Institut du Cerveau https://institutducerveau-icm.org Wed, 14 Apr 2021 08:17:01 +0000 https://wordpress.org/?v=4.9.13 hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.13 Pierre Nectoux, cofondateur de Wefight, nommé au classement « 30 Under 30 » Forbes France. https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/pierre-nectoux-cofondateur-de-wefight-nomme-classement-30-under-30-forbes-france/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/pierre-nectoux-cofondateur-de-wefight-nomme-classement-30-under-30-forbes-france/#respond Tue, 13 Apr 2021 15:14:27 +0000 amélie mondoloni https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21154 Le magazine Forbes France a dévoilé dans son dernier numéro le classement de sa cinquième édition « 30 Under 30 ». Ce palmarès se consacre à une nouvelle En savoir plus ]]> Le magazine Forbes France a dévoilé dans son dernier numéro le classement de sa cinquième édition « 30 Under 30 ». Ce palmarès se consacre à une nouvelle génération d’entrepreneurs qui bouleverse les codes de leur domaine : sport, finance, art, divertissement, environnement ou encore santé.

L’édition 2021 met à l’honneur Pierre Nectoux, CTO et cofondateur de la startup Wefight incubée au sein de l’iPEPS – The Healthtech Hub.

Crée en 2017 par Benoit Brouard, pharmacien hospitalier, et Pierre Nectoux, et ingénieur, Wefight a pour ambition de développer des assistants virtuels pour les patients atteints de cancer ou de maladies chroniques. En 2019, l’entreprise lance, en collaboration avec les équipes de l’Institut du Cerveau et le service de psychiatrie adulte de l’Hôpital Pitié-Salpêtrière, « Vik Dépression », un compagnon virtuel dont l’objectif est d’accompagner, informer et soutenir les personnes touchées par la dépression.

Pour en savoir plus sur Wefight et sa solution Vik Dépression : ici.

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Une nouvelle thérapie non-invasive pour le traitement du tremblement orthostatique primaire (TOP) : la stimulation électrique trans-médullaire. https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/nouvelle-therapie-non-invasive-traitement-tremblement-orthostatique-primaire/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/nouvelle-therapie-non-invasive-traitement-tremblement-orthostatique-primaire/#respond Tue, 13 Apr 2021 09:22:18 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21148 Le tremblement orthostatique primaire (TOP) est une maladie neurologique rare et méconnue : Elle se manifeste par un tremblement très rapide (non visible à l’œil nu) En savoir plus ]]> Le tremblement orthostatique primaire (TOP) est une maladie neurologique rare et méconnue : Elle se manifeste par un tremblement très rapide (non visible à l’œil nu) des jambes et du tronc, responsable d’une sensation d’instabilité et de la peur de chuter. Les symptômes apparaissent lors de la position debout, immobile (en orthostatisme) et disparaissent à la marche, ou lors de l’appui sur support. Ce trouble a un important retentissement sur les activités de la vie quotidienne faites en position debout (douche, file d’attente, cuisine, etc…) avec un fort impact sur la qualité de vie des patients.

La maladie apparaît généralement entre 50 et 60 ans et touche plus souvent les femmes que les hommes. A ce jour, les traitements médicamenteux ont peu ou pas d’effets sur les symptômes du TOP. Quelques patients ont été traités par stimulation cérébrale profonde, une technique consistant à implanter des électrodes dans le cerveau, comme dans le tremblement essentiel, mais les effets ont été minimes ou peu probants. (Aptes | Association des personnes concernées par le tremblement essentiel). A l’Institut du Cerveau, l’équipe « Mov’it : mouvement, investigations, thérapeutique. Mouvement normal et anormal : physiopathologie et thérapeutique expérimentale » co-dirigée par les Prs VIDAILHET ET LEHERICY s’intéresse aux troubles du mouvements et en particulier au TOP.

Une étude conduite par Jean-Charles LAMY, membre de l’équipe MOV’IT et responsable opérationnel de la plateforme d’exploration du mouvement (PANAM) à l’Institut du Cerveau vient de montrer, grâce à un travail de recherche, que la stimulation électrique trans-médullaire améliore à la fois le temps en position debout et réduit l’amplitude ainsi que la fréquence du tremblement. Cette étude est publiée dans la revue « Movement disorders ».

Les causes du TOP sont encore inconnues. Mais les mécanismes commencent à être mieux compris, nos équipes ont identifié un trouble de « communication » entre les neurones du tronc cérébral (contribuant au contrôle du maintien de la position du corps), du cervelet (contrôlant l’équilibre et de la coordination des mouvements) et du cortex cérébral (dirigeant les gestes volontaires). De plus, les muscles qui tremblent envoient des messages sensoriels altérés (proprioception) via la moelle épinière jusqu’au cortex cérébral, faussant la perception de la posture du corps en position debout. Cela a conduit à l’implantation d’électrodes au niveau de la moelle épinière chez quelques patients, mais cette technique neurochirurgicale est très invasive.

L’étude menée sur 16 patients souffrant de TOP à l’Institut du Cerveau utilise une technique non-invasive de stimulation électrique de la moelle épinière, à travers la peau, grâce à un stimulation localisée (appareil dédié à la recherche non encore disponible en soins)

Les résultats montrent qu’après une seule stimulation, les tremblements sont atténués et le temps en station débout sans appui des patients est augmenté.

Cette étude constitue aujourd’hui une preuve de concept de l’effet de la stimulation électrique trans-médullaire pour de futurs essais cliniques et ouvre la voie vers des perspectives de traitement efficace non-invasif du TOP.

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Journée mondiale de la Maladie de Parkinson https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-mondiale-parkinson-2021/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-mondiale-parkinson-2021/#respond Sun, 11 Apr 2021 07:00:50 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21131 L’Institut du cerveau innove en sensibilisant toutes les générations à cette Maladie

Seules nos émotions devraient nous faire trembler...

Découvrez la vie de Tom: En savoir plus ]]> L’Institut du cerveau innove en sensibilisant toutes les générations à cette Maladie

Seules nos émotions devraient nous faire trembler…

Découvrez la vie de Tom: le héros de l’expérience #ShakeParkinsonsOff.
Tom est votre père, votre frère, votre enfant mais il pourrait aussi être vous.
Venez partager avec lui les grandes émotions qui font de sa vie, de notre vie, une expérience unique.

A l’occasion de la journée mondiale de la maladie de Parkinson, l’Institut du Cerveau souhaite mettre la lumière sur les recherches actuelles menées à l’Institut, les traitements, les innovations thérapeutiques de demain, permis entre autres par les progrès de la neuro-imagerie et l’utilisation des big data.
En 2021, l’un des enjeux majeurs des maladies neurodégénératives reste de mieux détecter l’apparition des symptômes. Grâce à son écosystème privilégié et ses multiples facettes l’ICM est un acteur-clé de la recherche sur l’ensemble des maladies neurologiques.

À propos de Parkinson

Une personne sur 8 en Europe est touchée par une maladie du système nerveux.
Près de 8000 nouveaux cas sont déclarés chaque année.
Deuxième cause de handicap moteur avec plus de 160 000 personnes atteintes en France, la maladie de Parkinson se caractérise par la mort d’une population de neurones, appelés dopaminergiques. Ces neurones produisent une substance, la dopamine, jouant un rôle dans la transmission de l’information entre les neurones, et indispensable au contrôle harmonieux des mouvements. La maladie se manifeste par un ralentissement des gestes, une raideur des membres, un tremblement et des troubles de la marche et de l’équilibre. Comment ralentir sa progression et alléger les symptômes des patients ?

La maladie de Parkinson : causes, symptomes, traitements, recherches – ICM (institutducerveau-icm.org)

Les réponses de l’Institut du cerveau

  • Identifier les facteurs de risque génétiques pour mieux diagnostiquer voire prévenir la maladie et pour développer des traitements personnalisés
  • Identifier des marqueurs pronostiques et prédictifs et comprendre les mécanismes mis en jeu grâce à une approche intégrée combinant des informations de nature génétique, métabolique, physiologique et clinique
  • Développer des approches technologiques innovantes pour identi er de nouvelles cibles thérapeutiques
  • Empêcher la dégénérescence des neurones et tester l’effet protecteur de différentes molécules
  • Traiter les troubles de la marche et de l’équilibre grâce à la stimulation cérébrale profonde

 

Découvrez ici les dernières avancées de la recherche :

Maladie de Parkinson : les patients deviennent acteurs de leur traitement par stimulation cérébrale profonde – Institut du Cerveau (institutducerveau-icm.org)

Validation clinique d’un algorithme d’apprentissage automatique pour le diagnostic des syndromes parkinsoniens – Institut du Cerveau (institutducerveau-icm.org)

Caractérisation dans l’espace et dans le temps de la neurodégénérescence de la substance noire dans la maladie de Parkinson – Institut du Cerveau (institutducerveau-icm.org)

Une exploration à grande échelle des formes génétiques de la maladie de Parkinson – Institut du Cerveau (institutducerveau-icm.org)

 

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Une atteinte cérébrale spécifique identifiée grâce à l’électroencéphalographie chez les patients infectés par le SARS-CoV-2 https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/troubles-neurologiques-covid-19/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/troubles-neurologiques-covid-19/#respond Thu, 08 Apr 2021 08:43:28 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21129 Des troubles neurologiques ont été rapportés chez des patients souffrant de Covid-19. Des chercheurs et cliniciens de l’Institut du Cerveau et de l’Hôpital En savoir plus ]]> Des troubles neurologiques ont été rapportés chez des patients souffrant de Covid-19. Des chercheurs et cliniciens de l’Institut du Cerveau et de l’Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP ont montré l’intérêt de combiner différents examens à l’électroencéphalographie (EEG), pour mieux identifier les atteintes cérébrales, dont les encéphalopathies, de ces patients et adapter leur prise en charge.

L’infection par le SARS-CoV-2 est associée chez certains patients à des symptômes neurologiques variés, de la perte d’odorat à des troubles de conscience. Mieux caractériser les atteintes cérébrales au cours de l’infection Covid-19, pour en identifier les causes et traiter les patients de façon spécifique, représente un défi important.

Chez des patients avec une forme neurologique de Covid-19, les données d’imagerie ou biologiques (suite à une ponction lombaire) peuvent suggérer un diagnostic d’encéphalite. Ces résultats d’examens peuvent aussi être hétérogènes et manquer de spécificité. La combinaison de ces données à l’EEG, qui enregistre l’activité électrique du cerveau, et à l’évaluation clinique, permettrait d’améliorer la caractérisation de ces encéphalopathies et mieux prendre en charge les patients.

Dans le cadre du projet Cohorte Covid Neurosciences (CoCo Neurosciences), conduit à l’Institut du Cerveau (ICM) et au Département Médico-Universitaire (DMU) de neurosciences de l’Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP, chercheurs et cliniciens ont analysé les données EEG de 78 patients hospitalisés pour une infection Covid-19. L’EEG avait été indiqué suite à des symptômes neurologiques importants comme des confusions, des crises d’épilepsie ou un retard de réveil en soins intensifs.

Chez 69 d’entre eux, l’EEG montrait une activité électrique cérébrale pathologique, comme des ondes lentes, en particulier au niveau du lobe frontal, des activités de répétition périodique et des activités épileptiques. La majorité de ces patients présentaient également des anomalies à l’examen neurologique, au niveau de leurs examens biologiques et à l’imagerie cérébrale. Les cliniciens et chercheurs ont cherché à expliquer les causes de ces atteintes neurologiques, pour chaque patient pris individuellement, à l’aide des données cliniques, avec prise en compte des traitements administrés, des données biologiques et d’imagerie.

Neuf patients ont présenté des symptômes neurologiques, compatibles avec une encéphalopathie, sans qu’aucune cause ou comorbidité autre que le Covid-19 ne soit mise en évidence. Comparativement à l’ensemble de la cohorte, ces patients avaient plus fréquemment des mouvements anormaux, un syndrome frontal ou une atteinte du tronc cérébral, des anomalies de répétition périodique à l’EEG et des atteintes de la substance blanche à l’IRM. Leur affection a alors été définie comme une encéphalopathie associée à la Covid-19.

Dans leur ensemble, ces résultats soulignent l’intérêt de combiner l’EEG aux données cliniques, biologiques et d’imagerie chez les patients touchés par le Covid-19 et présentant des symptômes neurologiques. L’EEG est un outil précieux pour distinguer différents types d’atteintes cérébrales, notamment les encéphalopathies, et ainsi permettre une meilleure prise en charge des patients.

Source

Association of Clinical, Biological, and Brain Magnetic Resonance Imaging Findings With Electroencephalographic Findings for Patients With COVID-19.

Lambrecq V*, Hanin A*, Munoz-Musat E, Chougar L, Gassama S, Delorme C, Cousyn L, Borden A, Damiano M, Frazzini V, Huberfeld G, Landgraf F, Nguyen-Michel VH, Pichit P, Sangare A, Chavez M, Morélot-Panzini C, Morawiec E, Raux M, Luyt CE, Rufat P, Galanaud D, Corvol JC, Lubetzki C, Rohaut B, Demeret S, Pyatigorskaya N, Naccache L, Navarro V; Cohort COVID-19 Neurosciences (CoCo Neurosciences) Study Group. JAMA Netw Open. 2021 Mar 1

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Définition de nouvelles formes de la variante comportementale des dégénérescences fronto-temporales (DFT) https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/definition-de-nouvelles-formes-de-variante-comportementale-degenerescences-fronto-temporales-dft/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/definition-de-nouvelles-formes-de-variante-comportementale-degenerescences-fronto-temporales-dft/#respond Tue, 06 Apr 2021 13:35:42 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21124  

Les dégénérescences fronto-temporales (DFT) sont des affections neurodégénératives complexes pouvant se manifester par des symptômes très divers. Valérie En savoir plus ]]>  

Les dégénérescences fronto-temporales (DFT) sont des affections neurodégénératives complexes pouvant se manifester par des symptômes très divers. Valérie Godefroy post-doc au FrontLab, sous la supervision de Lara Migliaccio (Inserm), et ses collaborateurs à l’Institut du Cerveau et à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP enrichissent le tableau clinique de cette pathologie en identifiant de nouveaux sous-types de sa variante comportementale. Cette définition plus fine des différentes formes de la maladie est essentielle pour une prise en charge plus personnalisée des patients. Les résultats sont publiés dans Alzheimer’s & Dementia : Diagnosis, Assessment & Disease Monitoring.

La dégénérescence fronto-temporale (DFT) est une maladie neurodégénérative pouvant se manifester par des signes cliniques très divers, rendant son diagnostic complexe. Un objectif majeur pour les cliniciens travaillant sur cette pathologie est de mieux caractériser cette diversité de formes de la maladie et d’identifier des sous-groupes possédant des caractéristiques communes. L’enjeu est de mieux comprendre chaque aspect de la pathologie, de sa progression afin de prendre en charge les patients de façon personnalisée.

Un des principaux symptômes de la variante comportementale de la DFT est le déficit d’inhibition, c’est-à-dire une difficulté généralisée à contrôler son comportement. Cela se manifeste par des comportements socialement inadaptés (réflexions inappropriées, non-respect des conventions sociales…), de l’impulsivité et des actions compulsives (répéter plusieurs fois une même action ou un même geste de façon automatique par exemple). En s’appuyant spécifiquement sur ces manifestations comportementales de déficit d’inhibition, l’étude conduite par Valérie Godefroy et ses collaborateurs à l’Institut du Cerveau a cherché à identifier des sous-types de patients DFT.

Les comportements de désinhibition sont particulièrement difficiles à évaluer et à objectiver, et ils ne se présentent pas forcément de manière évidente lors des consultations avec le médecin. Un des enjeux de l’étude était donc de mesurer de manière fine ces symptômes, en les observant dans un contexte proche de la vie réelle, par ce qu’on appelle « une approche écologique ».

« Nous avons tiré profit d’un protocole déjà en place à l’Institut du Cerveau dans le cadre du projet ECOCAPTURE, mené par Bénédicte Batrancourt (Inserm) et Richard Levy (Sorbonne Université.AP-HP), qui inclut un temps dans la salle d’exploration fonctionnelle de la plateforme PRISME de l’Institut. » explique Valérie Godefroy. Cette salle était aménagée comme une salle d’attente confortable et présentée comme telle aux 15 patients atteints de DFT et 15 sujets contrôles inclus dans l’étude. Les participants y passaient environ 45 minutes, filmées, incluant des moments d’échanges avec un investigateur. « Cela nous a semblé être une situation intéressante pour mesurer les comportements désinhibés, car elle pouvait générer de l’impatience voire de la frustration chez les participants, qui ne savaient pas combien de temps cette situation d’attente allait durer », poursuit la chercheuse.

Grâce à l’analyse des comportements observés dans les enregistrements vidéo, les chercheurs ont identifié deux principaux types de déficit d’inhibition : les comportements compulsifs automatiques et les comportements socialement inadaptés. Ils ont ensuite mis en évidence trois groupes comportementaux de patients DFT, dont les spécificités (notamment en termes de régions cérébrales atrophiées) ont été explorées. Un premier groupe, très différent des deux autres, présentait beaucoup de comportements compulsifs ainsi qu’une atrophie très sévère dans les régions orbito-frontales et le cortex préfrontal ventromédian. « Ces données suggèrent que de forts comportements compulsifs peuvent être indicateurs d’une forte sévérité de la maladie. » précise Valérie Godefroy.

Les deux autres groupes étaient moins atteints dans leur comportement et se distinguaient l’un de l’autre au niveau des comportements socialement inappropriés. De façon inattendu, le groupe présentant le plus de comportements socialement inappropriés était le groupe présentant le moins d’atrophie dans le cerveau. Il était aussi caractérisé par davantage de symptômes anxieux et dépressifs, potentiellement liés à davantage de conscience de la maladie.

« Dans leur ensemble, ces résultats nous permettent d’enrichir le tableau clinique de la DFT. Nous identifions deux principaux sous-types de la variante comportementale de cette maladie, associés à des atteintes différentes du cerveau. Ces données doivent être étayées par d’autres études, notamment longitudinales c’est-à-dire avec un suivi des patients dans le temps, mais elles devraient permettre de mieux stratifier les patients sur la base de leur comportement afin de leur proposer des traitements adaptés. » conclut la chercheuse.

 

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Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme : réalités d’un trouble complexe et femmes oubliées https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-mondiale-de-sensibilisation-a-lautisme-realites-dun-trouble-complexe-femmes-oubliees/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-mondiale-de-sensibilisation-a-lautisme-realites-dun-trouble-complexe-femmes-oubliees/#respond Fri, 02 Apr 2021 07:37:37 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21089 Hélène Vulser, psychiatre responsable du Centre de Diagnostic et d’Évaluation Autisme Adulte à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP et chercheuse dans l’équipe En savoir plus ]]> Hélène Vulser, psychiatre responsable du Centre de Diagnostic et d’Évaluation Autisme Adulte à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP et chercheuse dans l’équipe « Contrôle — Intéroception — Attention » à l’Institut du Cerveau, nous présente la complexité du trouble du spectre de l’autisme et nous présente ses recherches chez des femmes atteintes de TSA, trop souvent oubliées par la médecine et la recherche.

 

On parle aujourd’hui de trouble du spectre de l’autisme (TSA), que recouvre ce terme ?

L’autisme est sujet qui pose beaucoup de questions. Depuis les premières descriptions, sa définition a beaucoup changé. Dans les années 50-60, on parlait de psychose ou de schizophrénie infantile. Jusqu’en 2013, on a parlé de « troubles envahissant du développement », qui comportait une catégorie « trouble autistique ». Les critères diagnostiques de ces derniers décrivaient une forme d’autisme plus restreinte que celle existant actuellement. Dans cette même catégorie de « troubles envahissants du développement », on retrouvait d’autres diagnostics comme le syndrome d’Asperger, et une catégorie de troubles « non spécifiés ». Finalement, un grand nombre de personnes répondait aux critères de trouble non spécifié. En 2013, le DSM 5, la 5e édition du manuel de classification internationale des troubles mentaux, a fait disparaître toutes ces catégories pour ne conserver que le trouble du spectre de l’autisme, rattaché à la grande catégorie des troubles du neurodéveloppement, qui regroupe aussi les troubles de la communication, le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, le trouble du développement intellectuel ou encore les troubles spécifiques des apprentissages (dyslexie, dyscalculie…).

Quel est le rôle du centre de diagnostic et d’évaluation de l’autisme adulte ?

Le Centre de Diagnostic et d’Évaluation Autisme Adulte de notre hôpital a ouvert ses portes en 2012. Nous effectuons des bilans diagnostics et fonctionnels chez des personnes adultes orientées par un professionnel pour une suspicion de TSA. À l’issue du bilan, nous indiquons, si un TSA est effectivement ou non présent, et s’il est associé à une déficience intellectuelle ou à une altération du langage, s’il est en lien avec un syndrome génétique connu chez la personne ou à rechercher. Nous précisons quelle est l’intensité de la symptomatologie et si l’état de la personne nécessite une aide quotidienne modérée, importante ou très implorante. L’évaluation dite fonctionnelle a pour objectif de mesurer le niveau d’autonomie de la personne, ses capacités à communiquer, ou encore ses aptitudes au travail, afin de faire des préconisations pour orienter les personnes vers un ESAT (établissement et service d’aide par le travail), une structure d’accueil occupationnelle, prescrire des séances d’orthophonie ou de psychomotricité, un travail de remédiation cognitive, d’éducation thérapeutique, ou des séances d’entrainement aux groupes habiletés sociales par exemple.

Comment diagnostique-t-on un trouble du spectre de l’autisme ?

Le TSA se définit par deux dimensions : les troubles des interactions sociales et de la communication, et les intérêts et comportements restreints et répétitifs. Les troubles des interactions sociales et de la communication comportent 3 critères, qui doivent tous être présents pour définir un TSA. Le premier est le déficit de la réciprocité sociale et émotionnelle. Il s’agit de la difficulté à initier une conversation, à être dans la connivence, à comprendre les sous-entendus. Le second critère correspond aux troubles de la communication non verbale : le regard, les mouvements, l’intonation. Lorsque nous parlons, notre regard est dynamique, parfois dans les yeux de notre interlocuteur ou ailleurs vers notre environnement. Nos gestes également sont associés souvent au contenu de nos conversations. Ils peuvent être emphatiques ou descriptifs par exemple. Cette coordination est perturbée chez les personnes présentant un TSA. Enfin, le troisième critère est la difficulté à développer et à maintenir des relations sociales. Il y a souvent chez les personnes atteintes de TSA une difficulté à comprendre les différents types de relations, la différence entre un ami, un collègue ou un petit ami. 

La seconde dimension du TSA, les intérêts et comportements restreints et répétitifs, se décline selon quatre critères. Au moins deux critères sur quatre sont nécessaires pour poser le diagnostic, en plus des trois critères des troubles des interactions sociales. On retrouve les stéréotypies, des comportements très répétitifs, moteurs ou verbaux. Ensuite, l’adhésion inflexible au changement. Le quotidien des patients est souvent très ritualisé et toute perturbation de celui-ci va entrainer une détresse importante. Par exemple, modifier la disposition des meubles de la chambre d’un enfant autiste peut être à l’origine d’une détresse majeure. Le troisième critère correspond aux préoccupations ou intérêts envahissants ou inhabituels. Cela peut être soit un sujet envahissant, mais « normal », les échecs par exemple. Soit il peut s’agir de sujets très particuliers, une autoroute particulière par exemple. Le niveau de détail est très important et parler de ces sujets est souvent une source d’apaisement. Enfin, le dernier critère correspond aux particularités sensorielles, des hypo ou des hypersensorialités avec une grande sensibilité aux sons, aux odeurs, aux textures, et/ou une fascination pour certaines lumières par exemple.

Ces signes doivent avoir débuté pendant l’enfance. On ne devient pas autiste à 15 ans, mais un retard diagnostic est possible. Les symptômes ont pu être présents dans l’enfance, mais pas perçu en tant que tel. Pour poser un diagnostic, il faut également qu’il y ait un retentissement suffisant de ces symptômes sur la vie de la personne.

Il faut enfin que le trouble ne soit pas expliqué par autre chose. Il existe d’autres atteintes qui peuvent donner des troubles des interactions sociales et une certaine rigidité du fonctionnement, notamment les troubles de la personnalité. Dans notre centre, nous ne retenons le diagnostic de TSA que chez 25 à 30 % des personnes que nous recevons en consultation. Enfin, les troubles du neurodéveloppement sont très comorbides entre eux. Lorsqu’une personne présente un trouble des apprentissages ou de la communication par exemple, des traits autistiques sont très souvent présents également.

Quels sont les enjeux de la recherche sur les TSA ?

Les enjeux sont nombreux sur des questions génétiques, cérébrales ou développementales.

Chez l’adulte, en particulier, la question épidémiologique est importante. La statistique parlait initialement de 1 % de la population générale, mais des études récentes évoquent plutôt de 1 à 2 %. Il y a un vrai enjeu, car le diagnostic est aujourd’hui réalisé de façon clinique et donc parfois sujet à la subjectivité. À quel moment va-t-on considérer qu’un intérêt est restreint et répétitif par exemple ? Il serait donc très intéressant de mieux comprendre les corrélats neurobiologiques associés au TSA. En effet, les personnes diagnostiquées ne le sont pas nécessairement sur les mêmes critères, et présentent des formes très diverses de TSA qu’il est intéressant de mieux comprendre.

Vous vous intéressez aux bases neurobiologiques du TSA, et plus particulièrement chez les femmes, pourquoi ?

Une méta-analyse a montré que sur plus de 300 études d’imagerie fonctionnelle dans le TSA, seule 1 étude sur 15 avait inclus des femmes. Les corrélats neurobiologiques du TSA sont donc beaucoup moins étudiés chez les femmes. Cette disparité peut s’expliquer en partie par la prévalence du TSA, avec 4 hommes atteints pour 1 femme. Pourtant, les quelques études menées chez des femmes ont suggéré qu’il y aurait des différences au niveau cérébral par rapport aux hommes atteints de TSA.

Dans notre projet, nous avons un double intérêt. Nous voulons explorer les corrélats neurobiologiques du TSA chez des femmes adultes parce qu’ils sont très peu connus chez elles. Nous souhaitons comparer trois groupes, un groupe de femmes avec un TSA diagnostiqué dans notre centre, un groupe de femmes avec des traits autistiques ou « phénotype élargi », sans que nous retenions le diagnostic de TSA, et un groupe contrôle. Le « phénotype autistique élargi » correspond à des traits autistiques, qui peuvent avoir un retentissement sur la vie sociale, professionnelle et personnelle des individus, mais sans qu’ils justifient un diagnostic de TSA. Pourtant, il est possible que certains accompagnements mis en place pour les personnes avec TSA (p. ex. entrainement aux habiletés sociales) permettent d’améliorer également le fonctionnement des femmes avec phénotype élargi. En comparant des femmes avec TSA et des femmes avec phénotype élargi, nous espérons mieux comprendre les spécificités neurobiologiques de ces deux catégories et leur éventuelle continuité. La perspective est de pouvoir adapter la prise en charge pour ces deux catégories de personnes.

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L’Institut du cerveau participe aux Journées Innovation Santé https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/linstitut-cerveau-participe-aux-journees-innovation-sante/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/linstitut-cerveau-participe-aux-journees-innovation-sante/#respond Thu, 01 Apr 2021 08:15:05 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21101

Les journées Innovation Santé

L'Institut du Cerveau participe aux Journées Innovation Santé. Cet événement, organisé par Universcience à la Cité des sciences et En savoir plus ]]>

Les journées Innovation Santé

L’Institut du Cerveau participe aux Journées Innovation Santé. Cet événement, organisé par Universcience à la Cité des sciences et de l’industrie, se tient du 31 mars au 2 avril et sera 100% numérique au vu du contexte sanitaire actuel.
 
L’occasion pour le grand public de découvrir les innovations récentes dans le domaine des sciences et de la santé. Durant trois jours, chercheurs, soignants, entrepreneurs ou patients témoigneront au cours de démonstrations ou d’ateliers.
Les starts ups Wefight et  Hospitalink, incubées à l’Institut du Cerveau, ainsi que le Care Lab interviendront à cette occasion.

Le programme de l’Institut du Cerveau pour les Journées Innovation Santé

 

Un bip intelligent pour accompagner les patients à l’hôpital 

jeudi 1er avril  à 14h10 – Hospitalink – Florent Bossert-Castelli – CEO 

Comment fluidifier la communication entre le patient à l’hôpital et ses soignants via un appel intelligent ?

Découvrez la Start up Hospitalink en vidéo

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Plus d’informations sur l’Hospitalink ici.

 

 

Une IA au service des patients 

Jeudi 1er avril à 15h50 – WeFight – Julien Moussali – Head of Business Development 

Découvrez un assistant virtuel qui accompagne les patients atteints de maladies chroniques tout au long de leur parcours de soins.

Plus d’infos sur Vik Depression ici.

 

 

Des solutions co-conçues avec et pour les patients 

Vendredi 2 avril à 15 h 40  – Romain Gombert, Carelab, le living Lab de l’Institut du Cerveau  

Des innovations (technologies, produits, services) qui permettent de répondre à des besoins concrets de patients en neurologie et en psychiatrie.

Découvrez le Care Lab en vidéo :

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Le trouble bipolaire : une affection encore méconnue https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-mondiale-trouble-bipolaire/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-mondiale-trouble-bipolaire/#respond Tue, 30 Mar 2021 07:50:48 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21067 Si le mot « bipolaire » est aujourd’hui de plus en plus présent dans les médias, et parfois utilisé à tort, une pathologie grave et invalidante se cache En savoir plus ]]> Si le mot « bipolaire » est aujourd’hui de plus en plus présent dans les médias, et parfois utilisé à tort, une pathologie grave et invalidante se cache derrière ce terme. Fabien Vinckier, MCU-PH à l’Université de Paris au GHU Paris Psychiatrie et Neuroscience et chercheur dans l’équipe  « Motivation, Cerveau et Comportement » à l’Institut du Cerveau, fait la lumière sur les enjeux de cette pathologie qui touche près de 3 % de la population.

Qu’est-ce qu’un trouble bipolaire ?

Le trouble bipolaire est un trouble de l’humeur qui se définit par l’alternance d’épisodes dépressifs, avec tous les symptômes de la dépression, l’excès d’affects négatifs (tristesse, désespoir, angoisses, douleur morale), le défaut d’affects positifs, un trouble des fonctions instinctuelles (sommeil, appétit, libido), un ralentissement psychomoteur ; et des phases dites maniaques ou hypomaniaques selon l’intensité, qui se définissent par une exaltation, une euphorie ou parfois de la colère, un gain d’énergie avec une excitation psychomotrice, une diminution des besoins de sommeil, des conduites à risque (sur le plan financiers de type dépenses inconsidérées, ou sexuel) … Entre ces épisodes, il y a des phases sans symptôme. La durée des épisodes varie de quelques semaines à quelques mois, avec des épisodes dépressifs souvent plus longs que les épisodes maniaques.

Point très important : il n’y a pas un trouble bipolaire, mais des troubles bipolaires. Beaucoup de patients ne se retrouvent pas dans la définition « canonique » de ce trouble, et négligent parfois de consulter. Comme dans beaucoup de troubles psychiatriques, il s’agit en fait d’un spectre de plusieurs troubles, qui peuvent varier en termes de prédominance de l’une ou de l’autre des phase, d’intensité des symptômes, de la vitesse à laquelle les cycles s’alternent, de la durée des phases stables entre les épisodes thymiques (maniaque ou dépressif) et bien d’autres facteurs…

Le trouble bipolaire est une maladie chronique que l’on ne sait pas guérir. De nouveaux épisodes sont possibles tout au long de la vie. Il est cependant souvent possible (et cela doit rester l’objectif dans tous les cas) de contrôler complètement les épisodes et les symptômes avec des traitements, même s’ils ne permettent pas de faire disparaître la maladie (en cas d’arrêt des traitements, les troubles reviennent). Le trouble bipolaire est une maladie grave, notamment en raison du handicap généré par les épisodes thymiques mais aussi du risque suicidaire : environ 5 % des patients atteints de trouble bipolaire décèdent par suicide.

Il ne faut pas galvauder le terme. Le trouble bipolaire est une maladie qui induit une souffrance importante pour les patients et pour leurs proches. Il ne s’agit pas d’un fonctionnement psychique original ou même d’un type de personnalité. C’est une pathologie qui nécessite des soins, des traitements médicamenteux et une prise en charge psychothérapeutique.

Comment diagnostique-t-on un trouble bipolaire ?

A l’heure actuelle, le diagnostic se fait uniquement sur la base des symptômes cliniques. Nous n’avons pas encore trouvé de biomarqueurs d’imagerie ou sanguins par exemple, pour le trouble bipolaire, même si c’est une perspective de recherche pour les années à venir.

Le cœur du diagnostic repose sur l’identification de phases maniaques ou hypomaniaques. En effet, autant il existe des troubles dit unipolaires comme le trouble dépressif récurrent (au cours duquel on observe une répétition d’épisodes dépressifs sans épisode maniaque), autant il n’existe pas de trouble unipolaire maniaque. La présence d’un seul épisode maniaque ou hypomaniaque suffit donc pour poser le diagnostic, et pour affirmer un risque de nouvel épisode maniaque ou dépressif. Attention cependant, si les épisodes maniaques ou hypomaniaques sont au cœur du diagnostic, ce sont souvent les épisodes dépressifs qui sont les plus fréquents et les plus longs. Historiquement, on s’est longtemps concentré sur les épisodes maniaques, plus visibles et plus caractéristiques de la maladie, alors même que le cœur du trouble bipolaire, ce dont les patients souffrent majoritairement et le plus longtemps, sont les épisodes dépressifs.

Parfois le diagnostic est évident. Par exemple lorsque le patient est d’emblée pris en charge pour un épisode maniaque ou hypomaniaque. Certains patients vont également consulter et rapporter des fluctuations saisonnières (il existe un lien documenté entre les variations d’exposition à la lumière et l’humeur) : par exemple un épisode hypomaniaque tous les printemps. Il est également fréquent que les patients rapportent que les épisodes dépressifs font suite à un épisode hypomaniaque (parfois très court), un peu comme si l’épisode avait brulé toute l’énergie du patient et que l’épisode dépressif arrivait en contrecoup.

Le plus souvent, cependant, le patient consulte pour dépression et c’est un faisceau d’arguments qui nous oriente vers un trouble bipolaire. Lorsqu’on suspecte un trouble bipolaire, il est très important de faire appel à l’entourage, famille, amis ou conjoint. En effet, autant les patients se rendent – le plus souvent – facilement compte de leur état lorsqu’ils sont déprimés, autant il y a souvent une anosognosie, c’est à dire une incapacité à prendre conscience des symptômes, lors d’un épisode maniaque ou hypomaniaque. De même, les patients déprimés ont souvent de grandes difficultés à se souvenir de leur épisodes maniaques ou hypomaniaques. En plus de la recherche d’épisodes maniaques ou hypomaniaques, il est important de rechercher des antécédents de trouble bipolaire dans la famille (il y a une composante génétique dans cette pathologie) ou de décès par suicide, une réponse trop rapide ou une absence de réponse aux antidépresseurs lors des épisodes dépressifs, un début des troubles apparu très jeune… Enfin, les caractéristiques des épisodes permettent parfois d’orienter, même si souvent sans certitude, vers le diagnostic.

L’étape suivante est celle du diagnostic différentiel, c’est-à-dire s’assurer que les symptômes du patient ne sont pas dus à d’autres facteurs. La prise de toxique en est un. La cocaïne par exemple peut mimer un épisode hypomaniaque. Des pathologies neurologiques ou hormonales — un dysfonctionnement de la thyroïde par exemple — peuvent donner des symptômes ressemblants. A noter qu’il s’agit aussi souvent plus de comorbidités de que véritables alternatives diagnostic. Il est par exemple fréquent que le trouble bipolaire soit associé à d’autres troubles psychiatriques (troubles anxieux, trouble attentionnel avec ou sans hyperactivité ou troubles addictologiques) ou non psychiatriques qui peuvent eux-mêmes aggraver les troubles (syndrome d’apnée obstructive du sommeil par exemple).

Le trouble bipolaire est-il héréditaire ?

Comme toutes les maladies psychiatriques, le trouble bipolaire est multifactoriel, avec au sein de ces facteurs un risque génétique. Il n’existe pas un seul gène de la bipolarité, mais probablement de très nombreux gènes, tous associés à une très faible augmentation du risque. On sait en revanche qu’au total l’héritabilité (c’est-à-dire la part de risque lié aux facteurs génétiques) est importante, probablement entre 60 et 85 %. Le fait d’avoir des apparentés atteints de trouble bipolaire augmente le risque de développer soi-même la maladie de façon importante (jusqu’à 10 fois plus en cas d’apparentés au premier degré). Lorsque nous rencontrons un patient, la question d’un trouble bipolaire dans la famille ou de cas de suicide est donc systématique. Il existe également des facteurs environnementaux, mais aussi épigénétiques, c’est-à-dire des facteurs environnementaux qui vont modifier l’expression de certains gènes.

Quelle est la proportion de trouble bipolaire dans la population ?

Tout dépend de quoi on parle. Dans le cas du trouble bipolaire canonique typique, avec des épisodes de dépression et de manie bien caractérisés, cela représente environ 1 à 2 % de la population. Si l’on considère le spectre élargi du trouble bipolaire, avec par exemple des patients qui font des épisodes dépressifs et des réactions atypiques aux antidépresseurs sans pour autant faire d’épisode maniaque franc, ou encore la cyclothymie, c’est-à-dire l’existence de fluctuations thymiques sans pour autant atteindre l’intensité d’un épisode dépressif ou maniaque, la prévalence se situe probablement au-delà de 5 %.

Ces dernières années, nous avons noté à une augmentation de l’incidence du trouble bipolaire dans la littérature, pas tant à cause d’une « épidémie » de trouble bipolaire, mais plutôt parce qu’il est mieux diagnostiqué et qu’on est passé de l’idée d’une maladie unique à celle d’un spectre de maladies. De nombreux patients qui n’étaient auparavant pas diagnostiqués bipolaires le sont aujourd’hui.

À quel âge débute le trouble bipolaire ?

On citait classiquement un âge de début autour de 30-35 ans, mais il s’agit en fait de l’âge du diagnostic. Or, il y a un très grand retard au diagnostic : il n’est pas rare de voir un délai de 10 ans entre les premiers symptômes et le diagnostic. Les premiers symptômes précèdent donc de beaucoup le diagnostic du trouble, et débutent en général dans la vingtaine. Certaines formes débutent dans l’adolescence avec parfois une expression différente des symptômes. D’autres sont diagnostiquées beaucoup plus tardivement, à 50 ou 60 ans, souvent à l’occasion d’un épisode dépressif résistant.

Comment traite-t-on le trouble bipolaire ?

La pierre angulaire de la prise en charge du trouble bipolaire reste les traitements médicamenteux. Il existe trois grandes classes de traitements thymorégulateurs ou régulateurs de l’humeur. La première d’entre eux est le lithium, sous différentes formes (sels de lithium). C’est le traitement de référence et le plus efficace pour la prévention des épisodes maniaques, mais aussi des épisodes dépressifs. C’est aussi le traitement le plus efficace pour prévenir le risque suicidaire. Il est malheureusement sous-prescrit, à cause de ses effets secondaires au long cours et notamment de possibles effets sur la fonction rénale et sur la thyroïde, qui nécessitent une surveillance biologique régulière. Il est fondamental de souligner que malgré ses effets secondaires, le lithium diminue la mortalité (et donc, augmente l’espérance de vie) des patients. Les deux autres classes de traitements sont certains médicaments anticonvulsivants (antiépileptiques), ainsi que la majorité des antipsychotiques atypiques. Certains traitements antidépresseurs peuvent parfois être utilisés, mais ponctuellement, c’est à dire pour la prise en charge d’un épisode dépressif, en association avec un traitement thymorégulateur, et pour une durée courte.

Des traitements non médicamenteux existent également en complément de l’approche médicamenteuse comme la luminothérapie ou la neurostimulation, avec la stimulation magnétique transcrânienne et surtout l’électro-convulsivothérapie dans les formes graves et résistantes.

Un aspect absolument fondamental est la psychoéducation, l’éducation thérapeutique. Le patient doit être un expert de sa maladie, et ses traitements. En particulier, apprendre à repérer les signes avant-coureurs d’un épisode est essentiel pour agir au plus vite et éviter une hospitalisation. Ce travail doit être mené avec les proches, car ce sont parfois eux qui vont signaler les symptômes avant un épisode.

Les différentes formes de psychothérapies et les règles hygiéno-diététiques sont importantes au quotidien. L’hygiène de vie est un élément en soi de contrôle du trouble. Avoir des horaires fixes de sommeil, une heure de lever fixe dans la semaine, limiter la prise d’excitant, la consommation de toxique comme la cocaïne ou le cannabis…

Quelles sont vos recherches à l’Institut du Cerveau sur le sujet ?

Mes recherches portent sur deux aspects des troubles de l’humeur. La première est de caractériser les effets des épisodes thymiques. Les variations d’humeur ont un impact sur la prise de décision, la motivation, le traitement de l’information par les patients. Certains de mes travaux cherchent donc à caractériser les troubles de la motivation au cours des épisodes thymiques et notamment lors de la dépression.

Plus d’informations : https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/dire-secoue-toi-a-personne-deprimee-ca-ne-sert-a-rien/

L’autre aspect de mes recherches est de comprendre la cinétique des fluctuations d’humeur. Est-il possible de décrire, sur le plan cognitif, comment apparaissent les fluctuations de l’humeur que nous pouvons tous expérimenter au quotidien ou les fluctuations pathologiques ? Celles-ci suivent-elles le même pattern et la même logique ? Comment l’humeur impacte-t-elle le traitement de l’information ? Depuis quelques années, certaines équipes se sont intéressées à construire un modèle computationnel de l’humeur, c’est-à-dire essayer de décrire à l’aide d’équations comment une séquence d’événements positifs et négatifs peuvent être intégrés au cours du temps au sein d’un signal d’humeur. Évidemment, il s’agit d’un phénomène réciproque : l’humeur est influencée par les événements de vie que nous traversons, mais elle impacte également la façon dont nous les percevons.

Une première étape de cette ligne de recherche est d’induire des fluctuations minimales de l’humeur chez des sujets sains sur une durée courte, par exemple à l’aide de stimuli positifs ou négatifs, pour décrire comment ils se répercutent sur l’humeur des participants (mesurée par des évaluations subjectives). Il est alors possible de décrire mathématiquement ce phénomène, de coupler cette approche avec de la neuroimagerie pour en voir les corrélats cérébraux, ou d’étudier l’impact de ces fluctuations de l’humeur sur la prise de décision.

Plus d’informations : https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/humeur-influence-nos-decisions/

Une des limites est la question de l’échelle de temps. Au laboratoire et a fortiori dans une machine d’IRM, on n’étudie classiquement que des fluctuations à une échelle de temps courte, de quelques minutes ou quelques heures. À l’inverse, en clinique, ces fluctuations sont évidemment beaucoup plus intenses, mais également beaucoup plus lentes : les épisodes thymiques s’étendent sur des semaines voire des mois. Avec Pablo Carrillo, doctorant sous ma supervision à l’Institut du Cerveau, et Chantal Henry, Professeure de Psychiatrie à l’Université de Paris au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences et chercheuse à l’Institut Pasteur, nous souhaitons essayer d’utiliser la même logique, mais pour comprendre les fluctuations d’humeur à une échelle de temps beaucoup plus longue, grâce notamment à la création d’une application.

Schématiquement, il s’agira de savoir si les équations que nous utilisons pour décrire des fluctuations de l’humeur minimale sur un temps court peuvent également s’appliquer pour prédire des fluctuations beaucoup plus intenses évoluant sur plusieurs semaines. Une des façons de faire sera de faire passer le même genre de tâches cognitives que celles que nous avons déjà utilisées chez des volontaires sains (c’est-à-dire sur une durée courte de quelques dizaines de minutes) à des patients atteints de troubles bipolaires. Nous pourrons alors appliquer notre modèle computationnel pour extraire ce que l’on appelle des paramètres libres, c’est-à-dire des nombres décrivant — en l’occurrence — comment sont accumulés les signaux positifs et négatifs au cours du temps au sein du signal d’humeur. Outre la comparaison directe avec des volontaires sains, nous pourrons également voir si ces paramètres libres (obtenus sur une durée courte) permettent de prédire l’évolution de l’humeur à une durée beaucoup plus longue, telle que mesurée par l’application. À très long terme, on pourrait imaginer que ce genre de stratégie pourrait être un élément, parmi d’autres, pour guider le clinicien dans ses choix thérapeutiques.

Un second aspect du projet est d’étudier les bases neurobiologiques de cette cinétique de l’humeur. Malheureusement, la majorité des techniques d’imagerie ne permettent pas de suivre comment évoluent l’activité de différentes régions cérébrales sur une durée longue (il n’est pas possible de laisser un patient dans un scanner pendant plusieurs jours !) Il y a donc un véritable défi technologique pour changer d’échelle de temps et décrire un processus à l’échelle de plusieurs semaines !

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OUVERTURE D’UN NOUVEAU DOMAINE DE RECHERCHE : MODÉLISATION COMPUTATIONNELLE EN NEUROSCIENCES https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/ouverture-dun-nouveau-domaine-de-recherche-modelisation-computationnelle-neurosciences/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/ouverture-dun-nouveau-domaine-de-recherche-modelisation-computationnelle-neurosciences/#respond Mon, 29 Mar 2021 09:30:12 +0000 Thomas Mariani https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21070 Jusqu'à présent les recherches de l'Institut du Cerveau étaient organisées autour de 4 domaines :

  • neurosciences moléculaires et cellulaires,
  • neurophysiologie En savoir plus ]]> Jusqu’à présent les recherches de l’Institut du Cerveau étaient organisées autour de 4 domaines :

    • neurosciences moléculaires et cellulaires,
    • neurophysiologie intégrative,
    • neurosciences cognitives,
    • neurosciences cliniques et translationnelles.

    Un cinquième domaine dédié à la modélisation computationnelle en neurosciences, vient d’être créé.

    L’objectif de ce nouveau domaine de recherche (Computational modelling in neuroscience) est de reconnaître cette pratique interdisciplinaire spécifique à certains chercheurs de l’Institut du Cerveau. Jusqu’à présent, les personnes utilisant une approche en neurosciences computationnelles étaient incluses dans les autres domaines de recherche et appliquaient leur expertise dans leur équipe d’accueil. Ce nouveau domaine leur donnera l’opportunité de partager leur vision – complémentaire à celle des autres domaines – au COPIL (comité de pilotage) scientifique et médical de l’Institut.

    Les objectifs principaux des chercheurs dans ce nouveau domaine sont :

    – La modélisation mathématique et computationnelle des mécanismes cérébraux à de multiples échelles allant des processus moléculaires et cellulaires, de la structure intégrée à grande échelle et de sa dynamique (par exemple, les interactions anatomo-fonctionnelles), à la cognition et au comportement.

    – Le développement de méthodes d’exploration des données, y compris la science des réseaux, le traitement du signal et de l’image, l’apprentissage automatique et l’intelligence artificielle, pour l’interprétation et l’analyse des données et pour un meilleur diagnostique et pronostique des maladies neurologiques et psychiatriques ;

    – Le développement de logiciels scientifiques et d’outils d’ingénierie pour des applications en neurosciences.

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    https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/ouverture-dun-nouveau-domaine-de-recherche-modelisation-computationnelle-neurosciences/feed/ 0 Les vacances de Momo Sapiens https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/vacances-de-momo-sapiens/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/vacances-de-momo-sapiens/#respond Mon, 29 Mar 2021 07:19:35 +0000 Thomas Mariani https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21050 ... sur les plages de nos librairies.

    Un livre de Mathias Pessiglione sort le 31 mars aux éditions Odile Jacob et aborde les grandes questions de la rationalité parfois En savoir plus ]]> … sur les plages de nos librairies.

    Un livre de Mathias Pessiglione sort le 31 mars aux éditions Odile Jacob et aborde les grandes questions de la rationalité parfois fantasque dont savent faire preuve les homo sapiens que nous sommes.

    Voici ce que nous en dit le 4ème de couverture :

    Rationnel, le cerveau d’Homo sapiens ? Il ne manque pas de le faire savoir, quand il analyse à froid ses décisions. Mais sur le coup, quand il doit faire un choix, c’est une autre histoire : le cerveau qui décide ne paraît pas si sage ! Il se laisse conditionner par l’habitude, envahir par les impulsions, diriger par les autres… Bref, il semble moins rationnel dans ses décisions pratiques que dans ses réflexions théoriques. À moins que ce ne soit le contraire ? 

    Le cerveau reste un grand incompris. Peut-être, après tout, fait-il les bons choix sans qu’on s’en rende compte. Peut- être faut-il admettre ce paradoxe étonnant : le cerveau a ses raisons que la raison ne connaît pas !

    À la lumière des sciences actuelles de la décision, où se rencontrent l’économie, la psychologie et les neurosciences, Mathias Pessiglione sait trouver la bonne distance entre recherche scientifique, humour et vulgarisation pour nous guider dans la découverte du fonctionnement d’un organe façonné par des milliers d’années d’évolution… et de décisions.

     

    © JP Parienté pour Institut du Cerveau – ICM

    Mathias Pessiglione est directeur de recherches à l’Inserm. Biologiste et psychologue, spécialiste des mécanismes cérébraux qui motivent le comportement dans les situations normales et pathologiques, il dirige actuellement une équipe de recherches en neurosciences cognitives à l’Institut du cerveau à Paris. 

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    Stimulations cérébrales non-invasives pour les maladies neurodégénératives https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/stimulations-cerebrales-neurodegeneratives/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/stimulations-cerebrales-neurodegeneratives/#respond Thu, 25 Mar 2021 08:44:01 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21043 La stimulation cérébrale non-invasive est un domaine en pleine expansion, avec des pistes prometteuses pour le traitement des maladies neurodégénératives. Au sein du En savoir plus ]]> La stimulation cérébrale non-invasive est un domaine en pleine expansion, avec des pistes prometteuses pour le traitement des maladies neurodégénératives. Au sein du Frontlab de l’Institut du Cerveau, Clara Sanches, doctorante, les Drs Lara Migliaccio (Inserm) et Antoni Valero-Cabré (CNRS) et leurs collaborateurs, combinent leurs expertises sur le sujet pour développer à la fois des recherches fondamentales sur le sujet et un programme hospitalier de recherche clinique (PHRC AP-HP). Ils ont publié récemment un article dans Frontiers in Aging Neuroscience, dans lequel ils passent au crible pour la première fois l’ensemble des essais de stimulation cérébrale non-invasive dans huit pathologies neurodégénératives et prônent des directions spécifiques pour mieux développer ce domaine de recherche biomédicale.

    Distribution du courant électrique dans le cerveau pour deux ensembles donnés de paramètres de tDCS.

    Distribution du courant électrique dans le cerveau pour deux ensembles donnés de paramètres de tDCS.

    De nouvelles stratégies thérapeutiques dans les maladies neurodégénératives

    Le vieillissement de la population et l’augmentation de la prévalence des maladies neurodégénératives crée une pression sans précédent sur les sociétés et leurs systèmes de santé. Malgré des pistes et découvertes prometteuses, les traitements médicamenteux et autres thérapies sont toujours peu nombreux et n’ont pas montré de capacités importantes à modifier le pronostic de ces maladies.

    Les interventions de stimulation cérébrale non-invasive, comme la stimulation magnétique transcrânienne ou la stimulation électrique par courant continu, représentent un espoir dans les maladies neurodégénératives. Elles ont montré leur capacité à agir sur les processus de plasticité cérébrale et sont maintenant bien connues, depuis plus d’une dizaine d’année, dans la modulation de différents processus cognitifs chez des sujets non-malades. De récentes études se sont par ailleurs montrées prometteuses sur la capacité de ces techniques à améliorer les processus cognitifs liés au langage ou à la mémoire au cours du vieillissement. « Il ne s’agit pas ici pour le moment de guérir ces pathologies, car il n’y a pas encore d’évidences solides qui montre que ces technologies agissent sur les mécanismes biologiques des maladies neurodégénératives. En revanche, par leurs effets modulateurs de l’activité de régions cérébrales et des réseaux cognitifs elles pourraient permettre de mieux préserver et plus longtemps les fonctions cognitives des patients atteints de maladies neurodégénératives » explique Antoni Valero-Cabré, médecin et directeur de recherche CNRS au sein du Frontlab de l’Institut du Cerveau.

     

    Les pathologies neurodégénératives bien connues comme les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, mais aussi les dégénérescences fronto-temporales ou encore les aphasies primaires progressives font face à des défis immenses. La prise en charge précoce en fait partie. Ces maladies sont une course contre la montre dans laquelle les traitements existants ne permettent souvent que de ralentir transitoirement l’évolution. Préserver les fonctions des patients au plus tôt est donc essentiel. Un autre défi est celui de la personnalisation des traitements. « Même au sein d’un même groupe de maladies neurodégénératives, chaque patient est différent. Cela ne se joue pas sur la durée de la maladie ou sa sévérité. L’atteinte cérébrale et fonctionnelle qui peut être complètement différente d’un patient à l’autre. » précise Lara Migliaccio, neurologue et chercheuse Inserm dans le Frontlab de l’Institut du Cerveau.

    Le Frontlab de l’Institut du Cerveau, qui réunit des chercheurs et médecins-chercheurs aux expertises multiples en neuroimagerie, neurostimulation ou encore en neurologie, essaye de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques, en évaluant de façon objective l’effet thérapeutique de la stimulation cérébrale non-invasive sur le cerveau malade.

    La stimulation magnétique transcrânienne et la stimulation transcrânienne par courant continu

    La stimulation magnétique transcrânienne (TMS) est une technologie non invasive permettant une action focalisée sur une région cérébrale particulière au moyen des courants électriques générés par un champ magnétique transitoire. Elle est capable de modifier de façon transitoire l’activité de la région ciblée et a notamment été utilisée pour rétablir des activités électriques normales dans des régions endommagées du cerveau. La TMS agit principalement sur des régions superficielles du cerveau, au niveau du cortex, mais a tout de même montré une capacité à influencer l’activité de régions distantes de la zone de stimulation, connectées toutefois anatomiquement par des faisceaux de substance blanche à cette dernière.

    La stimulation électrique transcrânienne par courant continu (tDCS) consiste à faire passer un faible courant électrique entre deux électrodes placées sur deux régions distantes du crâne. Cela a pour effet de polariser une région du cortex et ainsi à moduler l’excitabilité des neurones, et les rendre plus ou moins sensibles à une activation physiologique. Contrairement à la TMS, elle n’agit pas directement sur l’activité électrique des neurones du cortex. Elle a l’avantage d’être beaucoup moins coûteuse que la TMS et plus facile d’utilisation à l’hôpital ou en soins de suite, mais pour une précision spatiale moindre.

    Deux grandes stratégies de réhabilitation sont privilégiées pour ces techniques. Il s’agit d’une part d’augmenter l’activité du cortex dans des régions associées à des fonctions cognitives spécifiques, et/ou d’autre part de bloquer l’activité des réseaux dans qui pourraient interférer ou empêcher la récupération des capacités des patients.

    Les stimulations non-invasives dans les maladies neurodégénératives

    Dans un article paru dans la revue Frontiers in Aging Neuroscience, Lara Migliaccio, Antoni Valero-Cabré, et leurs équipes au Frontlab, passent en revue l’ensemble des études de stimulation cérébrale non-invasive publiées dans huit pathologies neurodégénératives : la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, la démence à corps de Lewy, l’aphasie primaire progressive, la variante comportementale de la dégénérescence fronto-temporale, le syndrome cortico-basal, la paralysie supranucléaire progressive et l’atrophie corticale postérieure. La majorité d’entre elles présentent des résultats intéressants, plus ou moins préliminaires, pour la préservation des fonctions cognitives grâce aux stimulations cérébrales non-invasives, suggérant l’intérêt de poursuivre les recherches dans ce domaine. Cependant, la diversité des stratégies utilisées dans les différentes études et les paramètres étudiés pour juger de l’efficacité de ces thérapies sont trop nombreux pour établir pour le moment une ligne claire quant à l’utilisation de la stimulation cérébrale non-invasives dans les différentes pathologies et aux modalités qui pourraient être employées. Les auteurs présentent néanmoins avec détail toute une série de suggestions et d’innovations d’ordre clinique, cognitif et technologique pour guider le développement de futures études et essais.

    STIM-DS : Un essai thérapeutique innovation dans l’aphasie primaire progressive

    Des donnés pré-thérapeutiques publiés par le Dr. Valero-Cabré et le Dr. Marc Teichmann (Institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer, IM2A, APHP) dans la prestigieuse revue Annals of Neurology en 2016 ont permis de développer un essai thérapeutique, financé par l’APHP (PHRC National) et la Fondation Recherche pour l’Alzheimer (FRA). Celui-ci est actuellement mené à l’IM2A sur une population de patients atteints d’une aphasie primaire progressive, variante sémantique.  « Pour ce projet de recherche clinique à visée thérapeutique, nous nous sommes intéressés une pathologie dans laquelle la variabilité est minimale. L’atrophie des patients est très ciblée au niveau du lobe temporal gauche, mais même dans ce cas nous nous sommes rendus compte du haut degré de variabilité qui existait d’un patient à l’autre. Certains patients ont une atteinte bilatérale, d’autres une atteinte du lobe frontal… » poursuit Lara Migliaccio. « Pendant la pandémie, la personnalisation du traitement, le développement d’une plateforme de stimulation et l’évaluation à réaliser à domicile par des aidants sous-contrôle par télémédecine sont ainsi devenus des élément clé dans le développement future de ces stratégies thérapeutiques. », ajoute le Dr. Valero-Cabré. L’étude a déjà donné des résultats prometteurs sur l’utilisation de la stimulation transcrânienne par courant direct pour améliorer les capacités langagières de patients atteints d’aphasie primaire progressive et continue, malgré des difficultés liées aux conditions sanitaires, à rechercher activement des patients.

    Pour plus d’informations : https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/une-etude-met-en-evidence-les-benefices-de-la-stimulation-trans-cranienne-par-courant-continu-dans-le-traitement-de-laphasie-primaire-progressive/

    Une autre étude a également montré un effet bénéfique pré-thérapeutique de la stimulation transcrânienne par courant direct sur une atteinte langagières similaire dans une autre pathologie ciblant le cortex dorso-latérale préfrontal : la paralysie supranucléaire progressive. Les résultats d’essais pré-thérapeutiques sur d’autres pathologies neurodégénératives, comme la démence fronto-temporale ou les variantes logopénique (difficulté à trouver des mots sans problème de compréhension) et non fluente (difficulté de syntaxe, d’élocution, trouble de la lecture et de l’écriture) de l’aphasie primaire progressive, aussi explorées par ces équipes sont en cours d’analyse ou de publication.

    Valero Cabré, A, Sanches C, Godard J, Fracchia O, Dubois B, Levy R, Truong T, Bikson Mm, Teichmann M. Language boosting by transcranial stimulation in Progressive Supranuclear Palsy. Neurology 2019; 93(6): e537-e547

    affectées chez les patients atteints d'aphasie progressive primaire (APP), représentées sur un cerveau standard. Les régions spécifiques à chaque variante de l'APP sont indiquées par des couleurs différentes

    Régions corticales affectées chez les patients atteints d’aphasie progressive primaire (APP), représentées sur un cerveau standard. Les régions spécifiques à chaque variante de l’APP sont indiquées par des couleurs différentes.

    Tous ces résultats très encourageants chez les patients soulignent l’intérêt de poursuivre les études de stimulation cérébrale chez les patients. L’essai STIM-DS continue de recruter des patients.

    Contact :

    anna.kaglik@icm-institute.org et antoni.valerocabre@icm-institute.org

    Le futur des traitements par stimulation cérébrale non invasive

    « Notre étude souligne trois enjeux pour le futur des traitements par stimulation cérébrale non-invasive : la personnalisation des thérapies, l’intérêt de les intégrer à une approche de soins plus globale avec un programme de rééducation cognitive ou en complément de thérapies médicamenteuses, et ce dès les premiers stades de la maladie. » soulignent les deux chercheurs.

     

    D’un point de vue technique, la recherche devrait également intégrer les nouvelles connaissances sur les mécanismes et les contraintes guidant l’impact des champs électriques et magnétiques sur les tissus cérébraux et l’activité cérébrale, pour développer des approches plus optimisées de neurostimulation qui s’adaptent aux caractéristiques morphologiques de la tête et du cerveau de chaque patient et à l’étendu de l’atrophie corticale neurodégénérative.

     

    Les années d’échecs en matière de thérapies médicamenteuses pour les maladies neurodégénératives ont soulevé la problématique de la fenêtre de traitements. Les symptômes de ces maladies n’apparaissent que des années après le début des atteintes cérébrales et les dégâts sont déjà trop importantes lorsque les traitements sont fournis pour avoir un effet notable. Agir à des stades précoces de la maladie nécessite cependant de la diagnostiquer au plus tôt et d’avoir des biomarqueurs fiables de son évolution pour évaluer l’impact des thérapeutiques à l’essai. « Sur cette question, la stimulation cérébrale montrera toute son efficacité si elle est prodiguée au plus tôt, lorsque les dégâts sont encore peu étendus. Alors, elle sera un vrai outil pour préserver le potentiel des capacités cognitives des patients. » conclut Antoni Valero-Cabré.

     

     

    Source

     

    Past, Present, and Future of Non-invasive Brain Stimulation Approaches to Treat Cognitive Impairment in Neurodegenerative Diseases: Time for a Comprehensive Critical Review. Sanches C, Stengel C, Godard J, Mertz J, Teichmann M, Migliaccio R, Valero-Cabré A. Front Aging Neurosci. 2021 Jan

     

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    « Le projet Gliotex a tout notre confiance et celle des donateurs de l’ARTC » : interview d’ERIC LICOYS, président de l’ARTC https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/projet-gliotex-artc/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/projet-gliotex-artc/#respond Tue, 23 Mar 2021 14:26:06 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21037 L’ARTC, Association pour la Recherche sur les Tumeurs Cérébrales, soutient le projet GLIOTEX à l’Institut du Cerveau depuis plusieurs années. Son président, Éric En savoir plus ]]> L’ARTC, Association pour la Recherche sur les Tumeurs Cérébrales, soutient le projet GLIOTEX à l’Institut du Cerveau depuis plusieurs années. Son président, Éric LICOYS, revient sur l’association et son engagement pour la recherche sur les tumeurs cérébrales.

    Comment est né votre engagement auprès de l’ARTC ?

    Après le décès de mon fils, Emmanuel, atteint d’un glioblastome en 2008, j’ai rejoint l’ARTC, « Association pour la Recherche sur les Tumeurs Cérébrales », pour apporter ma contribution à cette association.

    L’ARTC aura 30 ans en 2022. Créée à Paris à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, elle s’est développée, comme le voulaient ses fondateurs, familles de patients et médecins, en concentrant son action sur la Recherche et l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de tumeurs cérébrales. Progressivement, l’ARTC a constitué un réseau de Délégations Régionales et est aujourd’hui présente sur une grande partie du territoire national. Ses ressources financières proviennent des dons et legs faits par ses membres. C’est par l’engagement des bénévoles et leur collaboration étroite avec les équipes médicales que les progrès sont réalisés.

    Quelles sont les actions de l’ARTC ?

    L’Association joue le rôle d’incubateur dans la recherche, qu’elle soit fondamentale, clinique, ou translationnelle. Dans la recherche fondamentale, entre le soutien aux équipes de recherche en neuro-oncologie et, historiquement, à celle de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière localisée à l’Institut du Cerveau.

    La recherche clinique est soutenue par l’ARTC qui attribue des bourses à de jeunes médecins diplômés appelés des « fellows » (post doctorants cliniciens) désirant se spécialiser dans la neuro-oncologie tout en développant un projet de recherche.

    Pour la recherche translationnelle, qui a pour mission de faire le lien entre recherche fondamentale et applications cliniques au bénéfice des patients, le projet GLIOTEX « GLIOblastome et Thérapie Expérimentale des gliomes » est le plus important investissement engagé par l’ARTC.

    Pourquoi le choix de soutenir le projet GLIOTEX à l’Institut du Cerveau ?

    C’est un choix dûment réfléchi qui a été fait de soutenir ce programme, l’un des projets les plus porteurs d’espoir pour progresser dans le traitement de la plus fréquente et la plus agressive des tumeurs cérébrales. Les résultats de cette recherche bénéficieront aussi aux autres types de gliomes.

    Ce projet ambitieux, qui n’a pas d’équivalent, a toute notre confiance et celle des donateurs de l’ARTC. Sans une coopération étroite entre l’équipe de neuro-oncologie et l’Institut du Cerveau, qui accueille nos chercheurs et met à leur disposition une plateforme technologique exceptionnelle, nous n’aurions pas pu initier ce projet et nous engager aussi fortement.

    Ce partenariat dans un but commun est un espoir partagé entre l’Institut du Cerveau et l’ARTC

     

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    Maladie de Parkinson : les patients deviennent acteurs de leur traitement par stimulation cérébrale profonde https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/parkinson-stimulation-cerebrale-profonde/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/parkinson-stimulation-cerebrale-profonde/#respond Mon, 22 Mar 2021 16:01:26 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21034 Le professeur Carine Karachi, neurochirurgienne et cheffe d’équipe à l’Institut du Cerveau, l’équipe du service de neurochirurgie du professeur Alexandre En savoir plus ]]> Le professeur Carine Karachi, neurochirurgienne et cheffe d’équipe à l’Institut du Cerveau, l’équipe du service de neurochirurgie du professeur Alexandre Carpentier de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière AP-HP, et le professeur Marie-Laure Welter, neurologue et chercheuse à l’Institut du Cerveau ont réalisé la première implantation en France du premier neurostimulateur capable d’enregistrer des signaux intracérébraux au cours de la vie quotidienne du patient. Ce neurostimulateur permet au patient de déclencher lui-même les enregistrements des signaux intra cérébraux lors de l’apparition de symptômes et ainsi de devenir davantage acteur de sa thérapie.

    La Stimulation Cérébrale Profonde est une technique utilisée pour soulager les patients atteints de troubles du mouvement. A l’aide d’électrodes implantées dans le cerveau et reliées à un neurostimulateur, la stimulation électrique permet de diminuer les symptômes moteurs des patients atteints de la maladie de Parkinson.

    A l’heure actuelle, les évaluations et les ajustements de traitements (paramètres de stimulation, traitement médicamenteux) reposent essentiellement sur les informations délivrées par le patient et sur les évaluations cliniques réalisées au cours de la consultation.

    Une première implantation en France

    Pour la première fois en France, le neurostimulateur Percept™ PC, de la société Medtronic, utilisant la technologie BrainSense™ a été implanté chez trois patients atteints de maladie de Parkinson par le Pr. Carine Karachi, neurochirurgienne à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP et chercheuse à l’Institut du Cerveau, et l’équipe du service de neurochirurgie du Pr Alexandre Carpentier à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, en février, en septembre et en décembre 2020.

    Opérés il y a plusieurs années avec un système de Stimulation Cérébrale Profonde ayant donné des résultats cliniques très satisfaisants (amélioration des symptômes moteurs, bonne fluidité des mouvements, arrêt des tremblements, et diminution significative des médicaments), ces trois patients présentaient toutefois des symptômes persistants et s’aggravant depuis la chirurgie, à savoir des troubles de la marche et de l’équilibre (entraînant des chutes) en lien avec l’évolution de leur maladie de Parkinson.

    L’analyse des résultats chez ces trois patients a permis d’identifier des signaux cérébraux résiduels et d’affiner les réglages de la stimulation cérébrale profonde ainsi que la prise des médicaments.

    Le patient devient ainsi davantage acteur de sa thérapie en pouvant lui-même déclencher les enregistrements des signaux intra cérébraux et en renseignant sur sa télécommande des événements tels que des symptômes, des effets indésirables, etc.

    Cette innovation représente une avancée vers une médecine personnalisée. Il s’agit d’une première étape avant la mise en place dans les années à venir d’un système de Stimulation Cérébrale Profonde adaptatif fonctionnant en boucle fermée (« closed-loop »), c’est-à-dire un neurostimulateur capable d’enregistrer l’activité du cerveau et d’adapter lui-même la stimulation cérébrale profonde en conséquence, à l’aide d’algorithmes.

    Publié initialement sur https://www.aphp.fr/contenu/maladie-de-parkinson-les-patients-deviennent-acteurs-de-leur-traitement-par-stimulation

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    France Brain Bee 2021 : 3ème édition en ligne https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/france-brain-bee-2021-3eme-edition-ligne/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/france-brain-bee-2021-3eme-edition-ligne/#respond Mon, 22 Mar 2021 08:12:24 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20968 Les résultats de France Brain Bee 2021

    Les lauréats de l’édition 2021 du concours France Brain Bee sont :

    Classement Prénom Nom Nom de l'établissement En savoir plus ]]> Les résultats de France Brain Bee 2021

    Les lauréats de l’édition 2021 du concours France Brain Bee sont :

    Classement Prénom Nom Nom de l’établissement d’enseignement
    1 Alexis VITALIS Lycée Albert Londres
    2 Soham KHISTY ICS Paris
    3 Agasthya KAMATH ICS PARIS
    4 Hugo KERMICHE Lycée Louis le Grand
    5 Alexandre RAVEL Ecole Jeannine Manuel

     

    « Le concours en ligne s’est globalement très bien passé et les différentes épreuves se sont déroulées parfaitement et dans les temps. Sur l’épreuve Jeopardy nous avons réussi à reproduire l’ambiance du concours en présentiel et la tension était palpable sur le visage de certains participants. » les organisateurs du concours à l’Institut du Cerveau

    Même ressenti du côté des participants :

    J.L : Merci beaucoup d’avoir organisé ce concours et de nous avoir donné cette opportunité ! !! Félicitations aux gagnants !

    A.K : C’était une belle expérience, même à travers le zoom. Il y a eu beaucoup d’interaction et j’ai adoré ça. Encore une fois, félicitations à tous les participants et gagnants.

     

    L’Institut du Cerveau a organisé le concours France Brain Bee le 20 mars 2021 à distance !

    L’International Brain Bee (IBB) est un concours international de neurosciences destiné aux élèves du secondaire (collège et lycée). Sa mission est d’aider les élèves à se familiariser avec le cerveau et ses fonctions, de les informer sur les carrières en neurosciences et de dissiper les idées fausses sur les maladies du cerveau.

    Depuis 2018, l’Institut du Cerveau est heureux d’être l’hôte officiel du concours national France Brain Bee. Le contexte sanitaire ne permettant pas de réaliser cet évènement dans nos locaux comme c’était le cas lors de la première édition, cette année la troisième édition du concours s’est déroulé le 20 mars 2021 en ligne

    Tout au long de la journée, les participants ont réalisé des épreuves de neuro-anatomie et de neuro-histologie, répondu à un QCM sur les neurosciences et diagnostiqué la pathologie d’un patient à travers une épreuve interactive inédite.

    Le gagnant du concours France Brain Bee 2021 participe au concours International Brain Bee  lors de la conférence de l’IBRO en septembre 2021 qui devait se dérouler à San Diego CA, USA  mais en raison de la COVID 19 le concours international se déroulera également à distance.

    Afin de réaliser cet évènement nous avons travaillé en étroite collaboration avec l’organisme à but non lucratif, Gifted in France , pour permettre à un maximum de lycées français de participer au concours national.

    Au sein de l’Institut du Cerveau, le chercheur Jacobo SITT a dirigé l’implication des experts chercheurs qui aident à sélectionner l’étudiant(e) gagnant(e) le jour du concours et lui offre une session de formation pour le préparer à la compétition internationale.

    Vous souhaitez en savoir plus ? Rendez-vous sur le lien suivant pour découvrir la page dédiée au concours : https://openbrainschool.com/programme/concours-france-brain-bee-2021/

    A propos du concours international Brain Bee

    Fondé par le Dr Norbert Myslinski à l’Université du Maryland en 1999, le concours international Brain Bee compte aujourd’hui plus de 50 pays participants. L’IBB est une organisation éducative à but non lucratif formée par des partenariats avec l’Organisation internationale de recherche sur le cerveau (IBRO), la Fondation Dana, la Fédération des sociétés européennes de neurosciences (FENS), la Société des neurosciences (SfN) et l’Association américaine de psychologie (APA).

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    https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/france-brain-bee-2021-3eme-edition-ligne/feed/ 0 Journée mondiale de la trisomie 21 https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-mondiale-de-trisomie-21/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-mondiale-de-trisomie-21/#respond Sun, 21 Mar 2021 12:15:17 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21027 A l'occasion de la Journée mondiale de la Trisomie 21, l'Institut du Cerveau propose d'assister à une table-ronde en ligne dédiée avec nos chercheurs.es.

    Première En savoir plus ]]> A l’occasion de la Journée mondiale de la Trisomie 21, l’Institut du Cerveau propose d’assister à une table-ronde en ligne dédiée avec nos chercheurs.es.

    Première cause génétique de déficiences intellectuelles, la trisomie 21 est un syndrome complexe qui touche 70 000 personnes en France et 1 enfant sur 2 000 naît avec cette maladie.

    Au programme de ce temps d’échanges :

    • Introduction sur les principales caractéristiques de la Trisomie 21
    • Exploration du syndrome par le cinéma avec la présentation du film Théo et les métamorphoses de Damien Odoul
    • Exploration du syndrome par les neurosciences avec la présentation des recherches des équipes de l’Institut du Cerveau
    • Conclusion et perspectives scientifiques, médicales et sociales

     

     

    Retrouvez la bande-annonce du film de Damien Odoul, Théo et les métamorphoses sur ce lien : https://vimeo.com/517057356

     

    Les travaux de l’équipe de Marie-Claude Potier sont soutenus par ANR Investissements d’Avenir, la Fondation Jérôme Lejeune, la Fondation Sisley d’Ornano, la Fondation Vaincre Alzheimer, le BBT-MOCONET de l’Institut du Cerveau, JPND Research.

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    Obésité et réponse au marketing alimentaire https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/obesite-reponse-marketing-alimentaire/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/obesite-reponse-marketing-alimentaire/#respond Sat, 13 Mar 2021 13:34:55 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20989 Des chercheurs de l'Institut du Cerveau, de l'INSEAD, du département de Nutrition de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP/Sorbonne Université), de l'EPHE et de En savoir plus ]]> Des chercheurs de l’Institut du Cerveau, de l’INSEAD, du département de Nutrition de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP/Sorbonne Université), de l’EPHE et de University of British Columbia, apportent de nouvelles preuves d’une relation réciproque entre l’obésité et la sensibilité au marketing alimentaire et que cette relation n’est pas une prédisposition individuelle stable. Les résultats sont publiés dans le Journal of Consumer Psychology.

     

    Existe-t-il une relation entre la réponse au marketing alimentaire et l’obésité ? Alors que le premier est souvent accusé de contribuer à l’augmentation de la prévalence de l’obésité dans la population, aucune relation entre les deux au niveau individuel n’a encore été établie, car les études de marketing portent rarement sur des personnes atteintes d’obésité. Si une telle relation existe, la chirurgie bariatrique, l’une des interventions actuelles les plus efficaces pour la perte de poids chez les personnes souffrant d’obésité sévère, influence-t-elle cette réponse au marketing alimentaire ?

     

    Pour explorer ces questions, des chercheurs de l’Institut du Cerveau, de l’INSEAD, du département de Nutrition de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP/Sorbonne Université), de l’EPHE et de University of British Columbia ont étudié les réponses de 3 groupes d’individus aux tactiques classiques du marketing alimentaire consistant à présenter les aliments comme étant plus sains qu’ils ne le sont réellement. Le premier groupe était composé d’individus atteints d’obésite, puis 3 mois et 12 mois après une chirurgie bariatrique. Le second était un groupe de contrôle composé d’individus sans obésité. Le troisième était un groupe de contrôle composé d’individus atteints d’obésité mais qui n’avaient pas engagé de mesure pour perdre du poids.

     

    Leurs résultats montrent que les patients atteints d’obésité ont réagi plus fortement aux tactiques de marketing alimentaire avant la chirurgie bariatrique, par rapport aux individus sans obésité. Il est toutefois intéressant de noter que ces différences se sont atténuées 12 mois après l’opération de perte de poids.

     

    « Ce premier résultat est très important car il montre que la réponse au marketing alimentaire n’est pas nécessairement une disposition individuelle telle qu’un manque de contrôle de soi ou une grande sensibilité à la récompense chez les sujets souffrant d’obésité en soi comme on le pensait auparavant« ,

    explique Hilke Plassmann, professeur de neuroscience de la décision à l’INSEAD et chercheur à l’Institut du Cerveau.

     

    Une nouvelle possibilité ouverte par ce travail pourrait être l’existence d’une boucle de renforcement entre l’état métabolique de l’obésité et la réactivité au marketing alimentaire. Les personnes sujettes à l’obésité sont plus réactives au marketing alimentaire, qui à son tour diminue une fois que cet état métabolique est modifié vers un état métabolique plus sain (c’est-à-dire après une perte de poids allant de pair avec une normalisation des différents paramètres métaboliques).

     

    La question de savoir pourquoi la chirurgie bariatrique est associée à une diminution de la réponse au marketing alimentaire reste une question intéressante pour des recherches futures. D’un point de vue neuroscientifique, une étude connexe co-signée par Hilke Plassmann et Liane Schmidt, entre autres, à l’Institut du Cerveau, a montré que les changements de la connectivité cérébrale au repos dans les systèmes de récompense permettent de prédire la perte de poids et sont corrélés aux changements post-chirurgicaux de leptine, l’hormone de satiété. Ces résultats laissent entendre que la chirurgie bariatrique a un impact bénéfique beaucoup plus complexe pour les patients, au-delà de la perte de poids évidente.

     

    Source


    Obesity and Responsiveness to Food Marketing Before and After Bariatric Surgery. Yann Cornil,  Hilke Plassmann,  Judith Aron‐Wisnewsky,  Christine Poitou‐Bernert,  Karine Clément, Michèle Chabert,  Pierre Chandon. Journal of Consumer Psychology. Feb 2021.
    https://doi.org/10.1002/jcpy.1221

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    Perte de poids et système cérébral de la récompense https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/perte-de-poids-systeme-cerebral-de-recompense/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/perte-de-poids-systeme-cerebral-de-recompense/#respond Fri, 12 Mar 2021 10:16:06 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20937 Une étude conduite par Liane Schmidt (Inserm) et Hilke Plassmann (INSEAD’s Octapharma Chaired Professor of Decision Neuroscience) à l’Institut du Cerveau établit En savoir plus ]]> Une étude conduite par Liane Schmidt (Inserm) et Hilke Plassmann (INSEAD’s Octapharma Chaired Professor of Decision Neuroscience) à l’Institut du Cerveau établit pour la première fois un lien entre la perte de poids, la connectivité du système cérébrale de la récompense et la régulation hormonale de la satiété. Les résultats sont publiés dans Brain Communication.

     

    L’obésité est une pathologie multifactorielle, intégrant des dimensions environnementales, hormonales, psychologiques ou encore physiologiques. Une dimension reste encore peu explorée, celle des bases neurobiologiques et dans quelle mesure celles-ci peuvent prédire les variations de poids.

     

    Des études antérieures ont mis en évidence une activité accrue des systèmes de récompense et de motivation dans le cerveau en réponse à la vision de la nourriture chez des sujets atteints d’obésité, mais ne prenaient pas en compte que les changements globaux associés à l’obésité, notamment métaboliques, pouvaient avoir un impact sur le fonctionnement de ces systèmes cérébraux.

     

    Pour obtenir une vision plus intégrée de la question, Liane Schmidt, HIlke Plassman et leurs collaborateurs, notamment du département de Nutrition de l’Hôpital Pitié-Salpêtrière (AP-HP/Sorbonne Université), ont conduit une étude chez 44 participantes, 14 atteintes d’obésité avant et après une chirurgie bariatrique, et 30 contrôles appariées en âge, également examinées deux fois sur la même période. Dans un premier temps, l’équipe a comparé la connectivité des régions cérébrales impliquées dans la récompense au repos. Elle a ensuite utilisé ces résultats pour évaluer si la connectivité pouvait prédire la perte ou la prise de poids sur une période de 8 mois.

     

    Deux réseaux de connectivité du système de récompense varient entre les sujets atteints d’obésité et les sujets non-obèses : celui entre le cortex préfrontal ventromédian et le striatum ventral et celui entre le cortex préfrontal ventromédian et dorsolatéral. En revanche, seule la connectivité du premier était capable de prédire les changements de poids chez les participantes atteints d’obésité dans le temps et après une chirurgie bariatrique.

     

    « Nous montrons qu’avant chirurgie, les participantes sujettes à l’obésité avaient une activité diminuée du système cérébral de la récompense par rapport aux sujets non-obèses, et que cette activité revient à un état plus stable après la chirurgie et la perte de poids. De plus, cette activité du système de récompense était un bon prédicteur de la capacité à perdre du poids. Ainsi, plus l’activité au repos du système de la récompense changeait dans le tempst, plus la perte de poids était importante. »

    explique Liane Schmidt, co-responsable de l’équipe « Contrôle – Intéroception – Attention » à l’Institut du Cerveau.

     

    Dans la dernière partie de l’étude, l’équipe a lié ces changements de connectivité cérébrale à une troisième variable : la leptine, l’hormone de la satiété. Chez les participants atteints d’obésité, les niveaux de leptine sont très élevés mais celle-ci ne fonctionne pas correctement. Après la chirurgie, les niveaux de leptine diminuent et parviennent à mieux signaler la satiété. Les chercheurs mettent en évidence que les changements dans l’activité au repos du système cérébral de la récompense sont corrélés à une diminution de la résistance à la leptine après chirurgie bariatrique.

     

    Source


    Resting-state connectivity within the brain’s reward system predicts weight loss and correlates with leptin.

    Schmidt L, Medawar E, Aron-Wisnewsky J, Genser L, Poitou C, Clément K, Plassmann H. Brain Commun. 2021 Feb

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    Un nouvel outil diagnostic pour la négligence motrice post-AVC https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/nouvel-outil-diagnostic-negligence-motrice-post-avc/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/nouvel-outil-diagnostic-negligence-motrice-post-avc/#respond Tue, 09 Mar 2021 13:05:04 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20954 Une étude conduite par Paolo Bartolomeo et Monica Toba à l’Institut du Cerveau, en collaboration des équipes de Lyon et de Milan, confirme cliniquement En savoir plus ]]> Une étude conduite par Paolo Bartolomeo et Monica Toba à l’Institut du Cerveau, en collaboration des équipes de Lyon et de Milan, confirme cliniquement l’utilisation de l’actigraphie pour le diagnostic de la négligence motrice chez des patients après un accident vasculaire cérébral.

    Oublier de bouger une partie de son corps ? C’est ce que vivent certains patients après un accident vasculaire cérébral (AVC). Pour autant, ceux-ci ne sont pas paralysés comme cela peut être le cas après un tel accident. On parle alors de négligence motrice. Les patients victimes d’une lésion dans l’hémisphère droit du cerveau oublient alors de bouger leur main gauche ou leur jambe gauche. Ils peuvent s’asseoir sur leur main ou trébucher sur leur pied par exemple, voire se comporter comme s’ils étaient hémiplégiques. En revanche, lorsqu’on leur demande de bouger volontairement leur bras ou leur jambe, ils en sont bien capables.

    « C’est tout le problème de ce symptôme. Au cours d’un bilan neurologique, nous demandons aux patients de bouger leurs mains ou leurs pieds. Comme il s’agit d’une commande volontaire, ils sont capables de la réaliser alors que leur motricité spontanée est très réduite. L’évaluation de ce trouble, basée uniquement sur le regard subjectif du médecin, peut donc facilement nous échapper. » explique Paolo Bartolomeo

    Pour tenter de fournir une évaluation objective de la négligence motrice, les chercheurs et cliniciens de l’Institut du Cerveau, en collaboration avec la fondation Don Carlo Gnocchi à Milan (Italie), ont proposé d’utiliser l’actigraphie.

    Un actigraphe est un dispositif ressemblant à une montre et contenant un accéléromètre, capable d’enregistrer les mouvements. En plaçant ces actigraphes pendant 24h chez des patients suivis dans des hôpitaux de Lyon et de Milan, les chercheurs ont recueilli et analysé les données de motricité de leur bras gauche et de leur bras droit. Ils ont ainsi construit des scores de latéralité et établi une gamme de valeurs des asymétries des mouvements spontanés qui peuvent être considérées normales ou qui au contraire indiquent une présentation pathologique. Leurs résultats montrent que l’actigraphie indique un diagnostic très similaire à l’examen clinique subjectif des médecins.

    « Nous apportons par cette étude une preuve clinique importante du potentiel de cette technique pour le diagnostic de la négligence motrice. Comme il s’agit d’une mesure quantitative, sur la base de scores d’asymétrie des mouvements spontanés, elle pourrait apporter une évaluation objective de l’efficacité des méthodes de rééducation de la négligence motrice. Cet outil sera également utile pour l’étude des mécanismes de la négligence motrice qui reste aujourd’hui inconnus. Nous n’avons en effet pas encore trouvé de lésions caractéristiques dans le cerveau qui conduiraient à la négligence motrice. C’est une des prochaines étapes de ce travail. » Paolo Bartolomeo

    Source Quantitative Assessment of Motor Neglect.

    Toba MN, Pagliari C, Rabuffetti M, Nighoghossian N, Rode G, Cotton F, Spinazzola L, Baglio F, Migliaccio R, Bartolomeo P. Stroke. 2021 Mar 4

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    La Semaine du Cerveau 2021 https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/semaine-cerveau-2021/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/semaine-cerveau-2021/#respond Wed, 03 Mar 2021 14:10:19 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20782 Organisée chaque année au mois de mars depuis 1999, la Semaine du Cerveau est une manifestation internationale, organisée simultanément dans une centaine de pays et En savoir plus ]]> Organisée chaque année au mois de mars depuis 1999, la Semaine du Cerveau est une manifestation internationale, organisée simultanément dans une centaine de pays et plus de 120 villes en France, qui a pour but de sensibiliser le grand public à l’importance de la recherche sur le cerveau.

    Rendez-vous à partir du mardi 16 mars, pour retrouver chaque jour les présentations de nos chercheurs en vidéo.

    C’est l’occasion pour de nombreux chercheurs, médecins et étudiants bénévoles de rencontrer le public et de partager avec lui les avancées obtenues dans les laboratoires de recherche en neurosciences, d’en présenter les enjeux pour la connaissance du cerveau et les implications pour notre société. Pendant toute cette semaine, le grand public pourra apprendre à mieux connaître le cerveau et s’informer sur l’actualité de la recherche.

    Compte-tenu de la situation sanitaire, cette édition 2021 se déroulera en 100% numérique mais comme chaque année à l’Institut du Cerveau, de nombreuses équipes se mobilisent lors de cet évènement, pour proposer un programme riche et de qualité au grand public sur le cerveau et ses mystères.

    Vous pourrez poser toutes vos questions sur les différentes présentations à l’adresse suivante : semaineducerveau@icm-institute.org 

    Une séance de réponse aux questions sera organisée dans les semaines qui suivent la diffusion des vidéos.

    Retrouvez le programme complet de la semaine du cerveau qui aura lieu du 15 au 20 mars 2021 sur le site de la Semaine du Cerveau

    RENDEZ-VOUS Toute cette semaine sur les réseaux sociaux de L’INSTITUT DU CERVEAU et sur cette page (Aucune inscription nécessaire)

    Programme

    1 – Quel.le. confiné.e créatif.ve avez-vous été ?

    Emmanuelle Volle, chercheuse Inserm et neurologue ; Alizée Lopez-Persem, post-doctorante ; Marcela Ovando, Sara Moreno et Théophile Bieth, doctorant.e.

    A travers l’émergence de la COVID-19, nous avons été confronté.es à des mesures restrictives sans précédent qui ont bouleversé notre vie quotidienne. En réponse à ces changements, des comportements alternatifs, originaux et innovants ont été observés témoignant d’un élan créatif. Qu’est-ce que la créativité ? Le confinement l’a-t-il impactée ? Et si oui, quels sont les facteurs qui l’ont stimulée, et ceux qui l’ont inhibée ? Pendant cette période, dans quelles activités créatives nous sommes nous engagés ? Dans cette vidéo, des chercheurs en neuroscience de la créativité fournissent des éléments de réponses à ces questions à partir d’une enquête sur l’engagement créatif de 380 volontaires pendant le premier confinement.

    2 – Neurones et électricité : Une approche technologique pour mieux comprendre les maladies du cerveau

    Carine Dalle, Charlotte Deleuze & Delphine Roussel, ingénieures

    Le cerveau est constitué de milliards de neurones qui ont la capacité de conduire l’électricité leur permettant de communiquer entre eux. Dans de nombreuses pathologies du cerveau, la transmission du message électrique neuronal est perturbée et il est indispensable de pouvoir l’enregistrer pour mieux comprendre les dysfonctionnements. Dans cet atelier virtuel, nous vous présenterons notre plateforme technologique et vous découvrirez comment s’approcher au plus près des neurones pour capter leurs potentiels électriques à l’aide d’électrodes.

    3 – Les Thérapies Digitales au service des Pathologies Neurologiques

    Le laboratoire commun Brain e-NOVATION est né de la mise en commun des expertises médicales de l’Institut du Cerveau et de la société Genious Healthcare spécialisée en santé digitale et en Dispositifs Médicaux Numériques. Genious Healthcare développe des Thérapies Digitales validées cliniquement et marquées CE. Elles sont diffusées sur la plateforme CURAPY.COM. Genious Healthcare fait partie du Groupe MindMaze, groupe mondial spécialisé en NeuroTechnologies. Venez découvrir nos jeux vidéo thérapeutiques visant la rééducation physique et cognitive des patients atteints de maladies neurologiques (Maladie de Parkinson, Maladie d’Alzheimer) au travers de vidéos en situation !

    4 – Care Lab : l’unité d’innovation technologique en santé

    Romain Gombert, responsable du Care Lab ; David Patole, ingénieur innovation ; Sara Benessiano, product manager

    Care Lab, créé en 2015 par l’Institut du Cerveau et l’APHP, a pour objectif d’imaginer et de proposer des innovations (technologies, produits, services) permettant de répondre à des besoins concrets de la chaine de soin en neurologie et en psychiatrie, en mettant l’utilisateur final et son environnement au centre du processus de conception. Cet atelier proposera de mieux comprendre l’innovation centrée sur l’utilisateur.

    5 – Visite de la Biobanque NeuroCEB

    Sabrina Leclère-Turbant, responsable de la biobanque NeuroCEB

    Visitez la biobanque NeuroCEB qui a pour missions de prélever, préparer, et conserver dans les meilleures conditions des prélèvements de système nerveux central. Les échantillons congelés à -80°C sont mis à la disposition des équipes de recherche. Le but est de faciliter la recherche sur le système nerveux humain et de favoriser la découverte de nouveaux traitements.

    6 – Introduction à la recherche sur les épilepsies

    Laurène Layus et Marina Maletic, doctorantes ; Théo Ribière et Alexandre Bacq, post-doctorants

    Les épilepsies affectent 1% de la population mondiale. A ce jour, de nombreux patients ne répondent pas aux traitements médicamenteux conventionnels. C’est pourquoi il est important d’identifier les mécanismes pathologiques qui conduisent à certaines formes d’épilepsies. Notre équipe de recherche s’intéresse plus particulièrement aux épilepsies focales d’origine génétique. Dans cette vidéo, nous allons vous expliquer notre recherche allant de l’identification, chez les patients, de gènes à l’origine de l’épilepsie jusqu’à la découverte de leur fonction afin de proposer de nouveaux traitements. Ainsi, vous aurez une meilleure idée de la façon dont les chercheurs mènent leur enquête pour mieux comprendre ce qui se passe dans le cerveau des patients épileptiques.

    7 – SonoFIRST : Les ultrasons pour perméabiliser les vaisseaux cérébraux dans les glioblastomes nouvellement diagnostiqués

    Alexandre Carpentier, neurochirurgien et créateur de SonoCloud

    L’objectif de l’essai clinique SonoFIRST, vise à améliorer la survie des patients atteints de glioblastome grâce au dispositif thérapeutique à ultrasons pulsés de faible intensité, le sonocloud-9 (SC9). Ce dispositif hautement innovant permet de perméabiliser temporairement la barrière hémato-encéphalique pour augmenter la délivrance des chimiothérapies dans le cerveau.

    Biais, filtres cognitifs : quels mécanismes interviennent dans le processus de discrimination ?

    Violetta ZUJOVIC, cheffe d’équipe (Inserm), et Karim N’DIAYE, Ingénieur de Recherche (CNRS) et responsable opérationnel de la Plateforme PRISME , à l’Institut du Cerveau, interviendront sur le sujet des biais et filtres cognitifs lors d’un live Youtube, organisé par l’Espace des Sciences Pierre-Gilles de Gennes.

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    MARIE SKLODOWSKA-CURIE ACTIONS : 3 CHERCHEUSES DE L’INSTITUT DU CERVEAU RECOMPENSÉES https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/marie-sklodowska-curie-actions-institut-cerveau/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/marie-sklodowska-curie-actions-institut-cerveau/#respond Wed, 03 Mar 2021 10:58:31 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20928 Les résultats du prestigieux financement européen sont tombés ! 3 chercheuses de l’Institut du Cerveau en sont lauréates.

    Les bourses Marie Sklodowska-Curie Actions En savoir plus ]]> Les résultats du prestigieux financement européen sont tombés ! 3 chercheuses de l’Institut du Cerveau en sont lauréates.

    Les bourses Marie Sklodowska-Curie Actions (MSCA) sont des financements compétitifs d’excellence accordés à des chercheurs postdoctoraux ainsi qu’à des programmes de formation doctorale et postdoctorale exceptionnels. Elles font partie d’Horizon 2020, le programme-cadre de l’UE pour la recherche et l’innovation.

    Avec un montant total de 328 millions d’euros, l’Union européenne soutient les recherches de 1630 post-doctorants à travers l’Europe. Parmi ces derniers, 3 chercheuses de l’Institut du Cerveau. Un taux de succès de 27% pour l’Institut du Cerveau alors que la moyenne du taux succès est de moins de 13 % pour la section Sciences de la vie

    Les lauréats 2021 de l’Institut du Cerveau sont :

    • Alizée Lopez-Persem
    • Kathleen Cho
    • Sara Bizzotto

    « Encore une année exceptionnelle pour les jeunes chercheuses de l’Institut du Cerveau. Toutes mes félicitations à ces scientifiques très prometteuses, qui vont poursuivre des recherches de pointe en neurosciences au sein de notre Institut. »

    Pr. Alexis Brice, directeur général de l’Institut du Cerveau

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    Journée internationale des maladies rares https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-mondiale-des-maladies-rares/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-mondiale-des-maladies-rares/#respond Sun, 28 Feb 2021 09:59:21 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20903 En cette journée mondiale dédiée aux maladies rares, l’Institut du Cerveau vous propose un focus sur la paralysie supra-nucléaire progressive, qui touche En savoir plus ]]> En cette journée mondiale dédiée aux maladies rares, l’Institut du Cerveau vous propose un focus sur la paralysie supra-nucléaire progressive, qui touche aujourd’hui environ 10.000 personnes en France et dont certains symptômes sont proches de ceux de la maladie de Parkinson.

    Une maladie est dite rare lorsqu’elle affecte moins d’une personne sur 2000 soit moins de 33.000 patients en France. On connait aujourd’hui plus de 7.000 maladies rares dont 75% débutent dans l’enfance et environ 800 affectent le système nerveux central.

    Les maladies rares sont souvent sévères, chroniques et handicapantes et peuvent entrainer une perte totale d’autonomie dans 9% des cas.

    A l’Institut du Cerveau, 12 maladies neurologiques rares * sont étudiées de leur composante génétique, jusqu’à leurs conséquences comportementales et motrices.

    *Sclérose Latérale Amyotrophique, Maladie de Huntington, Dystonies, Maladies à prions, Ataxies, Démence Fronto-Temporales, Paraplégies Spastiques, Syndrome de Gilles de la Tourette, Syndrome de déficit en GLUT-1, Leucodystrophies, Mouvements en miroir et Paralysie Supranucléaire Progressive.

    Pour connaitre les avancées de l’institut du Cerveau pour toutes ces pathologies, retrouvez ici Nadya PYATIGORSKAYA, neurologue spécialiste en imagerie médicale (AP-HP) et chercheuse à l’Institut dans l’équipe co-dirigée par les Prs Marie VIDAILHET et Stéphane LEHERICY qui nous présente en vidéo son projet sur la Paralysie Supranucléaire Progressive. Ce projet est soutenu par l’association PSP France.

     

     

    La Paralysie Supranucléaire Progressive (PSP) aussi appelée Syndrome de Steele-Richardson- Olszewski, est une maladie neurodégénérative rare qui touche entre 5000 et 10 000 personnes en France. Elle représente 3 à 6% des syndromes parkinsoniens atypiques. Le tableau clinique de cette pathologie est proche de celui de la maladie de Parkinson avec cependant des signes cliniques spécifiques, comme une instabilité de la posture à l’origine de chutes en arrière, une hypertonie des muscles du cou vers l’arrière et des troubles ou une paralysie des mouvements des yeux. La paralysie supranucléaire progressive est caractérisée par l’accumulation anormale d’une protéine, la protéine tau, dans les neurones qui entraîne leur dégénérescence.

     

    Pour en savoir plus la paralysie supranucléaire progressive (causes, mécanismes biologiques, symptômes, diagnostic, traitements), rendez-vous ici :  institutducerveau-icm.org

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    Communiquer pendant nos rêves https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/communiquer-pendant-nos-reves/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/communiquer-pendant-nos-reves/#respond Thu, 18 Feb 2021 16:03:24 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20834 Lorsque nous rêvons, nous sommes à première vue coupés du monde, incapables de recevoir des informations de l’environnement et d’y répondre. Pour la première En savoir plus ]]> Lorsque nous rêvons, nous sommes à première vue coupés du monde, incapables de recevoir des informations de l’environnement et d’y répondre. Pour la première fois, une collaboration entre une équipe de l’Institut du Cerveau et plusieurs groupes américains, allemands et néerlandais, montre qu’une communication à double-sens, de l’expérimentateur vers le rêveur et vice-versa est possible au cours du rêve. Ces résultats, publiés dans Current Biology, ouvrent la voie à une meilleure compréhension scientifique du rêve et du sommeil.

    Pourquoi rêvons-nous ? De quoi rêvons-nous exactement ? Que se passe-t-il dans notre cerveau au cours de cette expérience si mystérieuse ? Autant de questions qui passionnent les chercheurs en neurosciences et auxquelles il est particulièrement difficile de répondre. En effet, les connaissances scientifiques sur le rêve s’appuient aujourd’hui principalement sur le récit qu’en fait le rêveur à son réveil. Des biais de mémoire, d’autocensure ou encore de fabulation sont donc possibles.

    Pour faire avancer la recherche, les scientifiques se sont donc tournés vers les « rêveurs lucides », des individus conscients de rêver lorsqu’ils rêvent et, pour certains, capables d’influer sur le scénario de leur rêve. Des études ont notamment montré que ces rêveurs étaient capables d’informer de leur lucidité et donc du début et de la fin d’une tâche prédéfinie réalisée en rêve (par exemple, retenir sa respiration), grâce à un code oculaire préalablement appris. Cette communication était cependant à sens unique, seul le rêveur étant à même d’envoyer un signal qu’il a conscience qu’il rêve.

    « L’idée d’une communication à double-sens pouvait paraître une ambition inatteignable. Comment communiquer avec quelqu’un d’endormi ? Mais si nous montrions qu’elle était possible, de nouvelles pistes fascinantes s’ouvraient pour l’étude du rêve », explique Delphine Oudiette, chercheuse Inserm à l’Institut du cerveau.

    L’équipe a d’abord fait appel à un rêveur lucide très expérimenté pour essayer d’établir cette double communication. Les chercheurs ont utilisé différents types de stimulations, comme des questions ouvertes posées à voix haute : « est-ce que tu aimes ci ou ça ? », des stimuli tactiles (tapotements sur la main à compter) ou encore des tâches de discrimination sémantiques (distinguer des mots simples comme « haut », « bas » …). Le sujet endormi devait ensuite répondre à ces questions en contractant les muscles de son visage (par exemple en souriant pour dire ‘oui’ et en fronçant les sourcils pour dire ‘non’).

    Les résultats de ces expérimentations suggèrent que le sujet était capable de répondre à un certain nombre de ces stimulations alors qu’il était endormi. Au réveil, il a par ailleurs rapporté que la voix de l’expérimentatrice survenait comme une « voix divine » au beau milieu de son rêve, dans lequel il faisait la fête avec des amis.

    « Nous avions donc une première preuve de concept qu’un dialogue avec un rêveur est possible. Nous nous sommes alors aperçus que plusieurs autres laboratoires dans le monde conduisaient des expériences similaires. Dans notre équipe, nous menons nos études avec des sujets narcoleptiques car leur accès au sommeil paradoxal, au cours duquel le rêve lucide se produit, est privilégié, mais d’autres réalisent leurs expérimentations sur des sujets sans troubles du sommeil. » poursuit Delphine Oudiette.

    Les différents groupes, français, américains, allemands et néerlandais, ont donc décidé de mettre leurs données, obtenues d’études réalisées indépendamment, en commun. Cette collaboration leur a permis de confirmer avec des données supplémentaires qu’il est possible d’avoir une communication bidirectionnelle au cours du rêve. Dans les différentes études, les sujets étaient par exemple capables de répondre aux questions des expérimentateurs (par exemple à des exercices de calcul mental) par le biais d’un code oculaire ou de la contraction des muscles faciaux. En combinant ces tâches et des enregistrements électrophysiologiques, les chercheurs ont montré que les rêveurs étaient toujours en sommeil paradoxal lorsqu’ils répondaient aux questions.

    S’il s’agit pour le moment d’une preuve de concept que la communication à double-sens est possible (les conditions dans lesquelles elle a été établie étant particulièrement difficiles à mettre en place hors d’un contexte expérimental), les implications pour la recherche portant sur le sommeil, le rêve ou même la conscience sont majeures. Ces travaux remettent en cause l’idée selon laquelle nous sommes complètement coupés du monde lors du sommeil, incapables de recevoir ou d’envoyer des informations à notre environnement.

    La possibilité de communiquer avec le rêveur ouvre également des perspectives pour identifier des marqueurs physiologiques de la conscience et du rêve et décoder l’activité de notre cerveau au cours de l’expérience onirique, afin de mieux comprendre le rôle du rêve et du sommeil.

    Source

    Real-time dialogue between experimenters and dreamers during REM sleep. Konkoly KR. et al. Current Biology, février 2021 DOI: https://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(21)00059-2

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    Prix Jeune Chercheur de la fondation des Treilles https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/prix-jeune-chercheur-de-fondation-treilles-institut-cerveau/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/prix-jeune-chercheur-de-fondation-treilles-institut-cerveau/#respond Thu, 18 Feb 2021 11:11:40 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20852 Alizée Lopez-Persem, post-doctorante, et Federica Cacciamani, doctorante, à l’Institut du Cerveau, font partie des lauréats 2021 du prix Jeune Chercheur de la En savoir plus ]]> Alizée Lopez-Persem, post-doctorante, et Federica Cacciamani, doctorante, à l’Institut du Cerveau, font partie des lauréats 2021 du prix Jeune Chercheur de la Fondation des Treilles.

    Chaque année, la Fondation des Treilles remet une vingtaine de prix « Jeune Chercheur » dont le but est de soutenir les travaux de chercheurs en fin de thèse ou en post-doctorat. Parmi les lauréats de cette année, Alizée Lopez-Persem, post-doctorante dans le groupe d’Emmanuelle Volle au sein du Frontlab et Federica Cacciamani, doctorante sous la direction de Stéphane Epelbaum dans l’équipe Aramis.

     

    Après une thèse sur les bases neurales de la prise de décision à l’Institut du Cerveau et un post-doctorat à l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) sur la dynamique des réseaux cérébraux, Alizée Lopez-Persem a rejoint la CréaTeam, groupe de recherche sur la créativité au sein du Frontlab, où elle développe actuellement des approches computationnelles des processus créatifs et de l’exploration mentale.

     

     

    « C’est un honneur de recevoir ce prix prestigieux. Mon projet de recherche vise à mieux comprendre les mécanismes cérébraux de la génération d’idées, en combinant des approches computationnelles à de la neuroimagerie. Ce travail pourra je l’espère ouvrir la voie à de nouveaux projets orientés vers la réhabilitation cognitive clinique, en proposant un outil de caractérisation et d’entraînement de la créativité. » Alizée Lopez-Persem

     

     

     

     

    Neuropsychologue et neuroscientifique, après diverses expériences professionnelles en Italie et à Paris, Federica Cacciamani prépare actuellement un doctorat à l’Institut du Cerveau sur les indicateurs cliniques / cognitifs précoces de la maladie d’Alzheimer.

     

     

    « Mes recherches visent à caractériser la plainte cognitive typique des stades pré-démentiels de la maladie d’Alzheimer et à comprendre à quel point le patient est conscient de ses changements cognitifs en cours. Une meilleure description et compréhension des premiers stades de la maladie d’Alzheimer est particulièrement importante afin d’anticiper le diagnostic. » Federica Cacciamani

     

     

     

     

     

    A propos de la Fondation des Treilles

    La Fondation des Treilles, créée par Anne Gruner Schlumberger, a notamment pour vocation d’ouvrir et de nourrir le dialogue entre les sciences et les arts afin de faire progresser la création et la recherche contemporaines. Elle accueille également des chercheurs et des écrivains dans le domaine des Treilles (Var) www.les treilles.com

     

     

     

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    journée internationale des femmes et des filles de science https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-internationale-des-femmes-filles-de-science/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-internationale-des-femmes-filles-de-science/#respond Thu, 11 Feb 2021 14:45:44 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20784 A l’occasion de la journée internationale des femmes et des filles de science, l’Institut du Cerveau souhaite réaffirmer son soutien à toutes celles qui En savoir plus ]]> A l’occasion de la journée internationale des femmes et des filles de science, l’Institut du Cerveau souhaite réaffirmer son soutien à toutes celles qui quotidiennement œuvrent pour qu’un jour nous puissions toutes et tous combattre efficacement les maladies neurologiques et psychiatriques au sein de notre Institut et partout dans le monde.

    Selon les statistiques de l’Unesco : moins de 30% des chercheurs dans le monde sont des femmes. Sur 583 prix Nobel décernés depuis 1901, seuls 18 ont récompensés des travaux de recherche menés par des femmes, soit 3%.

    La minimisation de la contribution des femmes scientifiques à la recherche n’est pas un phénomène nouveau. Margaret ROSSITER , professeur d’histoire des sciences américaine l’a appelé « effet Matilda » en 1968 pour désigner le manque de reconnaissance systématique des contributions des femmes en sciences, qui sont généralement attribuées à leurs collègues masculins. Matilda Joslyn GAGE (1826-1898) est une féministe, écrivaine américaine qui dénonçait le fait que les hommes s’attribuaient les pensées intellectuelles des femmes.

    Si on vous dit Marie CURIE, pionnière de la recherche sur la radioactivité, vous savez qu’elle a été récompensée d’un prix Nobel en 1903 pour les travaux menés avec son mari, mais savez-vous qu’en 1911, elle obtient un second Prix Nobel, cette fois-ci en chimie et seule, pour ses travaux sur le polonium et le radium.

    Connaissez-vous Barbara MCCLINTOCK qui a remporté le prix Nobel en 1983 pour sa découverte de la transposition génétique, ou la capacité des gènes à changer de position sur le chromosome.

    Ou encore Gertrude ELION, biochimiste et pharmacologue, nobélisée en 1988 grâce à la découverte de médicaments pour traiter la leucémie et prévenir le rejet en cas de greffe rénale.

    Dans le domaine plus spécifique des neurosciences saviez-vous que Rita LEVI-MONTALCINI,  neurologue italienne, a reçu le prix Nobel de physiologie en 1986 pour sa découverte des facteurs de croissance des cellules nerveuses.

    Mais il existe aussi les chercheuses « oubliées » dont les découvertes ont permis à d’autres d’être nobélisées.

    Marthe GAUTIER qui a découvert le chromosome 21 surnuméraire de la trisomie 21, découverte pour laquelle Jérôme LEJEUNE a été récompensé en 1958.

    Son histoire n’est pas sans rappeler celle d’ Augusta DEJERINE-KLUMPKE, neurologue française, première femme reçue au concours de l’Internat des hôpitaux de Paris en 1886 et dont les travaux sur l’Anatomie du système nerveux et la Sémiologie des affections du système nerveux seront en très grande partie attribués à son mari Jules DEJERINE, neurologue lui aussi . Ou encore Marcelle LAPICQUE, neurophysiologiste française, connue pour ses recherches sur les impulsions nerveuses, en particulier la chronaxie, ainsi que sur les effets des poisons, notamment la strychnine. Bien qu’éclipsée par son mari Louis Lapicque, dans l’histoire des sciences, ce dernier a insisté sur l’importance du rôle de sa femme dans toutes ses recherches.

    Et bien d’autres, comme Denise ALBE-FESSARD, neurophysiologiste française connue notamment pour ses recherches fondamentales sur les voies de la douleur dans le système nerveux central, qualifiée de  « scientifique et de femme remarquables… J’ai été particulièrement impressionné par la force de sa personnalité et par le mélange de charme et de détermination qui lui ont permis de s’élever au sommet de sa profession, alors même que la science était jusqu’à très récemment un monde masculin » par Fernando CERVERO, éminent anesthésiste contemporain.

    Cette liste pourrait être longue car bien d’autres femmes ont contribué et contribuent encore chaque jour à des découvertes essentielles à notre santé, notre environnement et notre vie sans pour autant être connues ou reconnues.

    En relation avec l’actualité, Katalin KARIKO, biochimiste d’origine hongroise a consacré sa vie à la recherche sur l’ARN messager, sa découverte étant à l’origine des premiers vaccins en circulation aujourd’hui pour lutter contre la Covid-19, ce qui lui vaut actuellement les qualificatifs de « sauveuse de l’humanité » et de « futur prix Nobel ».

    La Journée internationale des femmes et des filles de science a pour ambition de promouvoir l’accès et la participation pleine et équitable des femmes et des filles à la science, mais aussi et surtout d’ériger des modèles pour inspirer les générations de filles et femmes à venir.

    Les neurosciences ont démontré depuis plusieurs années, contrairement aux préjugés, que le cerveau humain n’a pas de sexe. 90% de ses connections se construisent progressivement durant le développement sur base des influences sociales, de la famille, des structures de la société, de la culture, … C’est donc la société elle-même qui perpétue entre autres ces biais de genre.

    Afin que les femmes ne restent plus en retrait dans les domaines scientifiques en dépit de leur brillants résultats, l’Institut du Cerveau comme de nombreux autres instituts à l’échelle mondiale, agit notamment en proposant des formations de « confiance en soi » à ses chercheuses, en promouvant leurs travaux et en veillant à l’égalité des chances concernant les recrutements ou les promotions grâce au Comité pour l’équité entre femmes et hommes « Comité XX Initiative », partie intégrante du système de gouvernance de l’institut.

    « Une première approche du Comité pour l’équité entre femmes et hommes de l’Institut, (Publication dans la revue Nature Human Behavior en octobre 2019) consiste à mettre en évidence l’impact des biais cognitifs, indépendants de notre volonté mais très enracinés dans notre mentalité et qui constituent une influence puissante sur presque tous nos choix. La communauté neuroscientifique est à la pointe, non seulement de la sensibilisation à de tels biais inconscients, mais elle dispose également des outils nécessaires pour comprendre leurs origines cognitives et briser les stéréotypes de la société. L’Institut du Cerveau soutient la démarche innovante de sensibilisation aux biais cognitifs proposée par le Comité pour l’équité entre femmes et hommes, et intègre dans son plan de formation à 3 ans, l’accompagnement de l’ensemble de ses chefs d’équipes, responsables de plateformes et directeurs dans une démarche de changement culturel visant à favoriser l’équilibre des chances dans la vie professionnelle. Ces formations ont pour ambition de faire connaître et reconnaître les préjugés inconscients liés au genre que nous perpétuons et transmettons et de développer des « coups de pouce » permettant, via des astuces, d’inciter à l’équité femmes/homme plutôt que de contraindre. »

    Récemment, l’Institut du Cerveau a signé la Déclaration ALBA sur l’équité et l’inclusivité.

     « Il est très important pour l’Institut du Cerveau de s’engager avec le réseau ALBA pour plus de diversité, d’inclusion et d’équité dans la science. Au cours des dernières années, avec notre comité « gender equity », nous avons renforcé notre engagement sur ces questions et espérons aller encore plus loin en rejoignant ce réseau ».

    Pr Alexis Brice, directeur général de l’Institut du Cerveau.

     

    A l’Institut du Cerveau aujourd’hui :

    Sur 25 équipes, 13 femmes cheffe d’équipe, 10 en co-direction avec des hommes et 3 en direction totale

    67% des post-doctorantes sont des femmes

    55% des doctorantes sont des femmes

    61% des ingénieures et techniciennes sont des femmes

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    L’association Amour Amour Amour se mobilise au profit de l’Institut du Cerveau https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/amour-amour-amour/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/amour-amour-amour/#respond Mon, 01 Feb 2021 00:15:02 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=20829 [caption id="attachment_20831" align="alignleft" width="225"]Amour amour amour Julien avec son neveu Hector[/caption]

    Depuis le début de cette année, une très belle action caritative se En savoir plus ]]> Amour amour amour

    Julien avec son neveu Hector

    Depuis le début de cette année, une très belle action caritative se déroule grâce à l’énergie et la motivation des membres d’Amour Amour Amour – mouvement créé il y a deux ans suite à la disparition de Julien Gusman, victime d’un cancer du cerveau à l’âge de 26 ans pour lequel il a mené un combat exemplaire.

    « Amour Amour Amour » – 3 mots inscrits sur le tee-shirt préféré de Julien, reflets de sa personnalité, devenus un symbole inébranlable de rassemblement, d’amour et de joie de vivre pour sa famille et ses proches. Aujourd’hui, ces derniers souhaitent porter plus loin leur engagement en soutenant des associations afin d’aider toutes celles et ceux qui luttent avec courage contre le cancer, soutenus par leurs familles et leurs médecins.

    C’est ainsi qu’Amour Amour Amour a choisi de se mobiliser pour l’Institut du Cerveau tout au long cette année 2021. Cet engagement permettra de faire progresser les recherches sur les tumeurs cérébrales en cours dans l’équipe « Génétique et développement des tumeurs cérébrales » dirigée par le Pr Marc Sanson et le Pr Emmanuelle Huillard.

    Grâce à une énorme mobilisation, près de 21 450 € ont été déjà été récoltés via la création d’une page de collecte Alvarum dédiée et la vente de goodies (teeshirt, pochette et kit de broderie) à l’effigie de l’association. Un véritable succès !

    D’autres événements viendront marquer cette année dont notamment l’organisation d’un échange live avec des chercheurs de l’équipe « Génétique et développement des tumeurs cérébrales » et l’organisation d’évènements sportifs si la situation sanitaire le permet.

    Ce soutien est essentiel pour accompagner les chercheurs au quotidien dans la découverte de traitements pour les maladies neurologiques. L’Institut du Cerveau est touché par cette générosité et remercie chaleureusement toute l’équipe d’Amour Amour Amour.

    Amour amour amour

     

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