau Mona Lisa de Léonard de Vinci, vous pouvez surement le visualiser En savoir plus ]]> Comment parvenons-nous à « voir » des images dans nos pensées ? Si l’on vous parle du tableau Mona Lisa de Léonard de Vinci, vous pouvez surement le visualiser dans votre tête et vous souvenir du sourire énigmatique de la Joconde. Une étude récente de l’équipe de Paolo Bartolomeo, publiée dans Cerebral Cortex, propose un nouveau modèle sur les bases cérébrales de cette capacité appelée imagerie mentale visuelle.

L’imagerie mentale visuelle

Qu’est-ce qui est d’un rouge le plus foncé entre une fraise et une cerise ? Pour répondre à cette question, nous devons visualiser ces deux fruits dans notre tête pour les comparer et ce, en l’absence de toute information visuelle puisque ni une fraise ni une cerise ne se trouvent devant nos yeux. La majorité d’entre nous est capable de générer de telles images mentales, mais les bases cérébrales à l’origine de cette capacité font débat.

La théorie dominante pour expliquer ce qu’il se passe dans notre cerveau lorsque nous créons de telles images est que nous faisons appel au même système que celui engagé pour la vraie vision : l’aire visuelle primaire située dans le cortex occipital, à l’arrière de notre cerveau. Des données viennent cependant remettre en cause ce dogme : des patients atteints d’une lésion au niveau du cortex occipital dont la vision est affectée, sont toujours capables d’imagerie mentale visuelle.

 

« Il y a déjà 20 ans, j’avais rencontré une patiente qui avait fait deux AVC presque symétriques, entre les lobes occipitaux et temporaux des deux hémisphères. Elle avait complètement perdu sa capacité à reconnaître les couleurs, les visages et les objets, à lire également. Pourtant, son imagerie mentale était parfaite. Cette dame parvenait sans aucun problème à visualiser des objets dans son esprit, qu’elle était en revanche incapable de reconnaître s’ils étaient présentés devant ses yeux. » explique Paolo Bartolomeo (Inserm), neurologue et co-responsable d’équipe à l’Institut du Cerveau.

 

Ce cas était loin d’être unique. L’étude de nombreux patients suggérait que des lésions dans des régions visuelles de haut niveau au niveau du lobe temporale, dont le rôle est plutôt d’analyser les informations captées par le lobe occipital, étaient délétères pour l’imagerie mentale. Face à l’accumulation d’éléments qui remettaient en cause le modèle initial du rôle de l’aire visuel primaire dans l’imagerie mentale visuelle, l’équipe du Dr Paolo Bartolomeo a réanalysé 46 études réalisées sur le sujet en IRM fonctionnelle à la lumière de ces nouveaux éléments.

 

Ils mettent en évidence que le cortex occipital n’a aucune tendance à s’activer lors de l’imagerie mentale. Ce sont les régions fronto-pariétales qui sont plus particulièrement sollicitées, à la base de l’attention et de la mémoire de travail (qui nous permet de garder les informations à l’esprit pour les utiliser), ainsi qu’une région bien définie du gyrus fusiforme dans le lobe temporal gauche. Pour confirmer ce premier résultat, les chercheurs ont conduit une analyse bayésienne sur ces données. Cette méthode statistique permet d’affirmer que le résultat est bien négatif, ici que l’aire visuelle primaire ne s’active pas lorsque nous utilisons notre imagerie mentale visuelle.

 

« Face à ces résultats, nous proposons un nouveau modèle qui associent les réseaux fronto-pariétaux aux régions visuelles de haut niveau du cortex temporal ventral, centrées sur le gyrus fusiforme. Ce modèle mettrait pour la première fois d’accord les données obtenus chez les patients porteurs de lésions cérébrales et chez les sujets sains. » conclut Paolo Bartolomeo.

 

Ce modèle révisé de l’imagerie mentale visuelle doit à présent être vérifié par des études de neuroimagerie, basée sur l’IRM à ultra-haut-champ (7T), l’électroencéphalographie intracérébrale, et la comparaison avec des données de patients.

 

Source

 

Spagna, Alfredo, Dounia Hajhajate, Jianghao Liu, and Paolo Bartolomeo. 2021. ‘Visual mental imagery engages the left fusiform gyrus, but not the early visual cortex: a meta-analysis of neuroimaging evidence’, Neuroscience & Biobehavioral Reviews. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2020.12.029

 

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0149763420307041

 

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Covid-19 : des résultats confirment la capacité du SARS-CoV-2 à infecter les neurones https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/coronavirus-covid-19-infection-neurones/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/coronavirus-covid-19-infection-neurones/#respond Thu, 14 Jan 2021 09:45:44 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20650 Une étude internationale impliquant plusieurs équipes de l’Université de Yale (USA), de l’Institut du Cerveau (Sorbonne Université/Inserm/CNRS) et de l’hôpital En savoir plus ]]> Une étude internationale impliquant plusieurs équipes de l’Université de Yale (USA), de l’Institut du Cerveau (Sorbonne Université/Inserm/CNRS) et de l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP confirme la capacité du SARS-CoV-2 à infecter les neurones et en identifie plusieurs conséquences. Les résultats ont été publiés le 12 janvier 2021 dans la revue Journal of Experimental Medicine.

Au-delà des atteintes respiratoires importantes que peut causer l’infection au SARS-CoV-2, des symptômes neurologiques ont également très vite été rapportés chez les patients, de maux de tête à la perte d’odorat ou plus gravement des pertes de conscience et des AVC. Si des traces d’ARN du virus ont été retrouvées dans le cerv eau de patients décédés de la Covid-19 et des protéines virales dans certaines cellules de leur bulbe olfactif, la capacité du virus à infecter les cellules du cerveau et les conséquences possibles n’avaient pas été démontrées jusqu’alors.

Pour répondre à ce défi, des chercheurs de l’Université de Yale (USA), de Sorbonne Université, de l’Inserm et du CNRS à l’Institut du Cerveau ainsi que de l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP ont utilisé trois approches différentes pour étudier l’infection dans le cerveau : des cultures de cellules cérébrales en 3D, un modèle murin d’infection au SARS-CoV-2 et des tissus cérébraux de patients décédés de la Covid-19.

Leurs résultats dans les cultures de cellules cérébrales en 3D attestent de la capacité du SARS-CoV-2 à pénétrer dans les neurones et à utiliser leurs composants pour se multiplier, entraînant alors des changements métaboliques dans les cellules infectées, sans pour autant les détruire. En revanche, les cellules voisines des neurones infectées se voient privées d’oxygène et finissent par mourir. Dans les cerveaux de patients décédés de la Covid-19, le virus a été retrouvé dans les neurones corticaux, de même que des atteintes pathologiques associées à l’infection comme des accidents vasculaires ischémiques.

SARS-CoV-2 3d par imagerie en feuillet de lumière la présence du virus dans les neurones du bulbe olfactif

3d par imagerie en feuillet de lumière qui montre la présence du virus dans les neurones du bulbe olfactif

La façon dont le virus pénètre dans les neurones est une autre question. Des données antérieures ont mis en évidence que dans le reste de l’organisme, le virus utilisait la protéine ACE2, présente à la surface des cellules. Celle-ci est particulièrement exprimée dans les poumons, expliquant pourquoi le virus s’attaque plus spécifiquement à cet organe. Cette voie d’entrée restait cependant à démontrer dans les neurones.

Grâce à un modèle murin de l’infection au SARS-CoV-2, qui exprime de façon différentielle le récepteur ACE2, les chercheurs confirment son importance pour l’infection des cellules cérébrales. Ils révèlent d’autre part un remodelage important du réseau vasculaire cérébral dans les régions infectées du cerveau dans ce modèle. Cette dernière découverte ouvre la voie d’un lien entre la pénétration du virus dans les neurones observés à la fois dans les cultures de cellules cérébrales et les tissus cérébraux post-mortem, et l’hypoxie et les accidents ischémiques observés dans le cerveau des malades.

Dans leur ensemble, ces résultats confirment le tropisme cérébral du SARS-CoV-2 et sa capacité à infecter les neurones. Ils suggèrent également que les symptômes neurologiques observés dans la Covid-19 pourraient être une conséquence de cette atteinte directe du système nerveux central. De futures études sont maintenant nécessaires pour identifier précisément la voie empruntée par le virus pour entrer dans le cerveau et confirmer le lien entre les changements cellulaires observés au niveau des neurones et les symptômes neurologiques rapportés.

Référence:

Neuroinvasion of SARS-CoV-2 in human and mouse brain, Eric Song, Ce Zhang, Benjamin Israelow, Alice Lu-Culligan, Alba Vieites Prado, Sophie Skriabine, Peiwen Lu, Orr-El Weizman, Feimei Liu, Yile Dai, Klara Szigeti-Buck, Yuki Yasumoto, Guilin Wang, Christopher Castaldi, Jaime Heltke, Evelyn Ng, John Wheeler, Mia Madel Alfajaro, Etienne Levavasseur, Benjamin Fontes, Neal G. Ravindra, David Van Dijk, Shrikant Mane, Murat Gunel, Aaron Ring, Syed A. Jaffar Kazmi, Kai Zhang, Craig B Wilen, Tamas L. Horvath, Isabelle Plu, Stephane Haik, Jean-Leon Thomas, Angeliki Louvi, Shelli F. Farhadian, Anita Huttner, Danielle Seilhean, Nicolas Renier, Kaya Bilguvar, Akiko Iwasaki, Journal of Experimental Medicine, January 2021.

J Exp Med (2021) 218 (3): e20202135.

https://doi.org/10.1084/jem.20202135

]]> https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/coronavirus-covid-19-infection-neurones/feed/ 0 Stéphane CHARPIER : Le portrait d’un électrophysiologiste https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/stephane-charpier-electrophysiologie/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/stephane-charpier-electrophysiologie/#respond Tue, 12 Jan 2021 13:27:44 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20624 Stéphane CHARPIER, Pr de neuroscience à Sorbonne Université, chercheur en neurophysiologie et chef d’équipe à l’Institut du cerveau nous présente son ouvrage, En savoir plus ]]> Stéphane CHARPIER, Pr de neuroscience à Sorbonne Université, chercheur en neurophysiologie et chef d’équipe à l’Institut du cerveau nous présente son ouvrage, « la science de la résurrection », le fruit d’une rencontre imprévue entre son expérience personnelle, ses travaux de recherche et sa passion pour « sa science », l’électrophysiologie, née au XVIIIe siècle et qui ne cesse encore aujourd’hui de progresser.

 

 

A travers ce livre, l’auteur nous invite à découvrir la frontière complexe et insaisissable entre la vie et la mort. Cette frontière, décrite comme une « zone grise », y est explorée d’un point de vue historique, philosophique mais aussi, et surtout, d’un point de vue scientifique et médical.

« Le but de mes recherches n’est pas d’étudier la mort, concept indéfinissable pour un physiologiste. Au contraire, il est de comprendre jusqu’à quel moment il y a encore de la vie alors que le cerveau semble engagé dans un processus irréversible conduisant à la mort. Identifier des marqueurs fiables permettant de savoir que le cerveau pourra récupérer correctement après un arrêt cardiorespiratoire est un immense espoir pour la neurologie et la réanimation ! »

 

Qu’est-ce que l’électrophysiologie et quelles sont ses applications en neuroscience ?

L’électrophysiologie est la science qui étudie les signaux électriques générés par les processus biologiques et en particulier l’activité des neurones.

 

 

Le cerveau est un réseau de cellules excitables, les neurones, interconnectées par des synapses. L’électrophysiologie est la seule technique qui permette de décoder en temps réel l’information générée dans les différents circuits de neurones du cerveau lors d’un processus physiologique normal ou pathologique.

On sait depuis les travaux de Galvani à la fin du XVIIIe siècle, qu’une activité électrique dans les nerfs et les muscles est requise pour le déclenchement d’un mouvement et pour la propagation des informations sensorielles jusqu’au cerveau. C’est Emile du Bois-Reymond, physiologiste allemand, qui au milieu du XIXe siècle démontre que lorsque l’on stimule un nerf on provoque une inversion de polarité électrique (le potentiel d’action) dans les axones qui se propage permettant ainsi à un neurone de communiquer avec un autre neurone ou avec un muscle. Cette découverte majeure a mis un terme à la théorie de René Descartes proposant l’existence d’«esprits animaux », substances mystérieuses faites d’un vent subtil – qui parcourraient des nerfs creux et rempliraient les muscles lors de leur contraction. La découverte de l’excitabilité des neurones et de leurs potentiels d’action a donc ouvert la voie aux travaux de recherche actuels en neurophysiologie et aux développement des stimulations électriques à visée thérapeutique. Au cours du XIXe siècle, les stimulations électriques du système nerveux ont beaucoup été utilisées, avec plus ou moins de succès, mais aujourd’hui des stimulations contrôlées de régions cérébrales particulières ont prouvé leur efficacité dans diverses pathologies, notamment la maladie de Parkinson.

Dans la quasi-totalité des maladies du système nerveux, il existe soit un dysfonctionnement des propriétés électriques des neurones individuels, soit un désordre fonctionnel au niveau des connexions synaptiques entre neurones. Il est aujourd’hui possible d’enregistrer et d’étudier l’activité électrique du cerveau à différentes échelles : dans de vastes régions grâce à l’électro-encéphalogramme (EEG) mais également au sein d’un seul neurone.

C’est justement le but des travaux de recherche de mon équipe : explorer en temps réel les défauts électrophysiologiques dans le cerveau des patients et développer des modèles expérimentaux –  mimant au plus près des états pathologiques et permettant d’enregistrer chaque neurone impliqué dans la pathologie. La combinaison de ces approches nous permet de déterminer précisément le dysfonctionnement des neurones individuels et sa conséquence sur les réseaux neuronaux atteints par la maladie.

 

En quoi vos travaux de recherche sont-ils en rapport avec la thématique de votre livre ?

« En octobre 2008, un évènement fracassant changea le cours de ma vie. Il s’agissait d’un accident vasculaire cérébral qui aurait pu mettre un terme à mon existence. Par un procédé qui m’est encore mystérieux, cette proximité avec l’instant fatal s’insinuera dans les chemins de mon imaginaire scientifique, fera resurgir ma fascination pour la genèse du mythe de Frankenstein et finira, malgré moi me semble-t-il par nourrir mes recherches sur le cerveau. »

L’écriture de mon livre a donc accompagné mes recherches sur les propriétés du cerveau lorsque celui-ci est soumis à des situations pathologiques extrêmes. L’électrophysiologie a été une approche de choix pour aborder ces recherches. En effet, lorsque l’on pose une électrode sur le crâne ou le cerveau d’une personne on enregistre des variations de potentiel (EEG) en relation avec son état de conscience. Une activité de faible amplitude, rapide et apparemment désynchronisée, véritable « bruit de fond » physiologique du cerveau, témoigne d’une activité consciente.

D’un autre côté, le sommeil est une perte de conscience physiologique au cours de laquelle apparaissent dans l’EEG des ondes lentes synchronisées.

électrophysiologie - ondes lentes

Il existe par ailleurs des pertes de consciences pathologiques, comme par exemple lors d’une crise d’épilepsie généralisée, que nous étudions plus particulièrement dans mon équipe de recherche.

Dans ce cas là, on observe des activités électriques synchrones, rythmiques et intenses dans la plupart des régions cérébrales et qui court-circuitent l’activité endogène naturelle. Ce processus empêche le patient d’être conscient et de percevoir des informations de son environnement.

Une autre condition dans laquelle on peut perdre conscience de manière pathologique est le coma. A l’institut du Cerveau, Lionel NACCACHE enregistre chez des patients en état végétatif ou dans le coma l’activité électrique cérébrale qui témoigne d’un dysfonctionnement électrique cérébral en correspondance avec l’état clinique.

Pour les neurophysiologistes comme moi, ces données obtenues chez l’homme permettent de développer des modèles expérimentaux pertinents dans lesquels il est possible d’étudier les dysfonctionnements à l’échelle d’un neurone, ce qui est impossible chez l’homme.

« On a cru que j’avais écrit ce livre parce que j’étudiais les altérations neuronales au cours des comas. La réalité est tout autre. J’ai commencé à penser à ce livre sur mon lit d’hôpital après un AVC et ensuite lorsque j’ai recommencé à travailler, incidemment, j’ai initié des projets de recherche dont certains étaient en relation avec le contenu de mon livre. »

Le point de départ de ces nouvelles recherches sur l’activité électrique cérébrale était un questionnement plus général sur le fonctionnement naturel du cerveau. Quel est donc le rôle de cette « activité électrique de fond », enregistrée chez les individus en plein état de conscience, sur les fonctions neuronales ? Et puis, sont-ils encore fonctionnels et peuvent-ils traiter de l’information dans un état de « silence électrique cérébral » associé aux comas les plus profonds ? Une des façons de répondre à ces questions a été de supprimer le bruit de fond cérébral et d’étudier le fonctionnement de chaque neurone sans cette activité.

Notre approche a été d’abord de supprimer la décharge de potentiels d’action et l’activité synaptique par l’administration de doses élevées de barbituriques. On obtient alors chez les rongeurs un coma appelé isoélectrique, semblable à celui de certains patients plongés en coma artificiel.

Ces travaux ont permis de démontrer pour la première fois (et contre toute attente) que lors d’un coma isoélectrique les neurones sont encore fonctionnels, qu’ils conservent leur excitabilité, qu’ils peuvent déclencher des potentiels d’action et même traiter de l’information sensorielle comme par exemple une stimulation des vibrisses chez les rongeurs, laquelle peut déclencher une réponse neuronale. Il en est de même chez les patients plongés dans un coma artificiel par administration de barbituriques chez lesquels nous avons pu observer une activité électrique cérébrale lors d’une stimulation extérieure comme un claquement de porte ou un flash de lumière.

Cependant, et c’est important de le souligner, ces réponses cérébrales témoignent bien d’une activité neuronale mais non d’une réponse consciente du patient ou du cobaye.

Récemment, mon équipe vient de montrer que dans les modèles expérimentaux de coma isoélectrique réversible, les neurones sont non seulement fonctionnels mais qu’ils gardent la totalité de leur fonctionnalité après restauration des activités cérébrales spontanées.

Parallèlement à l’écriture de mon livre, les projets de mon équipe se sont enchainés, comme cela se passe toujours dans une équipe de recherche, en fonction des dernières découvertes et des réflexions entre chercheurs et cliniciens. Après nos résultats obtenus sur le coma isoélectrique, nous avons voulu aller plus loin, explorer les confins du fonctionnement cérébral : ceux associés à une onde EEG décrite récemment et appelée « onde la mort ». Celle-ci survient après un arrêt cardio-respiratoire et était sensée être un marqueur d’un processus de mort irréversible. Nous avons voulu tester cette hypothèse et, surtout, identifier l’origine de cette onde

Pour cela nous avons développé un modèle expérimental de coma « proche de la mort cérébrale » par anoxie (privation d’oxygène), comme survenant chez certains patients après un AVC massif ou une crise cardiaque. Notre but alors a été de comprendre les mécanismes neuronaux de l’onde de la mort, de déterminer si celle-ci est effectivement irréversible et d’identifier des marqueurs fiables pronostiquant une récupération correcte après une ré-oxygénation.

Ces travaux ont démontré que l’onde de la mort n’est pas irréversible et ont permis à d’identifier une onde jamais décrite auparavant : l’onde de la réanimation. Nous avons décrit les mécanismes de cette onde (symétriques a ceux de l’onde de la mort) et montré que dans 100% des cas après l’apparition l’onde de la réanimation, on observe une récupération totale des capacités fonctionnelles des neurones et des circuits synaptiques dans le cortex. L’espoir donc de découvrir un marqueur électrique de la récupération des fonctions cérébrales chez l’homme !

 

électrophysiologie - onde de la mort

 

Pour en savoir plus : https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/anoxie-cerebrale-reanimation-neurones/

 

Nous poursuivons actuellement ces recherches et explorons de nouvelles pistes. Existe-t-il, après l’onde de la réanimation, certains patterns d’activité électrique cérébrale qui augurent d’un bon ou d’un mauvais pronostic de récupération du cerveau après une réanimation cardio-respiratoire ? Par quelle(s) structure(s) cérébrale(s) le cerveau commence-t-il à perdre ses fonctions après un arrêt cardiorespiratoire ? Est-il possible de prévenir le processus qui inaugure la mort des neurones ?

Ces recherches ont accompagné l’écriture de mon livre et se poursuivent aujourd’hui dans cette enquête scientifique et médicale sur les frontières entre la vie et la mort et notre capacité de les dépasser.

Bonne lecture !

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SLAFR mobilise le monde du rugby aux côtés de l’Institut du Cerveau https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/rugby-slafr-institut-cerveau/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/rugby-slafr-institut-cerveau/#respond Mon, 11 Jan 2021 12:00:49 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20593 « Ensemble sifflons la fin de la SLA », voici le slogan ambitieux de SLA Fondation Recherche qui soutient nos chercheurs depuis près de 3 ans.

Cette association En savoir plus ]]> « Ensemble sifflons la fin de la SLA », voici le slogan ambitieux de SLA Fondation Recherche qui soutient nos chercheurs depuis près de 3 ans.

Cette association créée en 2016 s’est donnée pour mission de faire connaître la SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique), et de financer la recherche de traitements grâce au soutien du monde du sport. Depuis 2018, SLAFR soutient l’Institut du Cerveau et travaille main dans la main avec Séverine Boillée, chercheuse et cheffe de l’équipe « Causes de la SLA et mécanismes de la dégénérescence motoneuronale ».

C’est Jean-Pierre Matheu qui est à l’origine du projet. Arbitre du Top 14 de rugby de haut niveau pendant 16 ans, Jean-Pierre Matheu a été diagnostiqué en 2016, alors qu’il n’avait que 48 ans. Il décide alors de créer l’association SLA Fondation Recherche pour financer la recherche sur cette pathologie en mobilisant d’abord son réseau : le monde de l’arbitrage et celui du rugby.

La Sclérose Latérale Amyotrophique est la maladie du motoneurone la plus fréquente chez l’adulte. Elle se caractérise par la dégénérescence des motoneurones qui commandent la marche, la parole, la déglutition et la respiration. La mort des neurones entraine la disparition de la transmission d’informations entre le cerveau et les muscles qui ne sont plus sollicités et s’atrophient.

Cette pathologie est très représentée chez les sportifs. Une étude de cas autour de joueurs de football italiens de 1973 à 2008 avait dénombré près de 51 victimes parmi 30 000 footballeurs. Ce travail avait révélé le caractère agressif de la Sclérose Latérale Amyotrophique dont les footballeurs étaient décédés au bout de quelques mois seulement. À la suite de l’ouverture d’une enquête, le procureur Guariniello conclut à trois hypothèses possibles du développement de la SLA chez les joueurs de football : l’usage de substances dopantes très utilisées dans les années 1980, les traumatismes physiques liés à la pratique du football de haut niveau et les traitements chimiques utilisés pour l’entretien des pelouses.

Un combat commun contre la maladie

Ce que dénonce Jean-Pierre Matheu c’est le manque d’attention et de moyens portés à la maladie, probablement en raison de son caractère imprévisible et de sa fulgurance, qui ne permettent pas de faire vivre l’espoir de trouver un traitement. Cause ou raison, à cela s’ajoute le manque de visibilité de cette maladie auprès du grand public. C’est tout cela que SLAFR entend combattre.

L’association a fait le choix de reverser l’intégralité des dons qu’elle perçoit à la recherche sur la Sclérose Latérale Amyotrophique. Cette initiative permet à l’équipe de Séverine BOILLÉE, chercheuse et cheffe de l’équipe à l’Institut du Cerveau, d’accélérer la recherche sur de cette maladie. Depuis 2016, l’association a collecté plus de 120 000 € de dons à travers l’ensemble des évènements qui ont vu le jour : tombolas, ventes aux enchères et appel aux dons.

Ce partenariat permet d’œuvrer sans relâche à la recherche d’un traitement pouvant garantir de meilleures conditions de vie aux patients et à terme, une guérison.

SLA Fondation Recherche, son Président et les chercheurs restent proches. L’opportunité pour SLAFR d’affecter ses dons à la recherche sur la SLA a rendu son engagement plus fort et a permis de créer une relation de confiance solide. L’équipe de Séverine BOILLÉE garde un lien constant avec SLAFR à travers sa lutte contre la SLA et l’envie de partager ses différentes pistes de travail et ses avancées autour de ce combat commun, par l’intermédiaire de Christian Lobsiger.

La mobilisation de la famille rugby

Jean-Pierre Matheu porte haut les valeurs du rugby « camaraderie, solidarité et entraide ». Les liens solides qu’il entretient avec les le monde du rugby et son engagement pour l’association permettent à SLAFR d’être soutenue par les plus hautes instances du rugby français : la Fédération Française de Rugby -FFR, le monde de l’arbitrage avec la Direction Nationale de l’Arbitrage et de la Ligue National de Rugby- LNR, SLAFR a offert une grande visibilité à la lutte contre la Sclérose Latérale Amyotrophique.

Le rugby s’appuie sur des valeurs de camaraderie, de solidarité et d’entraide.

L’entraide sans faille de cette grande famille a notamment permis en 2018 de créer un partenariat inédit autour de la recherche sur la SLA. L’ensemble des instances du rugby, clubs professionnels et amateurs se sont retrouvés du 22 au 25 mars 2018 pour organiser une collecte exceptionnelle au profit de SLAFR.  Celle-ci s’est accompagnée d’actions de sensibilisation auprès du public, des joueurs et des instances du rugby français par le biais de messages lus par les speakers et affichés sur les écrans des stades lors des rencontres Top 14 et Pro D2. En avant-match, les arbitres ont porté un tee-shirt en soutien à l’association, tandis que les arbitres des rencontres fédérales et régionales ont pu arborer un short dédié à l’opération. Les réseaux sociaux des instances et des clubs ont également été mis à contribution lors de ce grand rendez-vous en relayant les coordonnées de l’association afin d’encourager les dons. En 2019, une vente aux enchères de maillots données par des joueurs et des arbitres célèbres a permis de collecter à nouveau des fonds.

L’Institut du Cerveau tient à remercier Monsieur Jean-Pierre Matheu pour sa confiance et pour avoir pris le temps de répondre à nos questions pour la rédaction de cet article.  Nous remercions tous les membres de l’association pour leur mobilisation, leur fidélité et leur générosité, ainsi que les donateurs de SLAFR qui en soutenant cette association soutiennent aussi nos chercheurs.

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Sandrine SAILLET lauréate du prix Valérie Chamaillard 2020 de la Fondation Française pour la recherche sur l’épilepsie https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/sandrine-saillet-laureat-recherche-2020-fondation-francaise-epilepsie/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/sandrine-saillet-laureat-recherche-2020-fondation-francaise-epilepsie/#respond Mon, 11 Jan 2021 09:29:50 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20601 Les travaux sur les épilepsie-absence, de Sandrine SAILLET, post-doctorante dans l’équipe « Excitabilité cellulaire et dynamiques des réseaux neuronaux » à En savoir plus ]]> Les travaux sur les épilepsie-absence, de Sandrine SAILLET, post-doctorante dans l’équipe « Excitabilité cellulaire et dynamiques des réseaux neuronaux » à l’Institut du cerveau, lauréate  du prix Valérie Chamaillard 2020 de la Fondation Française pour la recherche sur l’épilepsie (FFRE).

L’épilepsie-absence est un syndrome épileptique fréquent, représentant 10 à 15% des épilepsies infantiles. Cette maladie génétique, s’exprime par la survenue répétée de crises (jusqu’à 200 fois par jour) interrompant toutes formes de processus conscient. Bien qu’il soit établi que ces symptômes sont causés par un défaut dans le cortex cérébral des enfants, on ignore jusqu’à présent comment cette région cérébrale acquiert progressivement sa capacité à générer des crises. Le projet mené par Sandrine SAILLET et récompensé par ce prix, vise à élucider les déficits neuronaux et moléculaires qui apparaissent au cours du développement cérébral précédant la survenue des crises afin d’améliorer les connaissances scientifiques sur l’origine et les mécanismes de cette épilepsie et d’établir pour la première fois un diagnostic précoce de l’épilepsie-absence. Les résultats de ces travaux permettront de proposer de nouvelles cibles thérapeutiques agissant avant l’apparition des premiers signes cliniques. C’est l’espoir pour ces jeunes patients d’être diagnostiqués plus vite, de recevoir un traitement plus tôt et d’empêcher les premières crises de survenir ou de perdurer jusqu’à l’adolescence.

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Voeux 2021 du Pr Gérard Saillant https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/voeux-annee-2021-pr-gerard-saillant/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/voeux-annee-2021-pr-gerard-saillant/#respond Wed, 06 Jan 2021 17:00:50 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20486 Découvrez en vidéo les vœux pour l'année 2021 du Professeur Gérard Saillant de l'Institut du Cerveau.

Malgré une année 2020 difficile, marquée par la pandémie de En savoir plus ]]> Découvrez en vidéo les vœux pour l’année 2021 du Professeur Gérard Saillant de l’Institut du Cerveau.

Malgré une année 2020 difficile, marquée par la pandémie de COVID-19 et ses conséquences sanitaires, économiques et sociales, la recherche sur les maladies du cerveau n’a pas cessé d’avancer. Cela a été possible grâce à l’implication sans faille des chercheurs de l’Institut du Cerveau, mais également grâce votre soutien en cette période inédite. 

Nous tenions à vous remercier pour la solidarité dont vous avez fait preuve et nous espérons que nous pourrons continuer à avancer, ensemble, dans la lutte contre les maladies du cerveau.

Toutes les équipes de l’Institut du Cerveau vous adressent leurs meilleurs vœux pour l’année 2021 ! Nous espérons que vous avez passé de bonnes fêtes et que l’année 2021 sera porteuse d’améliorations, de solidarité et d’avancées pour la recherche scientifique.

 

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L’Institut du Cerveau vous souhaite ses meilleurs voeux pour 2021 ! https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/institut-du-cerveau-voeux-2021/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/institut-du-cerveau-voeux-2021/#respond Fri, 01 Jan 2021 13:09:39 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20548 Toutes les équipes de l’Institut du Cerveau vous souhaitent une très belle année 2021 !

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Toutes les équipes de l’Institut du Cerveau vous souhaitent une très belle année 2021 !

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Huntington et maladies neurologiques héréditaires, quels espoirs de thérapie? https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/braincast-alexandra-durr-huntington-maladies-neurologiques/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/braincast-alexandra-durr-huntington-maladies-neurologiques/#respond Thu, 31 Dec 2020 23:05:43 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20537 Le cinquième épisode de Braincast – La voix des neurones, podcast réalisé en partenariat avec le magazine Cerveau et Psycho, reçoit la praticienne hospitalière en En savoir plus ]]> Le cinquième épisode de Braincast – La voix des neurones, podcast réalisé en partenariat avec le magazine Cerveau et Psycho, reçoit la praticienne hospitalière en génétique médicale et directrice de l’équipe de recherche « Neurogénétique fondamentale et translationnelle » à l’Institut du Cerveau, le Pr Alexandra Durr.

Tout au long de ces 45 minutes, la spécialiste nous apprend l’existence de tests qui pourrait prévoir et, à l’avenir, guérir les maladies neurologiques de la maladie de Parkinson en passant par l’Alzheimer et la maladie de Huntington. De l’élaboration d’un test avec une recherche élaborée en incluant les familles de certains malades au premier testé, Alexandra Durr repasse avec nous tous les moments forts de ses recherches. La seule connaissance de nos gènes permettrait de prévoir les maladies dont nous pourrions être atteint mais une question se pose : est-ce que chaque personne serait prête à faire ce test et voir sa vie complètement changer sans, pour autant se sentir malade ?

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Voeux 2021 du Pr Gérard Saillant https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/voeux-pr-gerard-saillant-2021/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/voeux-pr-gerard-saillant-2021/#respond Thu, 31 Dec 2020 23:01:20 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20585 Découvrez en vidéo les vœux pour l'année 2021 du Professeur Gérard Saillant de l'Institut du Cerveau.

Malgré une année 2020 difficile, marquée par la pandémie de En savoir plus ]]> Découvrez en vidéo les vœux pour l’année 2021 du Professeur Gérard Saillant de l’Institut du Cerveau.

Malgré une année 2020 difficile, marquée par la pandémie de COVID-19 et ses conséquences sanitaires, économiques et sociales, la recherche sur les maladies du cerveau n’a pas cessé d’avancer. Cela a été possible grâce à l’implication sans faille des chercheurs de l’Institut du Cerveau, mais également grâce votre soutien en cette période inédite. 

Nous tenions à vous remercier pour la solidarité dont vous avez fait preuve et nous espérons que nous pourrons continuer à avancer, ensemble, dans la lutte contre les maladies du cerveau.

Toutes les équipes de l’Institut du Cerveau vous adressent leurs meilleurs vœux pour l’année 2021 ! Nous espérons que vous avez passé de bonnes fêtes et que l’année 2021 sera porteuse d’améliorations, de solidarité et d’avancées pour la recherche scientifique.

 

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Le noyau pédonculopontin, une structure cérébrale impliquée dans l’apprentissage par renforcement https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/noyau-pedonculopontin-structure-cerebrale-apprentissage/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/noyau-pedonculopontin-structure-cerebrale-apprentissage/#respond Mon, 21 Dec 2020 15:58:42 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20530 L’apprentissage par renforcement est un des mécanismes fondamentaux par lequel nous apprenons à optimiser nos actions. Par ce mécanisme, les actions qui sont En savoir plus ]]> L’apprentissage par renforcement est un des mécanismes fondamentaux par lequel nous apprenons à optimiser nos actions. Par ce mécanisme, les actions qui sont récompensées au-delà de nos attentes sont renforcées, de sorte qu’elles sont plus volontiers entreprises par la suite.

A l’Institut du Cerveau, l’équipe co-dirigée par Mathias PESSIGLIONE, directeur de recherche INSERM, vient d’identifier, pour la première fois chez l’homme, le rôle d’une région cérébrale particulière, le noyau pédonculopontin (NPP), dans l’apprentissage par renforcement. Ces travaux sont publiés dans la revue scientifique Current Biology.

Les modèles expérimentaux ont permis d’établir que l’apprentissage par renforcement est sous le contrôle des neurones dopaminergiques. Cependant, le mécanisme d’activation de ces neurones, c’est-à-dire la façon dont ils reçoivent l’information sur la récompense obtenue après une action, n’était pas encore identifiée.

Les travaux de l’équipe de Mathias PESSIGLIONE avaient pour hypothèse que le noyau pédonculopontin, considéré jusqu’ici comme un centre de la motricité et stimulé chez les patients atteints de troubles de l’équilibre et de la marche, avait également pour fonction de signaler les récompenses aux neurones dopaminergiques.

L’étude publiée a porté sur trois patients atteints de maladie de Parkinson traités par stimulation cérébrale profonde dans le noyau pedonculopontin (NPP).

Le protocole a d’abord consisté à enregistrer les potentiels évoqués, c’est-à-dire les messages électriques générés par les neurones situés dans le NPP, alors que les patients effectuaient une tâche d’apprentissage instrumental. Celle-ci consistait à apprendre quel symbole visuel rapportait le plus d’argent en moyenne, sachant que les associations entre les options et les récompenses comportaient une part de hasard. Cette tâche faisait donc intervenir l’apprentissage par renforcement, puisque la récompense monétaire venait renforcer le choix d’un symbole parmi plusieurs possibles, présentés sur un écran d’ordinateur. L’enregistrement des potentiels évoqués a montré que le PPN réagissait aux récompenses obtenues par les patients dans la tâche.

Le protocole a ensuite testé l’effet de la stimulation du NPP sur les performances dans la tâche d’apprentissage. Les résultats montrent que sous l’effet de la stimulation les patients apprenaient mieux, comme si le signal de récompense était restauré et de ce fait les bons choix mieux renforcés. Dans un modèle mathématique de l’apprentissage par renforcement, l’effet de la stimulation correspondait à une augmentation de la sensibilité à la récompense, semblable à celle qu’on observe sous l’effet de médicaments dopaminergiques chez ces patients.

L’équipe de recherche a pu ainsi montrer pour la première fois chez l’homme un rôle du NPP dans l’apprentissage instrumental. D’autres études dans des modèles expérimentaux devront être menées afin de déterminer plus finement le rôle des différents neurones constituant le NPP dans la sensibilité aux renforcements.

Néanmoins, les résultats de ces travaux pourraient conduire à réorienter la stimulation du PPN vers le traitement de l’apathie, observée en particulier lors de l’arrêt des médicaments dopaminergiques chez les patients Parkinsoniens.

Source :https://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(20)31754-1

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A l’Institut du Cerveau, il n’y a pas que les chercheurs qui font avancer la recherche https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/legs-institut-du-cerveau/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/legs-institut-du-cerveau/#respond Mon, 21 Dec 2020 13:41:08 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20514 Notre nouvelle campagne de sensibilisation sur le legs, à retrouver dans les médias.

Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques, épilepsie, AVC, tumeurs cérébrales, En savoir plus ]]> Notre nouvelle campagne de sensibilisation sur le legs, à retrouver dans les médias.

Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques, épilepsie, AVC, tumeurs cérébrales, SLA, dépression… Aujourd’hui les maladies du cerveau affectent 1 personne sur 8 d’entre nous, cela représente près d’un milliard de malades dans le monde !

Ces maladies touchent des personnes de tous âges avec un retentissement majeur sur les proches. Il s’agit de maladies souvent invalidantes pour lesquelles il n’existe le plus souvent pas encore de traitement efficaces.

C’est pourquoi, à l’Institut du Cerveau, 700 chercheurs, médecins, ingénieurs et experts en neurosciences se mobilisent autour d’un objectif commun : comprendre le cerveau et guérir les personnes atteintes de maladies neurologiques et psychiatriques.

Ces chercheurs sont indispensables pour faire avancer la recherche et accélérer les découvertes mais, à leurs côtés, les donateurs et les testateurs jouent aussi un rôle essentiel dans ce combat.

C’est autour de ce constat que s’articule la nouvelle campagne Legs de l’Institut du cerveau où les personnes qui lèguent sont représentées à l’instar des chercheurs comme un maillon essentiel de la recherche sur le cerveau.

A travers le message de cette campagne « A l’Institut du Cerveau, il n’y a pas que les chercheurs qui font avancer la recherche », l’Institut a souhaité mettre à l’honneur les personnes qui décident de léguer à l’Institut du Cerveau ou de désigner l’Institut bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie.

Grâce à ces personnes, et à leur soutien financier, l’Institut du Cerveau peut aller plus loin dans ses recherches et accélérer ses découvertes, en réalisant des programmes de recherche innovants, en se dotant d’équipements de très haute technologie ou en recrutant des équipes de chercheurs sur des critères d’excellence.

Transmettre tout ou une partie de son patrimoine à l’Institut du Cerveau, c’est devenir un acteur majeur de la recherche aux côtés de ses 700 chercheurs, et faire partie de cette communauté d’hommes et de femmes qui auront contribué à guérir les maladies du cerveau pour les générations futures.

La campagne qui sera diffusée en TV, radio et presse met en scène différents testateurs (personnes qui lèguent) dans leur diversité de profils et de passion. Chacun à leur manière contribue à faire avancer la recherche aux côtés des chercheurs.

Ainsi dans le spot télé, la jockey donne le pas aux médecins, les randonneurs éclairent les chercheurs, le rugbyman soutient l’adolescent qui s’apprête à passer un examen médical … jusqu’à la scène finale sur le parvis de l’Institut, où l’on distingue bien d’autres personnages qui grâce à leur legs, concourent tous à cette grande aventure scientifique et humaine, aux côtés des chercheurs.

Aux côtés des dons, les legs représentent une ressource essentielle pour l’Institut du Cerveau, lui permettant de pérenniser ses recherches.

Comment léguer à l’Institut du Cerveau ?

En tant que fondation reconnue d’utilité publique, l’Institut du Cerveau bénéficie d’une exonération totale des droits de succession sur les legs qui lui sont transmis.  Le legs est donc un moyen très efficace de soutenir les travaux de nos chercheurs.

Le legs peut porter sur l’ensemble de vos biens (legs universel) ou se limiter à une somme d’argent, à un bien immobilier, etc. (legs particulier).

Léguer passe par un testament qui peut être écrit de votre main ou rédigé par un notaire.

Vous avez une question ?

Contactez Carole CLEMENT, Responsable des legs, donations et assurances-vie et des relations avec les testateurs au  01 57 27 41 41 ou carole.clement@icm-institute.org

 

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Déduction fiscale : faites un don avant le 31 décembre https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/deduction-fiscale-faites-un-don-31-decembre-2020/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/deduction-fiscale-faites-un-don-31-decembre-2020/#respond Mon, 21 Dec 2020 13:18:13 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20522 Maladie d’Alzheimer, de Huntington, sclérose en plaques et tant d’autres…Plus que jamais en cette période de fêtes nous avons besoin de vous pour lutter contre En savoir plus ]]> Maladie d’Alzheimer, de Huntington, sclérose en plaques et tant d’autres…Plus que jamais en cette période de fêtes nous avons besoin de vous pour lutter contre ces maladies du cerveau qui touchent des millions de personnes à travers le monde !

Le plus beau des cadeaux ? Offrir votre aide aux chercheurs pour qu’ils puissent trouver des solutions innovantes et mettre au point des traitements révolutionnaires. Donner des moyens supplémentaires aux chercheurs, c’est permettre aux millions de personnes atteintes de maladies neurologiques d’espérer guérir un jour.

Faire un don

Pour que cet espoir ne soit pas qu’un rêve, vous pouvez agir en faisant un don avant le 31 décembre 2020 tout en bénéficiant d’avantages fiscaux :

  • 66% de votre don sont déductibles de l’Impôt sur le Revenu. Dans la limite de 20% de votre revenu net imposable.
  • 75% de votre don sont déductibles de l’IFI si vous y êtes assujetti. Dans la limite de 50 000 euros déduits.
  • 60% de votre don sont déductibles de l’Impôt sur les Sociétés dans la limite de 20 000€ ou de 0,5% du CA si votre entreprise réalise moins de 2M€ de dons par an. Au-delà, la déduction est de 40%.

Un grand merci pour votre soutien !

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Pfizer Healthcare Hub France : retrouvez le replay du Demoday de la seconde édition https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/pfizer-healthcare-hub-france-replay-demoday/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/pfizer-healthcare-hub-france-replay-demoday/#respond Thu, 17 Dec 2020 13:01:34 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20492 Née d’un consortium entre le Fonds de dotation Pfizer Innovation France, l’Institut du Cerveau et son incubateur iPEPS – The Healthtech Hub, la seconde édition du En savoir plus ]]> Née d’un consortium entre le Fonds de dotation Pfizer Innovation France, l’Institut du Cerveau et son incubateur iPEPS – The Healthtech Hub, la seconde édition du programme Pfizer Healthcare Hub France s’est clos le 14 décembre avec un évènement 100 % virtuel.

Animé par Franck Le Meur, Président de TechtoMed, l’évènement a rassemblé tous les acteurs du programme pour établir un bilan de cette seconde édition.

Les 5 startups sélectionnées, Feeleat, Hajime AI, Lumio Medical, Omini Labs et Sibius, ont pu revenir sur leurs 9 mois d’accompagnement autour des thématiques suivantes : le règlementaire, l’accès au marché, la valorisation, la stratégie de financement et la relation entre un grand groupe et une startup.

L’évènement a aussi pu mettre en lumière le cadre agile et innovant mis en place par l’Institut du Cerveau et son incubateur santé iPEPS. En outre, via leurs soutiens, les startups ont pu découvrir le modèle pluridisciplinaire en allant à la rencontre d’autres acteurs clés et de rassembler toutes les ressources stratégiques pour allier à la fois la recherche fondamentale, la recherche clinique et la gestion de projets innovants.

Depuis sa création en 2012, iPEPS – The Healthtech Hub a accompagné plus de 60 entreprises, qui ont levé plus de 400 millions d’euros en levées de fond, créée plus de 900 emplois et développé une dizaine de solutions médicalement validées.

Pour en savoir plus : https://www.pfizerhealthcarehub-demoday.fr/

Retrouvez le replay du Demoday de la seconde édtion du Pfizer Healthcare Hub France :

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Nouvelles connaissances sur une protéine majeure impliquée dans la maladie d’Alzheimer https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/proteine-alzheimer/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/proteine-alzheimer/#respond Wed, 16 Dec 2020 17:00:51 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20490 Une étude menée par Irini Kessissoglou dans l'équipe "Développement du cerveau" dirigée par Bassem Hassan (Inserm) à l'Institut du Cerveau (Inserm/CNRS/Sorbonne En savoir plus ]]> Une étude menée par Irini Kessissoglou dans l’équipe « Développement du cerveau » dirigée par Bassem Hassan (Inserm) à l’Institut du Cerveau (Inserm/CNRS/Sorbonne Université) à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP, révèle de nouvelles fonctions pour l’homologue de la protéine précurseur amyloïde (APP) chez la drosophile. Les résultats sont publiés dans PLOS Biology.

La protéine précurseur amyloïde (APP) est une protéine essentielle, mieux connue pour son implication dans la voie à l’origine du bêta-amyloïde, composant de la principale lésion de la maladie d’Alzheimer, les plaques amyloïdes. Les mutations du gène APP sont liées à des cas familiaux de maladie d’Alzheimer à début précoce. Cependant, le rôle physiologique de l’APP dans le fonctionnement du cerveau adulte, et l’existence d’un lien entre ce rôle normal et les anomalies observées dans cette pathologie restent incertains. Pour résoudre ce problème, Kessissoglou et al. ont étudié la fonction de cette protéine chez la mouche du vinaigre, drosophila melanogaster, un organisme modèle souvent utilisé dans la recherche biomédicale et qui possède un homologue de l’APP, appelé APPL (Amyloid precursor protein like).

Les neurones, comme toutes les cellules, possèdent un système appelé voie de recyclage et de dégradation endolysosomale pour séparer, recycler et, si nécessaire, mettre à la casse ses protéines. Ce système garantit l’équilibre entre les protéines et les organites des neurones. De plus, celui-ci est défectueux dans les neurones humains présentant des mutations de patients atteints de la maladie d’Alzheimer, ce qui suggère que l’APP peut être importante pour ce processus dans des conditions normales.

En utilisant le modèle de la drosophile avec une perte de fonction de l’APPL, les auteurs ont exploré les mécanismes moléculaires et cellulaires sous-jacents à l’homéostasie du cerveau, qui peut être définie comme les processus physiologiques nécessaires pour maintenir la santé du cerveau et rétablir l’équilibre en cas de blessure ou de maladie.

Ils ont identifié une voie cruciale pour l’homéostasie impliquant APPL. En effet, la perte de fonction de l’APPL entraîne une perturbation de la fonction endolysosomale des neurones, suivie de la mort cellulaire. Les cellules neuronales mortes, qui sont considérablement augmentées avec la perte de APPL, s’accumulent dans le cerveau à un âge précoce. De plus, les mouches dépourvues de APPL ont non seulement une durée de vie plus courte et une neurodégénérescence à l’âge de 30 jours (un âge moyen/avancé à l’échelle d’une drosophile), mais leur cerveau montre également des signes d’homéostasie dysfonctionnelle dès l’âge de 7 jours.

Un point clé de l’étude est la preuve que le domaine extracellulaire de l’APPL sécrété par les neurones interagit avec les cellules gliales pour réguler leur voie endolysosomale et permettre l’élimination des débris neuronaux. Les cellules gliales sont des éléments clés de l’homéostasie du cerveau car elles sont impliquées dans la réponse immunitaire, fournissent des nutriments aux neurones et éliminent les déchets cellulaires. Globalement, cela suggère que l’APPL fait partie d’un système de signalisation neuro-gliale chargé de surveiller la santé du cerveau.

Les résultats de cette étude apportent de nouvelles perspectives sur le rôle de APP dans un contexte physiologique et soulignent son importance pour l’homéostasie du cerveau adulte. Les conclusions concernant les conséquences de la perte de l’APP suggèrent un lien étroit entre ses fonctions physiologiques et les défauts observés dans les cas familiaux de maladie d’Alzheimer. Les premiers effets observés chez les mouches dépourvues d’APPL soutiennent l’idée de modifications à long terme dans le cerveau se produisant avant l’apparition des symptômes cliniques, suggérant de nouvelles recherches sur les endosomes précoces et les interactions neuro-gliales dans cette maladie.

Source
The Drosophila amyloid precursor protein homologue mediates neuronal survival and neuroglial interactions.

Kessissoglou IA, Langui D, Hasan A, Maral M, Dutta SB, Hiesinger PR, Hassan BA.PLoS Biol. 2020 Dec 8

 

 

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Sclérose en plaques : Pas d’anomalies intrinsèques des cellules réparatrices de la myéline. https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/sclerose-plaques-myeline/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/sclerose-plaques-myeline/#respond Fri, 11 Dec 2020 16:01:50 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20454 A l’Institut du cerveau, Anne BARON-VAN EVERCOOREN, directrice de recherche émérite (INSERM) dans l’équipe co-dirigée par Brahim NAIT-OUMESMAR et Violetta ZUJOVIC, En savoir plus ]]> A l’Institut du cerveau, Anne BARON-VAN EVERCOOREN, directrice de recherche émérite (INSERM) dans l’équipe co-dirigée par Brahim NAIT-OUMESMAR et Violetta ZUJOVIC, concentre ses recherches sur les oligodendrocytes, cellules du système nerveux central essentielles à la formation de la myéline et à la réparation des lésions de sclérose en plaques.

Dans le cadre d’un consortium international*, Anne BARON-VAN EVERCOOREN et ses collaborateurs viennent de publier 2 articles scientifiques concluant que les oligodendrocytes des patients atteints de SEP ne présentent aucun défauts intrinsèques,, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques pour les formes rémittentes de sclérose en plaques.

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire autoimmune du système nerveux central qui se caractérise par des lésions, « les plaques » dans lesquelles la gaine protectrice et nourricière des neurones « la myéline » devient la cible des cellules immunitaires entrainant sa destruction.

La perte de la myéline, composant d’autre part indispensable à la transmission de l’influx nerveux, conduit à une dégénérescence des neurones, bloquant la communication entre le cerveau et les organes périphériques et conduisant à un handicap irréversible chez les patients.

Les thérapies actuelles visent à diminuer la réaction inflammatoire (immunitaire) mais l’identification de capacités intrinsèques à réparer leurs lésions chez certains patients oriente plus encore les recherches d’aujourd’hui vers des stratégies de remyélinisation.

La question essentielle à laquelle les travaux d’Anne BARON-VAN EVERCOOREN et de ses collaborateurs tentent de répondre repose sur les mécanismes cellulaires au sein même des lésions qui pourraient conduire à un échec de la réparation de la myéline, et en particulier sur la capacité des oligodendrocytes d’assurer leur rôle réparateur.

Depuis plusieurs années,  la technologie des cellules souches pluripotentes humaines (iPSC) se développe et progresse permettant  aujourd’hui de générer différents types cellulaires, y compris des oligodendrocytes, à partir de cellules de peau (biopsie) de patients.

Grâce à cette technologie les équipes d’Anne BARON-VAN EVERCOOREN (Institut du Cerveau) et de Tanja Kuhlmann (Münster) ont comparé des oligodendrocytes dérivés de cellules de peau de patients SEP, dont deux paires de jumeaux monozygotes discordants pour la SEP et d’individus sains contrôles.

L’équipe de Tanja Kuhlmann a mis en évidence que des progéniteurs d’oligodendrocytes dérivés de patients atteints de SEP se différencient in vitro en oligodendrocytes de façon identique que ceux issus des individus contrôles. En revanche, leur différenciation en oligodendrocytes et donc potentiellement leur capacité de remyélinisation sont affectées par un environnement inflammatoire tel que celui observé dans les lésions de SEP.

Anne BARON-VANEVERCOOREN et son équipe montre en parallèle que lorsque ces mêmes cellules sont greffées dans un modèle expérimental présentant un défaut de myéline, les progéniteurs d’oligodendrocytes de patients atteints de SEP interagissent fonctionnellement avec les cellules gliales (astrocytes et oligodendrocytes) du cerveau, et myélinisent les axones en rétablissant la conduction nerveuse avec la même efficacité que ceux issus des individus contrôles.

Ces découvertes combinées indiquent que le défaut de remyélinisation existant chez certains patients atteints de sclérose en plaques de forme remittente, n’est pas lié à un défaut intrinsèque des oligodendrocytes, cellules myélinisantes du cerveau, mais à l’environnement toxique et inflammatoire des lésions.

* Anne Baron-Van Evercooren et le Prof. Kuhlmann (Milan) sont co-investigateurs d’un “réseau de recherche collaboratif » coordonné par G. Martino (Milan) et financé par  le prix “International Progressive MS Alliance” en 2016.

Sources :

Starost L, Lindner M, Herold M, Kang T, Drexler HCA, Heß K, Ehrlich M, Ottoboni L, StehlingM, Röpke A, Thomas C, Schöler HR,Antel J, Winkle J, Martino G*, Klotz L*, Kuhlmann T*. Extrinsic immune cell-derived, but not intrinsic oligodendroglial factors contribute to oligodendroglial differentiation block in multiple sclerosis. *shared last authorship. Acta Neuropathol. 2020 Nov;140(5):715-736.  https://doi.org/10.1007/s00401-020-02217-8

Mozafari S, Starost L, Manot B, Garcia-Diaz, Xu YK, Roussel D, Levy M JF, Antel JPMartino G, Angulo MC,  Kuhlmann TBaron-Van Evercooren A.  Multiple sclerosis iPS-derived oligodendrocytes conserve their intrinsic properties to functionally connect to (interact with) axons and glial cells in vivo. Science Advances https://doi.org/ 10.1126/sciadv.abc6983

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L’Oréal-UNESCO récompense Maha DAHAWI, doctorante à l’Institut du cerveau pour ses travaux de recherche https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/loreal-unesco-recompense-maha-dahawi-doctorante-a-linstitut-cerveau-travaux-de-recherche/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/loreal-unesco-recompense-maha-dahawi-doctorante-a-linstitut-cerveau-travaux-de-recherche/#respond Fri, 11 Dec 2020 09:18:46 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20440 Le prix 2020 « Jeunes Talents pour les femmes et la science en Afrique subsaharienne » de la fondation L’Oréal-UNESCO récompense Maha DAHAWI, doctorante à En savoir plus ]]> Le prix 2020 « Jeunes Talents pour les femmes et la science en Afrique subsaharienne » de la fondation L’Oréal-UNESCO récompense Maha DAHAWI, doctorante à l’Institut du cerveau pour ses travaux de recherche menés en collaboration entre la France et le Soudan sous la supervision du Pr E. Leguern (Institut du Cerveau-Sorbonne Université) et du Pr Ammar Eltahir (faculté de médecine de l’Université de Khartoum).

Maha DAHAWI est l’une des 20 lauréates sur 330 candidatures issues de 16 pays. Grâce à ce prix, elle pourra poursuivre et consolider ses travaux sur l’identification de gènes responsables d’épilepsies généralisées dans des familles consanguines originaires du Soudan au sein de l’équipe codirigée par Stéphanie BAULAC et Eric LEGUERN en collaboration avec Nicolas Bizat pour les études fonctionnelles sur C.Elegans.

Avant son arrivée en France, elle a fondé le mouvement “ Pay It Forward ” à l’université de Khartoum pour aider les étudiantes en médecine à surmonter les obstacles qu’elles pourraient rencontrer au cours de leur carrière.

Maha est aussi membre du comité XX-Initiative pour l’équité des genres de l’Institut du Cerveau. Elle a participé à plusieurs séminaires et formations organisées par ce comité qui a pour missions de promouvoir les carrières des femmes scientifiques en collaboration avec le comité de pilotage et la direction des ressources humaines de l’Institut.

 

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Claire Wyart reçoit une subvention du Conseil Européen de la Recherche (ERC) https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/claire-wyart-recoit-subvention-conseil-europeen-de-recherche-erc/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/claire-wyart-recoit-subvention-conseil-europeen-de-recherche-erc/#respond Wed, 09 Dec 2020 12:06:45 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20439 Claire Wyart, chef d'équipe (Inserm) à l’Institut du Cerveau, obtient une bourse ERC Consolidator Grant, un financement européen compétitif, pour l'excellence En savoir plus ]]> Claire Wyart, chef d’équipe (Inserm) à l’Institut du Cerveau, obtient une bourse ERC Consolidator Grant, un financement européen compétitif, pour l’excellence scientifique de son projet de recherche.

Son projet « Exploratome » vise à décrypter la structure spatio-temporelle des schémas moteurs en étudiant comment les informations sensorielles peuvent induire un changement dans les états locomoteurs.

Chaque année, le Conseil européen de la recherche (ERC) encourage les meilleurs projets scientifiques par le biais d’appels à projets compétitifs ouverts à tous les chercheurs de la communauté européenne. Les ERC Consolidator Grants sont accordées à des chercheurs ayant au moins sept et jusqu’à douze ans d’expérience après leur doctorat et un excellent parcours scientifique.

Claire Wyart est directrice de recherche à l’Inserm. Elle a démarré son équipe « Dissection optogénétique des circuits sous-tendant la locomotion » à l’Institut du Cerveau en 2011. Elle a reçu un ERC Starting Grant en 2012 pour son projet « Optoloco » visant à décrypter le rôle de la rétroaction sensorielle pendant la locomotion. Son équipe a découvert une voie sensorielle intéroceptive en contact avec le liquide céphalo-rachidien qui interagit avec la fibre de Reissner au centre de la moelle épinière pour détecter la courbure de la colonne vertébrale et qui, à son tour, module la locomotion et la posture. L’équipe de Claire Wyart a découvert que ce système sensoriel donne également des instructions sur la morphogenèse et « goûte » le contenu du liquide céphalorachidien afin de détecter et de combattre les agents pathogènes lors d’infections du système nerveux central.

 

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Interview – Rencontre avec Guillaume de Tonquédec https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/interview-guillaume-de-tonquedec/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/interview-guillaume-de-tonquedec/#respond Tue, 08 Dec 2020 23:01:24 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20458

Alors que 2020 touche à sa fin, année bien difficile pour nombre d’entre nous, nous espérons que vous passez cette période des fêtes aux côtés de ceux qui vous En savoir plus ]]>

Alors que 2020 touche à sa fin, année bien difficile pour nombre d’entre nous, nous espérons que vous passez cette période des fêtes aux côtés de ceux qui vous sont chers. Dans le cadre de notre campagne annuelle des Découvreurs d’Espoir, le parrain de notre opération, Guillaume de Tonquédec, tient à partager avec vous les causes de son engagement à l’Institut du Cerveau et pourquoi il est important de soutenir la recherche en ces temps difficiles.

De nombreuses personnes se sont déjà mobilisées. Nous vous remercions de rejoindre à votre tour les Découvreurs d’Espoir 2020 en offrant à nos 700 chercheurs le plus beau des cadeaux.

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Validation clinique d’un algorithme d’apprentissage automatique pour le diagnostic des syndromes parkinsoniens https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/validation-clinique-dun-algorithme-dapprentissage-automatique-diagnostic-syndromes-parkinsoniens/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/validation-clinique-dun-algorithme-dapprentissage-automatique-diagnostic-syndromes-parkinsoniens/#respond Tue, 08 Dec 2020 14:55:44 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20434 Des chercheurs et cliniciens de l’Institut du Cerveau à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP ont validé l’utilisation en clinique d’un algorithme En savoir plus ]]> Des chercheurs et cliniciens de l’Institut du Cerveau à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP ont validé l’utilisation en clinique d’un algorithme d’apprentissage automatique (machine learning) utilisant des données d’imagerie par résonance magnétique (IRM) permettant de distinguer des sujets atteints de différents syndromes parkinsoniens, comme la maladie de Parkinson, la paralysie supranucléaire progressive ou encore l’atrophie multi-systématisée. Les résultats sont publiés dans la revue Movement Disorders.

Les syndromes parkinsoniens d’origine dégénérative comprennent la maladie de Parkinson sporadique (MP), représentant plus de 80% des cas, et des maladies dites atypiques, qui incluent la paralysie supranucléaire progressive (PSP) et l’atrophie multi-systématisée (AMS). Distinguer ces maladies est souvent difficile en raison d’un recouvrement des signes cliniques, notamment à la phase initiale de la maladie. Or un diagnostic correct est crucial en vue d’une prise en charge adéquate des patients et avant inclusion dans des essais thérapeutiques.

A l’heure actuelle, le diagnostic repose sur des critères cliniques. Si la précision diagnostique de la maladie de Parkinson a beaucoup progressé ces dernières années, celle des pathologies apparentées reste limitée. Ces maladies sont caractérisées, sur le plan neuropathologique, par des patterns d’atteinte spécifiques qu’il est possible de détecter en IRM multimodale. Des études menées en milieu de recherche ont montré que des algorithmes d’apprentissage automatique utilisant des biomarqueurs IRM permettaient une bonne catégorisation des sujets atteints de syndrome parkinsonien atypique. Afin d’être applicables en routine médicale, ces outils doivent faire l’objet d’une validation clinique.

Une étude conduite par Lydia Chougar, neuroradiologue à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière et dans l’équipe de Stéphane Lehéricy et Marie Vidailhet à l’Institut du Cerveau, a évalué les performances de tels algorithmes chez des patients atteints de différents syndromes parkinsoniens (MPI, PSP et AMS) recrutés en milieu clinique. Ces algorithmes ont d’abord été « entrainés » sur un groupe de sujets inclus dans des études de recherche, constituée de patients parkinsoniens sporadiques et atypiques à un stade avancé de la maladie et de sujets sains appariés, puis testés sur un groupe de patients similaire recrutés en conditions cliniques au sein du département de neurologie et ayant bénéficié d’une IRM clinique dans le service de neuroradiologie de l’Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP. Trois cent vingt-deux sujets ont été inclus dans l’étude, 119 atteints de MP, 51 de PSP, et 58 d’AMS, de forme parkinsonienne (35) ou cérébelleuse (23) et des sujets sains.

Les chercheurs ont montré la capacité des algorithmes d’apprentissage automatique à catégoriser les différents syndromes parkinsoniens sur la base de biomarqueurs IRM, obtenus dans le cadre de leur prise en charge clinique habituelle, à des stades précoces ou intermédiaires de ces pathologies. Les mesures de volume de certaines régions cérébrales permettaient la meilleure discrimination entre les différents syndromes. Dans le futur, l’ajout de nouveaux biomarqueurs, comme la mesure des dépôts de fer dans les tissus, pourrait permettre un gain en précision diagnostique. L’intégration de ce type d’algorithme dans la prise en charge clinique des patients parkinsoniens pourrait, à l’avenir, permettre d’améliorer le diagnostic des syndromes parkinsoniens à une phase précoce.

Source

Automated Categorization of Parkinsonian Syndromes Using Magnetic Resonance Imaging in a Clinical Setting. Chougar L, Faouzi J, Pyatigorskaya N, Yahia-Cherif L, Gaurav R, Biondetti E, Villotte M, Valabrègue R, Corvol JC, Brice A, Mariani LL, Cormier F, Vidailhet M, Dupont G, Piot I, Grabli D, Payan C, Colliot O, Degos B, Lehéricy S. Mov Disord. 2020 Nov 2.

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Une nouvelle canalopathie cérébrale associant déficience intellectuelle et mouvements anormaux https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/canalopathie-cerebrale-deficience-intellectuelle-mouvements-anormaux/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/canalopathie-cerebrale-deficience-intellectuelle-mouvements-anormaux/#respond Fri, 04 Dec 2020 10:06:41 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20406 Les dysfonctionnements des canaux ioniques - ou canalopathies - dans le cerveau sont aujourd’hui associés à plus de 30 maladies neurologiques comme l’épilepsie ou En savoir plus ]]> Les dysfonctionnements des canaux ioniques – ou canalopathies – dans le cerveau sont aujourd’hui associés à plus de 30 maladies neurologiques comme l’épilepsie ou encore les ataxies cérébelleuses. Structures situées sur la membrane des cellules permettant le passage d’ions (par exemple les ions sodium et potassium) entre l’intérieur d’une cellule et son environnement extérieur (milieu extracellulaire), ces canaux permettent notamment de générer et contrôler les potentiels d’action dans les neurones. Une étude menée à l’Institut du Cerveau (Sorbonne Université/Inserm/AP-HP/CNRS) a permis d’identifier une nouvelle canalopathie cérébrale ayant pour origine des mutations dominantes du gène KCNN2, codant pour le canal ionique SK2. Les résultats ont été publiés dans Brain le 27 novembre 2020.

Le potentiel d’action est un message de nature électrique qui transmet l’information d’un neurone à l’autre ou à une cellule effectrice comme par exemple les cellules musculaires via la synapse.

Lors du passage du potentiel d’action, on observe une inversion des charges électriques entre l’extérieur et l’intérieur de la cellule appelée dépolarisation. Après le passage de l’influx nerveux le neurone revient à un état de repos appelé la repolarisation. Les canaux ioniques permettent notamment les échanges des ions sodium et potassium qui entraînent ces changements de polarisation de la cellule.

Les canaux ioniques SK2, codés par le gène KCNN2, sont exprimés uniquement dans les neurones et permettant le passage des ions potassium selon le taux d’ions calcium à l’intérieur du neurone.  Ils jouent un rôle important dans la régulation du potentiel d’action en contrôlant la durée de la phase de retour à un potentiel de repos des neurones. Le blocage pharmacologique des canaux SK2 dans des modèles expérimentaux entraine des troubles de l’apprentissage et de la mémoire.

Le Dr Fanny Mochel, généticienne au sein du département de génétique de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP et chercheuse à l’Institut du Cerveau (Sorbonne Université/Inserm/AP-HP/CNRS) et le Pr Christel Depienne, généticienne à l’institut de génétique humaine de l’Hôpital Universitaire d’Essen (Allemagne) et également chercheuse à l’Institut du Cerveau ont identifié un nouveau syndrome associé à des mutations du canal SK2. L’étude publiée dans la revue scientifique Brain porte sur 10 patients, 6 hommes et 4 femmes âgés de 2 à 60 ans présentant des retards intellectuels plus ou moins sévères associés, pour certains, à des troubles du spectre autistique ou des épisodes psychotiques. Ces troubles cognitifs sont dans tous les cas associés à des tremblements, ou des symptômes d’ataxie cérébelleuse ou encore des mouvements anormaux.

Grâce à une collaboration avec Agnes Rastetter de la plateforme de génotypage/séquençage (iGenSeq) de l’Institut du Cerveau (Sorbonne Université/Inserm/AP-HP/CNRS), le génome d’un premier patient recruté à la Pitié-Salpêtrière a été analysé à la recherche de mutations génétiques à l’origine de ce syndrome.  Cette analyse a mis en évidence une mutation du gène KCNN2 interrompant sa séquence codante, absente des parents du patient (mutation de novo). L’imagerie cérébrale par IRM (imagerie par résonance magnétique) chez ce patient a mis en évidence des anomalies de structure et d’intégrité de la substance blanche du cerveau, c’est-à-dire la gaine cérébrale protectrice des axones des neurones.

Par ailleurs, une collaboration internationale a permis aux chercheurs d’identifier 9 autres patients avec mutations du gène KCNN2. La majorité de ces mutations étaient survenues de novo tandis qu’une mutation étaient transmises dans une forme familiale du même syndrome.

Enfin, en travaillant conjointement avec Carine Dalle de la plateforme d’exploration cellulaire d’électrophysiologie (CELIS ePHYS) de l’Institut du Cerveau, les équipes des Dr Mochel et Depienne, ont montré un rôle délétère de ces mutations sur la fonction du canal SK2, c’est-à-dire une perte de fonction entrainant un dysfonctionnement du canal ionique SK2 et donc une perte de régulation du potentiel d’action, support du message nerveux entre neurones et entre les neurones et les muscles.

Les résultats de cette nouvelle étude ont permis d’identifier une nouvelle canalopathie cérébrale ayant pour origine des mutations dominantes du gène KCNN2, codant pour le canal ionique SK2. Ce nouveau syndrome se caractérise par la présence d’une part, de symptômes cognitifs, et en particulier une déficience intellectuelle, et d’autre part, de symptômes moteurs tels que des mouvements anormaux.

Cette nouvelle pathologie, dont on connaît maintenant la cause, est très hétérogène d’un point de vue des symptômes et nécessite une prise en charge multidisciplinaire à la frontière entre la génétique, pour la recherche des mutations du gène KCNN2, la neuropédiatrie et neurologie pour la prise en charge des manifestations cognitives et motrices des patients.

Référence:

Variants in the SK2 channel gene (KCNN2) lead to dominant neurodevelopmental movement disorders, Fanny Mochel, Agnes Rastetter, Berten Ceulemans, Konrad Platzer, Sandra Yang, Deepali N. Shinde, Katherine L.  Helbig, Diego Lopergolo, Francesca Mari, Alessandra Renieri, Elisa Benetti, Roberto Canitano, Quinten Waisfisz, Astrid S. Plomp, Sylvia A. Huisman, Golder N. Wilson, Sara S. Cathey, Raymond J. Louie, Daniela Del Gaudio, Darrel Waggoner, Shawn Kacker, Kimberly M. Nugent, Elizabeth R. Roeder, Ange-Line Bruel, Julien Thevenon, Nadja Ehmke, Denise Horn, Manuel Holtgrewe, Frank J. Kaiser, Susanne B. Kamphausen, Rami Abou Jamra, Sarah Weckhuysen, Carine Dalle and Christel Depienne.

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L’Institut du Cerveau salue l’engagement exceptionnel du Pr. Jean-Yves Delattre https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/jean-yves-delattre-directeur-medical-institut-du-cerveau/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/jean-yves-delattre-directeur-medical-institut-du-cerveau/#respond Fri, 04 Dec 2020 09:00:24 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20382 Le Pr. Jean-Yves Delattre, Directeur du Département Médico-Universitaire Neurosciences et Directeur médical de l'Institut du Cerveau prend sa retraite.

La Direction et En savoir plus ]]> Le Pr. Jean-Yves Delattre, Directeur du Département Médico-Universitaire Neurosciences et Directeur médical de l’Institut du Cerveau prend sa retraite.

La Direction et l’ensemble des équipes de l’Institut du Cerveau remercient le Professeur Jean-Yves Delattre pour son engagement exceptionnel et saluent sa remarquable carrière au service des patients.

Le Pr. Jean-Yves Delattre revient sur son expérience, les projets menés et sa vision de la recherche et de la médecine.

Que tirez-vous comme expérience en qualité de Directeur Médical de l’Institut du Cerveau ?

Le poste de Directeur médical a été créé officiellement peu après l’unification de l’IHU et de l’Institut du Cerveau. Jusqu’en 2016, l’IHU avait un directeur médical, qui était le chef du pôle des maladies du système nerveux de l’hôpital Pitié-Salpêtrière. Lorsque les deux entités ont fusionné, il paraissait logique que le directeur général de l’ICM et de l’IHU s’appuie à la fois sur un directeur médical et un directeur scientifique. Depuis, le fonctionnement de l’Institut du Cerveau, avec les comités de direction et de pilotage, est devenu très opérationnel. Au cours des dernières années, j’ai surtout été frappé de voir à quel point le sentiment d’appartenance à l’Institut, que l’on soit personnel scientifique, administratif ou soignants, s’est développé.

Quel est le rôle de la direction médical à l’Institut du Cerveau ?

L’apport de la direction médicale est un travail collectif. Tout est parti d’un constat : un atout considérable de l’Institut du Cerveau est son implantation dans un très grand centre hospitalier avec une forte orientation neurologique. Ce constat a en bonne partie guidé ma démarche, c’est-à-dire développer le lien entre l’Institut et le groupe hospitalier. Chaque institution a sa propre dynamique, il peut exister des divergences de vues, des difficultés de communication… une partie significative de mon travail a été de faciliter les échanges, de renforcer les liens de confiance entre la direction du groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière et l’Institut du Cerveau mais aussi entre l’Institut et plus généralement le siège de l’APHP.

Le cœur de ma démarche a donc été d’unir le pôle des maladies du système nerveux, devenu aujourd’hui un département médico-universitaire (DMU) de neuroscience, et l’Institut du Cerveau, afin de développer la recherche clinique, pour le personnel médical mais aussi paramédical. L’idée clé était que l’Institut du Cerveau soit le bras armé de la recherche clinique du DMU. Pour traduire en acte cette pensée, le coordonnateur de la recherche du DMU, le Pr Jean-Christophe Corvol, est aussi le représentant de la recherche clinique au comité de pilotage de l’ICM.

Quelles sont les avancées dont vous êtes le plus fier ?

Répétons-le, cette fierté résulte d’un effort collectif !

Dans l’optique du développement de la recherche clinique que j’évoquais précédemment, la création des iCRIN, les infrastructures de recherche clinique de l’Institut du Cerveau, sont un succès. Le projet iCRIN est basé sur le fait que les équipes de recherche dans les laboratoires sont soumises à une culture de l’évaluation, qu’il fallait transmettre également à nos équipes de soins, impliquées en recherche clinique. Ces iCRIN sont pour moi une réussite, à la fois par l’enthousiasme qu’elles ont suscité dans les équipes, par l’évaluation qui a été faite, et le soutien apporté par l’Institut pour leur permettre de développer leur projet de recherche clinique. Accélérer la recherche clinique par des moyens concrets, c’est aussi passer par le développement des fast-track avec l’APHP pour la mise en place rapide des projets de recherche clinique menés au sein de l’Institut du Cerveau ou par des équipes liées. Enfin, le développement de la recherche paramédicale, par le soutien de doctorants issus du personnel paramédical, qui forment le terreau des futurs cadres de cette recherche, est une vraie fierté.

Le développement des filières de soins a également été une avancée importante. Grâce au soutien de l’Institut du Cerveau et de son IHU il a été possible de démontrer l’efficacité de nouveaux métiers comme celui de coordonnateurs de soins et de filières d’aval. Pour bien prendre en charge un patient, il ne suffit pas de bien s’en occuper à l’hôpital. Il faut le suivre avant, pendant et après son passage dans nos services. Il faut que tout soit pensé de façon cohérente et adapté « sur mesure ». Avec l’aide du Pr David Grabli, la preuve de concept de l’utilité de cette fonction a pu être faite et nous a permis de convaincre nos tutelles de l’intérêt du métier. Nous sommes en train de titulariser ce poste pour l’ensemble du DMU, afin de nous aider à organiser des parcours de soins adaptés aux grandes pathologies neurologiques.

La pédagogie est aussi essentielle comme la Summer School, ou le programme STARE, animé par le Pr Vincent Navarro qui nous permet de proposer à tous nos étudiants hospitaliers de faire un stage au sein des équipes de recherche. Mon espoir est que ces jeunes, qui ont une vingtaine d’années, prennent le « bon virus » de la recherche, et qu’ils développent cet intérêt avec un master et une thèse par la suite. Offrir à tous nos futurs médecins de s’impliquer et de voir ce qu’est la recherche, est vraiment quelque chose d’important. Nous allons également proposer à nos chercheurs qui n’ont pas de formation médicale d’effectuer des stages d’immersion dans nos services cliniques, au contact des patients. L’objectif est que les chercheurs « purs » voient à quel point le clinicien est confronté dans sa pratique à l’unicité de chaque personne (« un patient unique dans un environnement unique ! », à la nécessité de faire du sur-mesure, bref que les différents métiers se connaissent et se respectent.

Quel futur voyez-vous pour le poste de directeur médical ?

Il faut garder l’ancrage clinique de l’Institut du Cerveau. Il faut développer la science sans limite mais l’Institut ne doit jamais oublier que sa mission ultime est de contribuer à l’amélioration de la prise en charge des maladies neurologiques et psychiatriques. Le directeur médical a pour moi un grand rôle à jouer pour contribuer à maintenir cet objectif. Le futur directeur doit agir pour faciliter encore plus cet échange réciproque entre cliniciens et chercheurs, avec en particulier une mission ou nous avons encore des progrès à faire : attirer les jeunes médecins vers la recherche et les jeunes chercheurs vers la médecine. C’est une priorité.

Il faut également continuer à renforcer la recherche clinique. Premièrement, en intégrant à l’Institut du Cerveau les équipes de Saint-Antoine, de Rothschild ou encore de Tenon qui composent le nouveau DMU. Il faut aussi continuer à professionnaliser le soutien à la recherche clinique, s’entourer d’experts du réglementaire, du data-management et des biostatistiques. Sur ce point, je pense que Neurotrials, l’unité de développement clinique précoce a un grand potentiel avec à termes l’idée que les projets peuvent naître, se développer et aboutir à des améliorations thérapeutiques, à partir de l’Institut.

Il reste aussi énormément à faire dans le domaine paramédical et l’Institut doit avoir un rôle pilote pour développer une recherche paramédicale de qualité. Cela implique aussi d’y mettre des moyens, pour créer une véritable école de recherche paramédicale.

Je suis heureux d’avoir travaillé avec les équipes de l’Institut du Cerveau. Je trouve que c’est une magnifique structure, une chance formidable pour le DMU de neurosciences. Les liens sont maintenant confiants, nos différences nous enrichissent et je souhaite bonne chance et beaucoup de succès au Pr Catherine Lubetzki, compagne de route à la Salpêtrière depuis des décennies, qui me succède et qui a toutes les qualités pour aider l’Institut à accomplir sa devise « Chercher, trouver, guérir ! ».

 

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Découverte d’une signature plasmatique des dégénérescences fronto-temporales et de sclérose latérale amyotrophique liées à une mutation du gène C9orf72 https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/sla-dft-mutation-gene-c9orf72/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/sla-dft-mutation-gene-c9orf72/#respond Fri, 04 Dec 2020 07:05:51 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20370 Une étude conjointe d’équipes de l’Institut du Cerveau (Inserm/CNRS/Sorbonne Université) à l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP et d’Inria (Centres de Rennes En savoir plus ]]> Une étude conjointe d’équipes de l’Institut du Cerveau (Inserm/CNRS/Sorbonne Université) à l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP et d’Inria (Centres de Rennes et Paris) met en évidence pour la première fois des signatures microARN plasmatiques chez des individus atteints ou présymptomatiques d’une dégénérescence fronto-temporale ou d’une sclérose latérale amyotrophique. La découverte de ce nouveau biomarqueur potentiel, publiée dans le Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry, représente une avancée importante pour évaluer la progression clinique des patients et l’efficacité de futurs traitements-candidats lors d’essais thérapeutiques.

Les dégénérescences fronto-temporales (DFT) et la sclérose latérale amyotrophique (SLA) sont des maladies neurodégénératives pouvant avoir une cause génétique commune, dont la plus fréquente est une mutation du gène c9orf72. Les DFT entrainent des troubles du comportement, du langage, du contrôle des émotions et affectent les capacités cognitives, de raisonnement et de jugement. La SLA quant à elle, est une maladie des neurones moteurs conduisant à une faiblesse musculaire et paralysie progressive

A l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement pour ces deux pathologies. L’identification de marqueurs spécifiques de la progression de ces pathologies est essentielle pour adapter au mieux la prise en charge des patients et évaluer l’efficacité de traitement à l’essai. Dans ce but, l’étude PREV-DEMALS* coordonnée par le Dr Isabelle Le Ber (APHP), suit 22 patients porteurs de la mutation c9orf72, 45 individus présymptomatiques porteurs de la mutation et 43 sujets contrôles.

 

Une spécificité de ces pathologies associées à la mutation c9orf72 est la présence d’inclusions pathologiques constituées de protéine TDP-43 dans le cerveau des patients. Or, celle-ci joue un rôle important dans la formation des microARN (miARN), de petits fragments de matériel génétique qui régulent l’expression des gènes. La formation de ces inclusions dans le cerveau des patients pourrait-elle avoir un effet sur la synthèse des miARN ?

L’association de ces miARN à de nombreuses pathologies neurodégénératives est de plus en plus suspectée. La possibilité de mesurer leur présence dans le plasma sanguin les rendent d’autant plus intéressants comme potentiels biomarqueurs de l’évolution de ces maladies.

Une étude collaborative** conduite par les équipes d’Isabelle Le Ber (AP-HP) et d’Olivier Colliot (CNRS, équipe commune avec Inria Paris) à l’Institut du Cerveau (Inserm/CNRS/Sorbonne Université) et avec Emmanuelle Becker à Inria Rennes (IRISA, équipe Dyliss), dans le cadre du travail de thèse de Virgilio Kmetzsch, s’est penchée sur les miARN présents dans le plasma des sujets de la cohorte PREV-DEMALS.

Les chercheurs ont identifié 4 miARN différemment exprimés entre les patients et les sujets contrôles. Deux d’entre eux étaient sur-exprimés chez les patients, tandis que deux autres étaient au contraire sous-exprimés. L’un des deux miARN surexprimés, MiR-34a-5p, l’était également chez les sujets présymptomatiques, laissant supposer une dérégulation de ce miARN associée à la mutation du gène c9orf72. Le second, miR-345-5p, était plus exprimé chez les patients par rapport aux sujets présymptomatiques, suggérant une corrélation entre la progression de la maladie et l’augmentation de l’expression de ce miARN. Les deux miARN sous-exprimés étaient en revanche associés à une pathologie déjà pleinement installée. De plus, 4 individus présymptomatiques à proximité du début clinique de la maladie, présentaient des niveaux d’expression de ces miARN très similaires à ceux des patients, montrant aussi l’intérêt de cette signature pour déterminer le moment de la conversion clinique.

Dans leur ensemble, ces résultats mettent en évidence pour la première fois une signature transcriptomique miARN spécifique au stade présymptomatique et symptomatique des DFT/SLA associée à une mutation du gène C9orf72. Celle-ci pourrait constituer un biomarqueur important dans ces maladies, en particulier du passage à la phase clinique. Elle pourrait également servir à l’initiation et au suivi de thérapeutiques administrées de façon précoce, dès la phase présymptomatique.

* La cohorte PREV-DEMALS est financée par l’ANR/DGOS PRTS et sous promotion AP-HP. Le suivi des patients est réalisée au sein de l’Institut de la Mémoire et de la Maladie d’Alzheimer à l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP et du Centre d’Investigation Clinique à l’Institut du Cerveau.

** Cette recherche est conduite dans le cadre du projet IPL Neuromarkers, une collaboration de grande ampleur entre Inria et l’Institut du Cerveau, dont l’objectif est de concevoir de nouvelles approches informatiques et statistiques pour la prédiction et l’étude de l’évolution des maladies neurodégénératives.

Source

Plasma microRNA signature in presymptomatic and symptomatic subjects with C9orf72-associated frontotemporal dementia and amyotrophic lateral sclerosis. Kmetzsch V. et al. Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry. 2020

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Conférence en ligne sur les troubles psychiatriques https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/conference-troubles-psychiatriques/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/conference-troubles-psychiatriques/#respond Fri, 04 Dec 2020 07:00:31 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20379

Nous vous proposons d’assister ce samedi 5 décembre, à notre conférence en ligne dédiée aux troubles psychiatriques - et plus spécifiquement la dépression - avec En savoir plus ]]>

Nous vous proposons d’assister ce samedi 5 décembre, à notre conférence en ligne dédiée aux troubles psychiatriques – et plus spécifiquement la dépression – avec les interventions suivantes :

> Les recherches en cours sur la dépression – Pr Philippe Fossati, chef d’équipe à l’Institut du Cerveau, professeur de psychiatrie, chef du service de psychiatrie adulte de la Pitié-Salpêtrière

> Le bénéfice des thérapies physiques – Pr Bruno Millet, psychiatre à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, chercheur à l’Institut du Cerveau

> Vik Dépression, une aide au quotidien contre la dépression – Benoit Brouard, CEO & Cofondateur de la startup Wefight incubée à l’Institut du Cerveau

 

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Le prix Halphen 2020 décerné à Mathias Pessiglione https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/prix-halphen-2020-mathias-pessiglione/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/prix-halphen-2020-mathias-pessiglione/#respond Wed, 25 Nov 2020 15:35:19 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20368 La fondation Philippe et Maria Halphen et l’Académie des Sciences décernent le prix Halphen à Mathias Pessiglione (Inserm), co-chef de l’équipe « Motivation, En savoir plus ]]> La fondation Philippe et Maria Halphen et l’Académie des Sciences décernent le prix Halphen à Mathias Pessiglione (Inserm), co-chef de l’équipe « Motivation, Cerveau et Comportement » à l’Institut du Cerveau.

Le prix de la fondation Philippe et Maria Halphen 2020 récompense Mathias Pessiglione pour ses travaux sur les mécanismes cérébraux de la motivation, en conditions normales et pathologiques. Ses recherches l’ont amené à développer des tests d’évaluation de la motivation et de ses perturbations pour les patients souffrant de troubles psychiatriques, qui permettraient de personnaliser leur prise en charge.

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