Institut du Cerveau https://institutducerveau-icm.org Wed, 21 Jul 2021 13:24:49 +0000 https://wordpress.org/?v=4.9.13 hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.13 Dégénérescences fronto-temporales et variant logopénique de l’aphasie primaire progressive https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/degenerescences-fronto-temporales-aphasie-primaire-progressive/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/degenerescences-fronto-temporales-aphasie-primaire-progressive/#respond Tue, 20 Jul 2021 11:51:00 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21676 Une étude publiée dans le journal Neurology, conduite par Dario Saracino, Isabelle Le Ber (AP-HP) et leurs collaborateurs, met en évidence l’importance de tester les En savoir plus ]]> Une étude publiée dans le journal Neurology, conduite par Dario Saracino, Isabelle Le Ber (AP-HP) et leurs collaborateurs, met en évidence l’importance de tester les mutations d’un gène particulier, le gène de la progranuline (GRN), afin de distinguer les aphasies primaires progressives associées à la maladie d’Alzheimer de celles issues d’une dégénérescence fronto-temporale.

Les dégénérescences fronto-temporales (DFT) sont des pathologies particulièrement hétérogènes dont le diagnostic est difficile. Elles prennent des formes différentes qui semblent parfois très éloignées mais qui peuvent appartenir aux mêmes causes génétiques, comme les mutations du gène de la progranuline (GRN). Ces dernières se manifestent habituellement par une variante comportementale de DFT, se caractérisant par des troubles du comportement et des conduites sociales.

« Identifier les mutations génétiques associées aux DFT est capital. Ces maladies n’ont aujourd’hui pas de traitement efficace. L’étude des formes génétiques majeures de ces maladies ouvre la voie à une meilleure compréhension des processus pathologiques sous-jacents et à la possibilité d’intervenir sur ceux-ci par des thérapies innovantes lorsqu’elles seront disponibles. » explique Dario Saracino, neurologue et premier auteur de l’étude.

Plus rarement, les DFT peuvent s’exprimer comme des aphasies primaires progressives (APP), avec une atteinte progressive du langage. Les APP se distinguent en trois variantes :

  • Non fluente, avec des difficultés à produire ou comprendre des phrases complexes sur le plan syntactique, ainsi que des troubles de l’articulation du langage ;
  • Sémantique, avec une perte de la signification des mots ;
  • Logopénique, où l’élément principal est le manque du mot.

Les variantes non-fluentes et sémantiques sont clairement associées aux dégénérescences fronto-temporales, ce qui est confirmé par les analyses neuropathologiques dans le cerveau des patients.

Au contraire, la forme logopénique est dans 75 à 85% des cas associée à des lésions de la maladie Alzheimer, avec la présence de plaques amyloïdes et de dégénérescence neurofibrillaire, comme le montrent les études neuropathologiques, ou reposant sur l’analyse des biomarqueurs dans le LCR ou l’imagerie TEP amyloide (PiB). Pourtant, il a récemment été montré que 15 à 20% des patients présentant une aphasie primaire progressive logopénique n’ont pas de lésions typiques de maladie d’Alzheimer (formes dites « amyloïde-négatives »). La ou les causes de ces formes amyloïde-négatives demeurent inconnues.

L’étude conduite par Dario Saracino, Isabelle Le Ber (AP-HP) et leurs collaborateurs, est issue d’un travail multicentrique prospectif qui a débuté il y a plus de 20 ans, réunissant les principaux centres experts des DFT en France, collaborant dans le cadre du Réseau national de recherche sur les DFT. Près de 2 000 patients ont été recensés et un grand nombre de données cliniques, génétiques et d’imagerie ont été collectées par ce réseau. Cette cohorte importante a permis d’étudier une série conséquente de patients atteints d’une APP et porteurs de mutation du gène GRN, pour tirer de plus larges conclusions sur cette forme rare de DFT.

« Aujourd’hui, la recherche sur ces formes de DFT n’a produit que des rapports de cas uniques ou de petite cohorte, qui ne fournissaient pas d’informations cliniquement utilisables, c’est-à-dire les caractéristiques qui face à un patient présentant une aphasie primaire progressive, amenaient à tester des gènes, comme par exemple le gène GRN. » poursuit Dario Saracino.

Les chercheurs ont montré que la forme la plus fréquente chez ces patients avec APP liée à une mutation du gène GRN était la forme logopénique. « Les profils d’imagerie des patients atteints d’une APP logopénique associée à une maladie d’Alzheimer ou à une mutation GRN sont comparables. Cela souligne l’importance de caractériser le profil linguistique de ces patients pour cibler cette forme génétique, une fois la maladie d’Alzheimer écartée. » précise le clinicien-chercheur. L’étude a également permis d’éclaircir les caractéristiques-clés des autres variantes d’APP associées aux mutations de GRN, en particulier les formes non fluentes et mixtes.

Ces découvertes élargissent le spectre clinique associé aux mutations de GRN. Elles permettent de proposer une analyse diagnostique aux patients avec APP logopénique non-amyloïde, et un conseil génétique aux familles de ces patients, ainsi que de les orienter vers des protocoles observationnels et thérapeutiques. Compte tenu des traitements imminents et à venir, il est plus important que jamais de distinguer les APP dues à une mutation du gène GRN de celles liées à la maladie d’Alzheimer.

Source

Primary Progressive Aphasia Associated With GRN Mutations: New Insights Into the Nonamyloid Logopenic Variant. Saracino D, Ferrieux S, Noguès-Lassiaille M, Houot M, Funkiewiez A, Sellami L, Deramecourt V, Pasquier F, Couratier P, Pariente J, Géraudie A, Epelbaum S, Wallon D, Hannequin D, Martinaud O, Clot F, Camuzat A, Bottani S, Rinaldi D, Auriacombe S, Sarazin M, Didic M, Boutoleau-Bretonnière C, Thauvin-Robinet C, Lagarde J, Roué-Jagot C, Sellal F, Gabelle A, Etcharry-Bouyx F, Morin A, Coppola C, Levy R, Dubois B, Brice A, Colliot O, Gorno-Tempini ML, Teichmann M, Migliaccio R, Le Ber I; French Research Network on FTD/FTD-ALS.Neurology. 2021 Jul 6;97(1):e88-e102.

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/degenerescences-fronto-temporales-aphasie-primaire-progressive/feed/ 0
Brain to Market 7ème édition – Inscriptions ouvertes https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/brain-to-market-summer-school-2021/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/brain-to-market-summer-school-2021/#respond Fri, 16 Jul 2021 12:15:09 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21660 Les inscriptions pour la 7ème édition Brain to Market sont ouvertes ! Cette Summer School, organisé par l'Institut du Cerveau et le Collège des ingénieurs, aura lieu En savoir plus ]]> Les inscriptions pour la 7ème édition Brain to Market sont ouvertes ! Cette Summer School, organisé par l’Institut du Cerveau et le Collège des ingénieurs, aura lieu du 6 au 10 septembre 2021.

Pendant une semaine, des travaux de groupe pluridisciplinaires réunissant étudiants internationaux, diplômés, hommes d’affaires, gestionnaires, ingénieurs, concepteurs et développeurs suivront une série de conférences données par des experts scientifiques et des entrepreneurs. Cette rencontre entre la science  et le business permettra de créer des concepts innovants et de proposer des solutions nouvelles aux patients et aux systèmes de santé.

L’édition 2021 est consacrée à la psychiatrie adulte, avec un focus sur l’anxiété et l’addiction. Un panel d’expert accompagnera les participants jusqu’au jury final.

Informations pratiques :

  • Dates : 6 au 10 septembre 2021
  • Lieu : Institut du Cerveau, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, 47 Boulevard de l’Hôpital, 75013
  • Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 9 août 2021.
  • Pour plus d’informations :

Profil des participants :

50 places disponibles pour les profils suivants :

Chercheurs, cliniciens, cadres, ingénieurs et concepteurs qui souhaitent en savoir plus sur les aspects scientifiques ou commerciaux.

 

Expertise représentée :

1) Recherche et enseignement supérieur

L’Institut du Cerveau

Sorbonne Université

Collège des Ingénieurs

 

2) Soins de santé et défense des patients

Assistance Publique Hôpital de Paris (APHP/Groupe hospitalier de la région parisienne)

Associations de patients spécialisées dans la toxicomanie ou les maladies mentales

 

3) Industrie

Incubateur iPEPS

Partenaires divers : (Industrie pharmaceutique, startups, spécialiste du capital risque)

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/brain-to-market-summer-school-2021/feed/ 0
LES iCRIN, UNE PASSERELLE EXCEPTIONNELLE ENTRE RECHERCHE ET SOIN https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/icrin-passerelle-recherche-soin/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/icrin-passerelle-recherche-soin/#respond Tue, 13 Jul 2021 09:51:03 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21642 Rapprocher la recherche fondamentale et la recherche clinique fait partie intégrante du modèle de l’Institut du Cerveau. De nombreux projets liant ces deux domaines En savoir plus ]]> Rapprocher la recherche fondamentale et la recherche clinique fait partie intégrante du modèle de l’Institut du Cerveau. De nombreux projets liant ces deux domaines sont menés à l’Institut.

Parmi eux, les iCRIN – infrastructures de recherche clinique de l’Institut du Cerveau – lancées en 2019, sont l’une des expressions les plus pertinentes et prometteuses de cette volonté de l’Institut de poursuivre la structuration de la recherche clinique au plus près des patients.

AVC, maladie d’Alzheimer, neurogénétique, traumatismes crâniens, neuro-oncologie, psychiatrie… Organisées autour de 13 thématiques-clés explorant tous les champs du combat contre les maladies du cerveau, les iCRIN visent à développer les interactions entre les équipes de recherche de l’Institut du Cerveau et celles du Département Médico-Universitaire (DMU) de l’hôpital Pitié-Salpêtrière, et ce, afin de soutenir de nombreux projets de recherche clinique innovants dans les services de soins.

Retrouvez la présentation des 13 iCRIN de l’Institut sur cette page.

Trois exemples de projets très prometteurs conduits au sein de ces infrastructures

Traiter les tremblements liés à la maladie de Parkinson pour permettre aux patients de retrouver leur autonomie

La maladie de Parkinson se caractérise par la disparition des neurotransmetteurs essentiels au contrôle des mouvements du corps. Elle entraîne progressivement une invalidité et une perte d’autonomie chez les patients.

Les objectifs de l’Institut du Cerveau, avec l’équipe d’Olga Corti (Inserm) et du Pr Jean-Christophe Corvol (AP-HP. Sorbonne Université) travaillant sur la physiopathologie moléculaire de la maladie de Parkinson et l’équipe des Prs Marie Vidailhet et Stéphane Lehéricy (AP-HP. Sorbonne Université), sur les pathologies du mouvement, en lien avec le personnel médical et paramédical de l’unité Parkinson du service de neurologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, sont :

  • Identifier les marqueurs biologiques, génétiques, cliniques ou d’imagerie de la sévérité de la maladie ainsi que de la réponse aux traitements (pour diagnostiquer plus tôt et inclure les patients dans des essais thérapeutiques adaptés) ;
  • Mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques qui contrôlent les troubles moteurs et comportementaux des patients atteints de maladies du mouvement.

ZOOM SUR LE PROJET ULTRABRAIN

Ces travaux, alliant soins et technologie, visent à valider une nouvelle approche thérapeutique pour traiter les tremblements essentiels (pathologie associée à la maladie de Parkinson) en recourant à l’ablation d’une zone cérébrale localisée grâce à la neuromodulation par ultrasons. Grâce au transfert technologique opéré par l’Institut du Cerveau et son partenaire le laboratoire Physique pour la Médecine Paris (Inserm, ESPCI Paris, CNRS, PSL Research University), en collaboration avec la société Insightec, l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière permettra de proposer ce traitement révolutionnaire pour la 1re fois. Actuellement en phase 2, cet essai clinique en cours permet aux patients de bénéficier d’un traitement moins invasif que la stimulation cérébrale profonde et de limiter le handicap lié aux tremblements.

Diagnostiquer précocement la sclérose latérale amyotrophique (SLA) pour limiter les dommages irréversibles chez les patients

Aussi appelée maladie de Charcot, la sclérose latérale amyotrophique est une pathologie du vieillissement des neurones moteurs d’évolution très rapide, qui conduit une paralysie progressive de tous les muscles des membres et du tronc, une perte de la parole, de la déglutition et une insuffisance respiratoire.

Les objectifs de l’Institut du Cerveau, avec en lien avec Le personnel médical et l’équipe multidisciplinaire du Centre de Référence SLA de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, un des centres les plus importants d’Europe en termes de patients suivis, coordonné par le Dr François Salachas (AP-HP), sont :

  • Identifier les marqueurs biologiques, génétiques, cliniques ou d’imagerie, de la sévérité et de la progression de la maladie afin d’élucider son déclenchement et sa progression ;
  • Comprendre les mécanismes moléculaires et cellulaires impliqués dans la mort neuronale, de façon à trouver de nouvelles voies thérapeutiques.

ZOOM SUR LE PROJET PULSE

Le projet consiste à doser des neurofilaments dans le sérum des patients au début de la maladie. Il s’agit du premier marqueur biologique qui pourrait, de façon fiable, confirmer précocement le diagnostic de la SLA et préciser son pronostic. Le diagnostic précoce permet d’intervenir très tôt, pour arrêter efficacement les dommages irréversibles du processus neurodégénératif. A terme, ce marqueur pourrait détecter la maladie avant qu’elle ne se déclenche (sujets présymptomatiques), pour prévenir l’apparition des symptômes.

Comprendre les pathologies de la colonne vertébrale pour améliorer la qualité de vie des patients

La scoliose est une déformation tri-dimensionnelle de la colonne vertébrale responsable dans les stades sévères d’insuffisance respiratoire, de douleurs dorsales et d’atteinte des nerfs moteurs des membres inférieurs.

Les objectifs de l’Institut du Cerveau, avec l’équipe « Signalisation sensorielle spinale » dirigée par Claire Wyart (Inserm), en lien avec le personnel médical et paramédical du service de chirurgie orthopédique et traumatologique de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et le Dr Serge Zakine (AP-HP), chirurgien orthopédiste et co-investigateur principal de l’étude sont :

  • Identifier les gènes et les conséquences physiologiques de leurs mutations dans les scolioses idiopathiques familiales.
  • Suivre les patients avant et après une chirurgie de la colonne vertébrale.
  • Développer des études prospectives d’analyse de la relation entre les neurosciences et la chirurgie.

ZOOM SUR LE PROJET SCOGEN

Les équipes s’attachent d’une part à séquencer l’ADN de 20 familles afin d’identifier des mutations génétiques dans les scolioses familiales, et d’autre part, à étudier un modèle de poisson-zèbre, porteur des mutations des gènes candidats afin de comprendre comment ils peuvent influencer le développement de la colonne vertébrale et la locomotion. Ce projet pourrait, dans de courts délais, permettre aux patients de bénéficier de solutions diagnostiques et pronostiques innovantes permettant d’adapter à chaque patient le traitement des scolioses, avant qu’elles atteignent un stade d’évolution irréversible.

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/icrin-passerelle-recherche-soin/feed/ 0
Le professeur Gerard Saillant reçoit une distinction du Lions Club à l’Institut du Cerveau https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/professeur-gerard-saillant-recoit-distinction-lions-club-a-linstitut-cerveau/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/professeur-gerard-saillant-recoit-distinction-lions-club-a-linstitut-cerveau/#respond Mon, 12 Jul 2021 12:14:24 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21632 Jeudi 8 juillet 2021 à l’Institut du Cerveau, Mr Philippe Meignan, Immediat Past gouverneur du Lions Club district IIe-de-France Est, a remis la distinction « Melvin En savoir plus ]]> Jeudi 8 juillet 2021 à l’Institut du Cerveau, Mr Philippe Meignan, Immediat Past gouverneur du Lions Club district IIe-de-France Est, a remis la distinction « Melvin Jones Fellow » au Pr Gerard Saillant, président de l’Institut du Cerveau. Cet événement a eu lieu en présence du gouverneur du Lions Club district 103, Mr Yves Brousseau du premier vice-gouverneur Mr Philippe Guillemenot, du deuxième vice gouverneur Serge Oréal, et du professeur Alexis Brice directeur général de l’Institut du Cerveau.

La distinction Melvin Jones Fellow est nommée d’après le fondateur de l’association philanthropique Lions Club, afin d’honorer sa mémoire et de récompenser l’implication de ses membres et de ses sympathisants.

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/professeur-gerard-saillant-recoit-distinction-lions-club-a-linstitut-cerveau/feed/ 0
Braincast #7 : Alzheimer : les thérapies du futur avec Stéphane Epelbaum https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/braincast-7-therapies-alzheimer-stephane-epelbaum/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/braincast-7-therapies-alzheimer-stephane-epelbaum/#respond Tue, 06 Jul 2021 08:57:56 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21609 Depuis 30 ans, on attend un vrai traitement pour la maladie d'Alzheimer. Quand ce moment arrivera-t-il ?  Peut-être bientôt, nous explique Stéphane Epelbaum dans ce En savoir plus ]]> Depuis 30 ans, on attend un vrai traitement pour la maladie d’Alzheimer. Quand ce moment arrivera-t-il ?  Peut-être bientôt, nous explique Stéphane Epelbaum dans ce nouvel épisode de Braincast.

Nous sommes en effet à un tournant. Les outils de diagnostic précoce – jeux vidéo cognitifs, notamment, mais aussi marqueurs sanguins – bouleversent notre capacité de détection de la maladie, pendant que de nouveaux médicaments voient le jour. En premier lieu, des anticorps capables d’éliminer les substances toxiques de la maladie. Une fois ces approches validées dans les essais cliniques, c’est une nouvelle ère qui pourrait s’ouvrir. En avant-première dans Braincast, avec Cerveau & Psycho et l’Institut du cerveau.

Braincast, un podcast réalisé en partenariat avec l’Institut du cerveau.

Ce podcast est le rendez-vous de tous ceux qui s’intéressent à l’essor actuel des sciences du cerveau qui transforme notre société, et qui explique d’une façon nouvelle nos comportements, nos pensées, nos émotions, nos désirs… Régulièrement, ce podcast emmènera l’auditeur dans une conversation avec un chercheur qui a marqué sa discipline, pour revenir sur sa vie, son parcours, ce qui l’a passionné dans le monde des neurosciences. Durant ces 30 à 45 minutes, nous évoquerons les grandes découvertes et les émotions qui l’ont accompagné. Les regrets aussi, les failles qu’il reste à combler pour avancer sur le chemin des thérapies et de la connaissance. Ce moment privilégié, axé sur l’homme ou sur la femme dans leur dimension humaine et sur les fondements de la recherche en neurosciences, vont ouvrir pour l’auditeur des fenêtres sur le fonctionnement de son propre cerveau.

Un contenu initialement publié par  Cerveau & Psycho

 

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/braincast-7-therapies-alzheimer-stephane-epelbaum/feed/ 0
ARTE Éducation et l’Institut du Cerveau signent un partenariat pour sensibiliser les jeunes aux neurosciences https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/partenariat-arte-education-institut-du-cerveau/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/partenariat-arte-education-institut-du-cerveau/#respond Mon, 05 Jul 2021 13:46:03 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21600 ARTE Éducation et l’Institut du Cerveau, centre de recherche international sur les maladies neurologiques et psychiatriques situé au cœur de l’hôpital de la En savoir plus ]]> ARTE Éducation et l’Institut du Cerveau, centre de recherche international sur les maladies neurologiques et psychiatriques situé au cœur de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, ont signé un partenariat éducatif pour sensibiliser les lycéens aux neurosciences.

Tout au long de l’année scolaire 2021-2022, plusieurs actions seront menées sur Educ’ARTE, l’offre numérique de la chaîne pour les collèges et lycées. Des documentaires et magazines phares d’ARTE, en lien avec le cerveau, seront mis à l’honneur sur la plateforme. Comme pour l’ensemble des contenus d’Educ’ARTE, enseignants et élèves pourront les visionner en classe ou à la maison et se les approprier grâce à des outils interactifs. Avec l’aide du Comité pédagogique d’Educ’ARTE, du matériel pédagogique sera mis à disposition des enseignants pour les aider à traiter ce sujet dans plusieurs disciplines, en lien avec les programmes scolaires. Un projet pédagogique autour des neurosciences, réalisé avec l’appui scientifique de l’Institut du Cerveau, sera mené dans dix classes volontaires, sur tout le territoire français. Tous ces contenus seront accessibles aux 2200 établissements abonnés à Educ’ARTE en France, en Europe et dans les établissements français à l’étranger.

Ce partenariat permettra également de faire connaître et d’encourager les collégiens et lycéens de toute la France à participer au concours international de neurosciences, Brain Bee. Depuis 2019, l’Institut du Cerveau organise le concours national France Brain Bee avec pour mission d’aider les plus jeunes à se familiariser avec le cerveau et ses fonctions, de les informer sur les carrières en neurosciences et de dissiper les idées fausses sur les maladies du cerveau. L’édition 2022 du concours international se déroulera pour la première fois en France à Paris. L’Institut du Cerveau, en collaboration avec la FENS (Federation of European Neuroscience Societies) aura l’honneur d’être co-hôte de ce prestigieux évènement.

Avec ce partenariat, l’Institut du Cerveau, dont l’objectif premier est de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau et d’accélérer la mise au point de traitements pour les maladies du système nerveux, poursuivra ainsi son investissement pour l’enseignement aux neurosciences au travers de son organisme de formation, Open Brain School. Pour sa part, ARTE Éducation poursuit le développement d’Educ’ARTE comme ressource de référence pour favoriser l’ouverture culturelle des jeunes sur tous les sujets, y compris les domaines scientifiques.

A propos d’ARTE Education

ARTE Education est la filiale d’ARTE en charge de développer les projets éducatifs de la chaîne culturelle européenne. Elle propose aujourd’hui deux plateformes en France, en Allemagne et à l’international, disponibles sur abonnement des établissements : Educ’ARTE, pour les collèges et lycées ; ARTE Campus, pour l’enseignement supérieur et la formation des adultes.

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/partenariat-arte-education-institut-du-cerveau/feed/ 0
ATTENTION ET ONDES LENTES DU SOMMEIL https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/attention-ondes-lentes-sommeil/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/attention-ondes-lentes-sommeil/#respond Tue, 29 Jun 2021 15:25:40 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21576 L’attention nous permet d’allouer nos ressources cognitives aux signaux provenant du monde extérieur. Nous sommes en effet bombardé d’informations en permanence En savoir plus ]]> L’attention nous permet d’allouer nos ressources cognitives aux signaux provenant du monde extérieur. Nous sommes en effet bombardé d’informations en permanence et c’est grâce à notre attention que nous pouvons nous concentrer sur les signaux les plus pertinents.

Toutefois, si notre attention est une loupe extrêmement flexible, elle est limitée dans sa stabilité et nous échouons souvent à maintenir notre attention sur une activité précise. Se concentrer est d’autant plus difficile lorsque l’activité en question suscite peu d’intérêt. Des études récentes indiquent que nous passerions la moitié de notre temps éveillé à penser à autre chose que la tâche en cours. C’est ce qu’on appelle le « vagabondage de l’esprit ». Parfois, les pertes d’attention peuvent conduire à un « vide mental » et une suspension partielle du flux de pensées conscientes.

Ces pertes d’attention peuvent avoir des conséquences dramatiques immédiates (accidents du travail ou de la route) ainsi que sur le long-terme (perte de productivité, diminution des performances académiques, etc). Ces pertes d’attention sont d’autant plus fréquentes lors nous sommes fatigués, suggérant un lien entre pertes d’attention et sommeil.

Thomas ANDRILLON, chercheur INSERM dans l’équipe co-dirigée par les Prs Marie VIDAILHET et Stéphane LEHERICY « Mov’it : mouvement, investigations, thérapeutique. Mouvement normal et anormal : physiopathologie et thérapeutique expérimentale » vient de publier un article dans la prestigieuse revue scientifique Nature Communications montrant que l’apparition d’ondes lentes similaires à celles observées en phase de sommeil permettait de prédire les pertes d’attention.

Pour comprendre les mécanismes neuronaux qui sous-tendent les pertes d’attention, l’équipe a étudié le comportement, le ressenti et l’activité neuronale de participants sains (contrôles) effectuant une tâche précise.

Le protocole de l’étude comprenait des « pauses » dans l’activité ou il était demandé aux participants de décrire l’orientation de leur attention comme étant centrés sur la tâche, vagabondant ou absente.

D’autre part un enregistrement des signaux électriques du cerveau des participants par l’électroencéphalographie à haute densité, a montré que lors des pertes d’attention des participants il était possible d’enregistrer une activité neuronale caractéristique de la transition entre l’état de veille et le sommeil. Ces ondes lentes, proches de celle du sommeil, sont présentes dans les différents cas de pertes d’attention : « vagabondage » comme « vides mentaux ». En revanche, la distribution spatiale de ces ondes lentes, soit les régions cérébrales affectées, distinguent entre les différentes types de pertes d’attention.

Ces résultats suggèrent que les interruptions de l’attention ont une origine physiologique commune liée à l’émergence d’une activité locale semblable au sommeil dans un cerveau éveillé mais fatigué, et ouvrent des pistes pour l’étude des troubles de l’attention pathologiques.

Source : https://www.nature.com/articles/s41467-021-23890-7

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/attention-ondes-lentes-sommeil/feed/ 0
Les Classic Days : un soutien sans faille pour l’Institut du Cerveau https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/classic-days-institut-cerveau/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/classic-days-institut-cerveau/#respond Fri, 25 Jun 2021 13:34:20 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21598 Après une édition 2020 particulière, l’équipe des Classic Days persévère et ne baisse pas les bras pour proposer un spectacle toujours plus exceptionnel, ces 26 et En savoir plus ]]> Après une édition 2020 particulière, l’équipe des Classic Days persévère et ne baisse pas les bras pour proposer un spectacle toujours plus exceptionnel, ces 26 et 27 juin.

Au programme de cette 14ème édition, deux jours intenses en immersion dans l’univers de l’automobile ancienne avec plus de 1 500 voitures inscrites de presque 115 marques différentes, avec des sessions de roulage libres sur piste, mais aussi un rallye touristique, un village marchand sans oublier les fameuses parades et de nombreuses animations. Passion, plaisir et convivialité seront les ingrédients des Classic Days pour passer un agréable moment entre amis ou en famille.

A cette occasion, et ce depuis de nombreuses années, l’Institut du Cerveau bénéficiera du soutien fidèle des Classic Days. En effet, dimanche 27 juin, 10 euros seront reversés à l’Institut pour chaque voiture présente lors de la Parade Autosur Classic, pour soutenir les recherches sur les maladies neurologiques.

L’Institut du Cerveau tient à remercier chaleureusement toute l’équipe des Classic Days pour leur engagement.

Plus d’informations sur https://classic-days.fr

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/classic-days-institut-cerveau/feed/ 0
Journée mondiale SLA 2021 : les enjeux de la neuroinflammation https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-mondiale-sla-2021-neuroinflammation/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-mondiale-sla-2021-neuroinflammation/#respond Mon, 21 Jun 2021 08:00:24 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21522 A l’occasion de la journée mondiale de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie de Charcot, l’Institut du Cerveau revient sur une dimension clé de la En savoir plus ]]> A l’occasion de la journée mondiale de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie de Charcot, l’Institut du Cerveau revient sur une dimension clé de la maladie, particulièrement étudiée par ses équipes : la neuroinflammation. Au-delà de mieux comprendre les mécanismes de la maladie, l’étude de la composante immunitaire pourrait ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques.

Les macrophages périphériques : une piste prometteuse

Les motoneurones spinaux affectés dans la SLA ont la particularité d’être entourés par deux types de cellules immunitaires : des cellules microgliales dans la moelle épinière et par des macrophages périphériques au niveau du nerf, la partie du motoneurone sortant de la colonne vertébrale pour se connecter au muscle en périphérie. Le rôle de ces cellules immunitaires est de défendre l’organisme lors d’une infection mais aussi de contribuer à la cicatrisation des tissus lésés. Les cellules microgliales (ou microglie) sont un sous-groupe de macrophages localisés dans le système nerveux central (moelle épinière et cerveau). 

Alors que le rôle de la microglie dans la dégénérescence des motoneurones dans la SLA est aujourd’hui admis, le rôle des macrophages issus de la circulation dans ce mécanisme était encore controversé. L’équipe de Séverine Boillée (Inserm) a mis en évidence la capacité des macrophages périphériques à influencer, de la périphérie, à la fois la réponse des cellules microgliales dans le système nerveux central et la dégénérescence des motoneurones, avec un retard d’apparition des symptômes de la maladie et un allongement significatif de la durée de vie dans le modèle murin.

Les auteurs de ces travaux, publiés dans Nature Neuroscience, concluent pour la première fois, à un rôle important des macrophages périphériques dans l’évolution de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), ouvrant ainsi la voie à de nouvelles approches thérapeutiques pour les patients. Ces résultats constituent aujourd’hui une piste de traitement prometteuse puisqu’elle permettrait de cibler les motoneurones directement depuis la périphérie.

Plus d’information : https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/sclerose-laterale-amyotrophique-sla-maladie-de-charcot/

Modéliser les interactions microglies-neurones grâce aux cellules souches

Les cellules souches pluripotentes humaines ou cellules iPS ont deux grandes capacités qui sont celles d’être capables de se multiplier à l’infini et de se différencier en n’importe quel type cellulaire de l’organisme pour peu qu’elles soient exposées aux bons signaux. Ainsi, à partir d’un prélèvement de cellules de peau des patients, les chercheurs développent ces cellules iPS pour ensuite les différencier en différents types de cellules du cerveau, les neurones et les cellules microgliales par exemple. Ces nouveaux modèles cellulaires sont un outil précieux qui permet pour la première fois d’avoir accès à des neurones de patients.

Delphine Bohl (Inserm) cherche à modéliser la maladie grâce à ces cellules. L’objectif est non seulement de pouvoir caractériser très précisément les motoneurones obtenus à partir des cellules iPS de patients, mais également de réunir dans un même milieu, très contrôlé, les motoneurones et les cellules immunitaires pour modéliser leurs interactions. À termes, ces modèles permettraient également de tester l’efficacité des molécules thérapeutiques.

Identifier les causes génétiques de la SLA

10 % des cas de SLA sont des formes dites familiales avec une origine génétique. Stéphanie Millecamps (CNRS) cherche à identifier tous les points de départ génétiques possibles de la maladie dans les cas familiaux et les formes à début précoce. Bien que ces derniers soient multiples, ils pourraient conduire à des voies communes menant à la dégénérescence du motoneurone. Ces études permettent de proposer aux familles qui le souhaitent un diagnostic, et d’identifier les patients éligibles pour les essais thérapeutiques utilisant des oligonucléotides anti-sens dirigés contre la protéine SOD1 ayant d’ores et déjà montré des effets prometteurs.

Un travail collaboratif européen a permis l’identification d’un nouveau gène impliqué dans la SLA. Nommé TBK1, il est impliqué dans l’élimination des déchets à l’intérieur des cellules et dans la régulation de l’inflammation, ce qui démontre l’importance de ces processus cellulaires pour la survie des motoneurones. Les travaux de Christian Lobsiger (Inserm) sur ce gène cherchent à disséquer le rôle spécifique de ce gène dans les motoneurones et les cellules immunitaires dans le contexte de la SLA.

Plus d’information : https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/sla-de-nouvelles-decouvertes/ 

C9ORF72 : point de départ pour comprendre certains mécanismes dans la SLA

La SLA et les dégénérescences fronto-temporales (DFT) appartiennent à un même spectre de maladies pouvant avoir une cause génétique commune, dont la plus fréquente est une mutation du gène C9ORF72. Découverte en 2011, elle est présente dans environ 40% des formes familiales de SLA, 30% des formes familiales de DFT, et 70% des patients atteints des deux pathologies DFT/SLA. En 2006, des agrégations toxiques de la protéine TDP-43 avaient également été identifiés dans ces maladies. On sait aujourd’hui qu’ils sont présents dans 95% des cas de SLA, toutes formes confondues (familiales et sporadiques), et 60% des DFT. La découverte de ces agrégats communs aux deux pathologies a permis de donner une base moléculaire à ce continuum clinique observé depuis longtemps par les médecins. Par ailleurs, tous les porteurs de la mutation C9ORF72 présentent également des agrégats TDP-43, sans qu’un lien physiologique entre les deux, de même que leurs interactions, ne soient à l’heure actuelle clairement identifiés.

L’objectif du groupe de Morwena Latouche (EPHE) dans l’équipe « Neurogénétique fondamentale et translationnelle » est de comprendre comment l’agrégation de TDP-43 et la mutation C9ORF72 interagissent pour provoquer certains mécanismes de la DFT/SLA. Dans une revue récemment publiée dans Frontiers in Neuroscience, Julie Smeyers, Elena Banchi et Morwena Latouche, ont dressé un bilan des connaissances sur cette mutation et ses implications dans la pathologie.

La mutation du gène C9ORF72 a plusieurs conséquences délétères pour les cellules. Elle conduit à trois types d’effets : une perte de fonction, avec une baisse de la transcription du gène et un double « gain de fonction », par la formation d’un ARN et d’une protéine anormale. Chez les patients, la mutation est hétérozygote, c’est-à-dire que seule une des deux copies du gène est mutée. Ils produisent donc partiellement une protéine C9ORF72 normale mais aussi des ARN et protéines anormaux. En supprimant totalement la protéine dans des modèles expérimentaux, les chercheurs ont mis en évidence une inflammation très importante dans l’ensemble de l’organisme. Par ailleurs, il est connu depuis longtemps que les agrégats protéiques dans le cerveau, comme les plaques amyloïdes dans la maladie d’Alzheimer ou l’a-synucléine dans la maladie de Parkinson, sont sources d’inflammation dans le cerveau, mais cela reste à élucider dans le cas de TDP-43.

L’équipe de l’Institut du Cerveau s’intéresse aujourd’hui au potentiel des agrégats de TDP-43 à générer de l’inflammation et à l’impact de la mutation de C9ORF72, qui sensibilise probablement le système immunitaire, à agir en synergie pour augmenter la réaction inflammatoire délétère au niveau du système nerveux. Leurs résultats pourraient identifier de nouvelles voies à l’origine de la mort des neurones du système nerveux dans les DFT/SLA et permettraient de mieux comprendre le rôle des différents acteurs de ces pathologies.

 

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/journee-mondiale-sla-2021-neuroinflammation/feed/ 0
Alpine F1 Team affichera le logo de l’Institut du Cerveau sur les A521 à l’occasion du Grand Prix Emirates de France de F1 2021 https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/alpine-institut-du-cerveau-f1-2021/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/alpine-institut-du-cerveau-f1-2021/#respond Sun, 20 Jun 2021 09:00:41 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21517 Dans le cadre de discussions préliminaires en vue d’une collaboration plus étroite, Alpine F1 Team est fier d'afficher le logo de l'Institut du Cerveau sur les A521 de En savoir plus ]]> Dans le cadre de discussions préliminaires en vue d’une collaboration plus étroite, Alpine F1 Team est fier d’afficher le logo de l’Institut du Cerveau sur les A521 de Fernando Alonso et Esteban Ocon ainsi que sur les casques des mécaniciens à l’occasion du Grand Prix Emirates de France de Formule 1 2021. À travers le vecteur de la performance humaine, cette association unit l’excellence scientifique d’une organisation de recherche médicale établie et reconnue à l’international, à l’excellence technique d’Alpine F1 Team.

L’Institut du Cerveau – ICM, aussi connu sous le nom du Paris Brain Institute, est implanté au sein l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris (France). L’Institut du Cerveau a été fondé en 2010 notamment par le Professeur Gérard Saillant, Président de l’Institut, et Jean Todt, actuel Président de la FIA et Vice-Président de l’Institut du Cerveau. 

L’Institut du Cerveau a été révolutionnaire dans le développement de programmes de recherche innovants et croisant différents domaines des neurosciences : moléculaires et cellulaires, neurophysiologique, cognitifs, computationnel, mais aussi et surtout cliniques et translationnelles, pour améliorer la compréhension du système nerveux et lutter contre les maladies qui l’affectent. 

Alpine F1 Team mechanics’ helmets. French Grand Prix, Saturday 19th June 2021. Paul Ricard, France.

Au-delà de la reconnaissance du travail brillant et pionnier de l’Institut, il s’agit d’un premier pas vers une collaboration entre Alpine F1 Team et l’Institut du Cerveau afin d’analyser, grâce aux neurosciences cognitives, la prise de décision et les performances humaines impliquées dans la quête incessante de la performance. 

Alpine F1 Team a régulièrement collaboré avec des organisations médicales au cours de l’année écoulée, notamment via « Project Pitlane » dans le développement de respirateurs pour répondre à la pandémie de la COVID-19, et plus récemment avec l’Université de Leicester en contribuant à la conception d’un laryngophone pour les médecins portant des EPI intégraux. 

Laurent Rossi, CEO d’Alpine : « Le travail réalisé par Gérard et ses équipes pour approfondir notre compréhension de la neurologie et des sciences cognitives est inspirant et leurs recherches ont aidé des milliers de personnes. Cette connaissance toujours plus grande de l’esprit participe non seulement à la rééducation, mais ouvre également de nouvelles possibilités dans une multitude de domaines de haut niveau. Nous sommes fiers d’attirer l’attention sur leur travail révolutionnaire. Nous sommes impatients de contribuer à leurs projets de recherches afin de faire progresser la connaissance sur le cerveau et de bénéficier de leur travail dans notre quête d’amélioration continue de la performance individuelle et collective au sein de notre équipe de F1. »

Professeur Gérard Saillant, Président de l’Institut du Cerveau : « Cette alliance avec Alpine F1 Team est le reflet des valeurs qui nous unissent pleinement : combativité, partage et excellence. L’engagement d’Alpine F1 Team à nos côtés représente une grande force, car il nous permet d’aller encore plus loin dans les travaux de recherche que nous menons avec l’ambition de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau. » 

Jean Todt, Président de la FIA : « Je me réjouis de ce partenariat entre les équipes d’Alpine F1 Team et de l’Institut du Cerveau, qui vont joindre leurs talents d’innovation technologique et médicale pour la recherche et la connaissance de la prise de décision, au service de la performance et de la santé. » 

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/alpine-institut-du-cerveau-f1-2021/feed/ 0
Le Petit dictionnaire des maladies et signes éponymes : une plongée dans l’histoire des sciences et de la médecine avec le Dr. Hubert Déchy https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/petit-dictionnaire-maladies-signes-eponymes-dr-hubert-dechy/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/petit-dictionnaire-maladies-signes-eponymes-dr-hubert-dechy/#respond Sat, 19 Jun 2021 22:21:26 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21541 Maladie de Charcot, d’Alzheimer, de Parkinson ou de Huntington : d’où viennent tous les noms de ces signes et maladies qui nous sont devenus familiers ?

Dans son En savoir plus ]]> Maladie de Charcot, d’Alzheimer, de Parkinson ou de Huntington : d’où viennent tous les noms de ces signes et maladies qui nous sont devenus familiers ?

Dans son Petit Dictionnaire des maladies et signes éponymes, le docteur Hubert Déchy, en collaboration avec Marie-Dominique et Peter Allen, met en lumière les personnalités à l’origine de la description de nombreuses maladies et signes cliniques. Une plongée dans l’histoire des sciences et de la médecine et de ceux qui l’ont faite.

L’ouvrage est publié chez Admare Ediciones dans la collection « Contributions ».

Pour toutes les questions relatives à l’ouvrage envoyer un courriel à l’adresse hubert.dechy@gmail.com

Extrait de la 4e de couverture :

Pourquoi les sciences ont-elles toujours attachés des noms propres, ou éponymes, à la pratique quotidienne des chercheurs, des enseignants et de leurs élèves qui les utiliseront toutes leurs vies ? La poussée d’Archimède ou le théorème de Pythagore sont des expressions d’usage universel, tout comme la maladie d’Alzheimer ou le signe de Babinski. Ce rappel à l’histoire des découvertes est nécessaire pour fixer les esprits sur les grandes étapes des progrès de la connaissance.

 

]]> https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/petit-dictionnaire-maladies-signes-eponymes-dr-hubert-dechy/feed/ 0
Amour Amour Amour poursuit son soutien à l’Institut du Cerveau https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/amour-amour-amour-poursuit-soutien-a-linstitut-cerveau/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/amour-amour-amour-poursuit-soutien-a-linstitut-cerveau/#respond Tue, 15 Jun 2021 15:12:42 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21479 Courant mai, l’association Amour Amour Amour s’est de nouveau mobilisée au profit de l’Institut du Cerveau en lançant une deuxième vente de goodies des plus En savoir plus ]]> Courant mai, l’association Amour Amour Amour s’est de nouveau mobilisée au profit de l’Institut du Cerveau en lançant une deuxième vente de goodies des plus craquants !

 

 

Depuis le début de l’année, Amour Amour Amour – mouvement créé il y a deux ans suite à la disparition de Julien Gusman, victime d’un cancer du cerveau à l’âge de 26 ans face auquel il a mené un combat exemplaire – s’est engagé dans une incroyable aventure caritative pour aider la recherche sur les maladies neurologiques.

A ce jour, plus de 32 000 euros ont été récoltés pour l’équipe « Génétique et développement des tumeurs cérébrales » dirigée par le Pr Marc Sanson et le Dr Emmanuelle Huillard, grâce à la création d’une page de collecte Alvarum dédiée et une première vente de goodies (teeshirt, pochette et kit de broderie).

Nous sommes admiratifs de cette force d’engagement sincère, humaine et emplie de sens.

L’Institut du Cerveau tient à les remercier grandement.

A l’occasion de cette nouvelle action, l’équipe organisatrice a réalisé une très belle vidéo de présentation que nous vous partageons. Une formidable énergie que vous pourrez constater !

Encore MERCI.

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/amour-amour-amour-poursuit-soutien-a-linstitut-cerveau/feed/ 0
Identification d’un nouveau biomarqueur dans les méningiomes https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/identification-biomarqueur-meningiomes/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/identification-biomarqueur-meningiomes/#respond Mon, 14 Jun 2021 14:57:10 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21482 Une étude conduite par Julien Boetto et Franck Bielle (Sorbonne Université. AP-HP) de l’équipe « Génétique et Développement des tumeurs cérébrales » à En savoir plus ]]> Une étude conduite par Julien Boetto et Franck Bielle (Sorbonne Université. AP-HP) de l’équipe « Génétique et Développement des tumeurs cérébrales » à l’Institut du Cerveau met en évidence le potentiel d’un nouveau biomarqueur d’un type spécifique de méningiomes. Cette découverte ouvre la voie d’un meilleur diagnostic de ces tumeurs et le développement de stratégies thérapeutiques ciblées.  

Les méningiomes sont les tumeurs primaires du système nerveux central les plus fréquentes chez l’adulte. Une majorité d’entre eux peut être soignée grâce à la chirurgie mais pour le reste, cette option, de même que la radiothérapie, peuvent s’avérer inefficaces avec le temps. Il n’existe par ailleurs pas de chimiothérapie efficace à l’heure actuelle.

Un espoir réside dans une voie de signalisation cellulaire particulière, la voie Hedgehog, impliquée dans l’agressivité de nombreux cancers. Des mutations dans des gènes de cette voie sont retrouvées dans près de 8% des méningiomes, entrainant une activation incontrôlée de celle-ci. Il existe par ailleurs des inhibiteurs de la voie Hedgehog approuvés en clinique. Une difficulté demeure : ces méningiomes particuliers sont complexes à identifier car très hétérogènes. Des marqueurs spécifiques de ces tumeurs sont donc indispensables pour les diagnostiquer précisément et proposer le bon traitement aux patients.

Julien Boetto, Neurochirurgien à Montpellier et étudiant en thèse de sciences sous la direction du Pr Michel Kalamarides et Franck Bielle (Sorbonne Université. AP-HP) se sont intéressés à un marqueur particulier GAB1, déjà connu comme révélateur d’une suractivation de Hedgehog dans les médulloblastomes (ndlr : tumeurs cérébrales souvent malignes se développant au niveau du cervelet). Ils ont étudié le lien entre la positivité à GAB1 et l’activation de la voie Hedgehog dans 131 méningiomes.

Leurs résultats montrent que GAB1 est un très bon marqueur, sensible (à 100%) et spécifique (à 86%), de l’activation de la voie Hedgehog dans les méningiomes. L’évaluation de la présence de GAB1 par immunohistochimie (ndlr : technique utilisant des anticorps pour révéler la présence de protéines dans un échantillon biologique), est une méthode rapide et efficace pour orienter le diagnostic d’un méningiome associé à une activation incontrôlée de la voie Hedgehog. Il permet par la suite d’explorer spécifiquement la présence de mutations sur les gènes de cette voie pour proposer des stratégies thérapeutiques ciblées.

Source

GAB1 overexpression identifies Hedgehog-activated anterior skull base meningiomas. Boetto J, Lerond J, Peyre M, Tran S, Marijon P, Kalamarides M, Bielle F. Neuropathol Appl Neurobiol. 2021 May 31

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/identification-biomarqueur-meningiomes/feed/ 0
Deep Time : une expérience unique intemporelle à laquelle l’Institut du Cerveau a collaboré https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/deep-time/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/deep-time/#respond Sat, 12 Jun 2021 09:29:23 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21475 Du 14 mars au 24 avril dernier, une expédition hors du commun conçue et menée par l’explorateur-chercheur Christian Clot et les équipes de Human Adaptation En savoir plus ]]> Du 14 mars au 24 avril dernier, une expédition hors du commun conçue et menée par l’explorateur-chercheur Christian Clot et les équipes de Human Adaptation Institute, s’est déroulée dans la grotte de Lombrives en France. Durant 40 jours, 7 femmes et 7 hommes se sont enfoncés sous terre pour y vivre en isolement total, sans aucun moyen de connaître l’heure (ni soleil ni montre) afin d’apprendre les liens de notre cerveau au temps et la synchronicité au sein d’un groupe.

Un besoin fondamental pour notre avenir que nous a expliqué Christophe Clot lors de sa venue à l’Institut, le lundi 26 avril dernier, avec les participants venus passer des tests au CENIR, le centre de neuroimagerie, et PRISME, la plateforme d’exploration du comportement humain de l’Institut du Cerveau.

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/deep-time/feed/ 0
Sclérose en plaques, identification d’une nouvelle molécule dans des modèles expérimentaux https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/sclerose-en-plaques-modeles-experimentaux/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/sclerose-en-plaques-modeles-experimentaux/#respond Fri, 11 Jun 2021 10:07:47 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21471 La Sclérose en Plaques (SEP) est la 2ième cause nationale de handicap acquis chez l’adulte jeune après les traumatismes. Elle touche aujourd’hui environ 100.000 En savoir plus ]]> La Sclérose en Plaques (SEP) est la 2ième cause nationale de handicap acquis chez l’adulte jeune après les traumatismes. Elle touche aujourd’hui environ 100.000 personnes en France avec 3000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Cette maladie constitue un enjeu majeur de santé publique car elle affecte une population active, en phase de construction de projet de vie, avec un âge moyen d’apparition de 30 ans.

A l’Institut du cerveau, l’équipe « PLASTICITÉ ET RÉGÉNÉRATION DE LA MYÉLINE » co-dirigée par Brahim NAIT-OUMESMAR (Directeur de recherche INSERM) s’intéresse aux mécanismes de réparation des lésions de la sclérose en plaques et vient de publier un article dans « Journal of Medicinal Chemistry » sur l’identification de nouveaux inhibiteurs de la protéine kallikréine 6 (KLK6) et leurs capacités à stimuler la production de myéline dans des modèles expérimentaux.

Les lésions de sclérose en plaques, ou « plaques », observées dans le cerveau (Figure 1), la moelle épinière ou les nerfs optiques se caractérisent par une inflammation et une démyélinisation qui est parfois suivie d’une régénération de la myéline (remyélinisation). Cependant, cette remyélinisation est hétérogène selon les patients et échoue avec la progression de la maladie. Cet échec de la remyélinisation conduit à une neurodégénérescence, à l’origine de la progression irréversible des déficits moteurs et sensoriels chez les patients. Les traitements actuels de la sclérose en plaques visent surtout à moduler les épisodes de démyélinisation, mais ont peu d’impact sur la remyélinisation. L’enjeu majeur des recherches actuelles vise donc à développer des stratégies régénératives de la myéline, afin de limiter la neurodégénérescence et par voie de conséquence la progression de la maladie.

L’équipe de Brahim NAIT-OUMESMAR, en collaboration avec les équipes de C. El Amri (biochimiste, Institut de Biologie Paris-Seine, Sorbonne Université) et de Nicolas Masurier (chimiste, Institut des biomolécules, Université de Montpellier) a récemment identifié deux nouvelles molécules inhibitrices de la KLK6, ayant la propriété de stimuler la différenciation des oligodendrocytes et la myélinisation (Figure 2). La KLK6 est une protéase à sérine (enzyme capable de cliver d’autres protéines), principalement exprimée par les oligodendrocytes dans le système nerveux central. Cette protéase est impliquée dans de nombreux processus pathologiques conduisant à la destruction de la gaine de myéline (inflammation, rupture de la barrière hémato-encéphalique et clivage des protéines de la myéline). De plus, la protéase KLK6 est présente dans le liquide céphalorachidien des patients atteints de sclérose en plaques et constitue un biomarqueur de la maladie.

Les inhibiteurs sélectifs de la KLK6, identifiés par l’équipe, sont de nouvelles molécules pharmacologiques prometteuses pour stimuler la remyélinisation, et pourraient ouvrir la voie vers de futures recherches à visée thérapeutique.

Figure 1

Figure 1. Visualisation d’une lésion chronique active de la sclérose en plaques. Coloration au Luxol-Fast Blue (marqueur de la myéline) et des cellules immunitaires MHCII+ (noire) localisées en bordure de la lésion.

Figure 2

Figure 2. Les inhibiteurs de la KLK6 augmentent la myélinisation. Tranches de cervelets en culture, non traitées (condition basale) ou traitées par l’inhibiteur de la KLK6 (MIT05) durant 10 jours. Le traitement par l’inhibiteur de la KLK6 augmente significativement la myélination. Les axones des cellules de Purkinje sont marqués par Calbindin (rouge), et les oligodendrocytes et la myéline par la MBP (vert).

Source : Identification of First-in-Class Inhibitors of Kallikrein-Related Peptidase 6 That Promote Oligodendrocyte Differentiation – PubMed (nih.gov)

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/sclerose-en-plaques-modeles-experimentaux/feed/ 0
La naissance des neurones, mécanisme complexe qui nous révèle encore des mystères ! https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/naissance-neurones-mecanisme-complexe/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/naissance-neurones-mecanisme-complexe/#respond Tue, 08 Jun 2021 15:08:38 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21460 L’équipe « Développement du cerveau » dirigée par Bassem HASSAN à l’Institut du Cerveau publie aujourd’hui dans la prestigieuse revue « Cell Reports », En savoir plus ]]> L’équipe « Développement du cerveau » dirigée par Bassem HASSAN à l’Institut du Cerveau publie aujourd’hui dans la prestigieuse revue « Cell Reports », un article scientifique qui revisite un des dogmes de la genèse des neurones dans le cervelet, région du cerveau essentielle au control des fonctions motrices et à certaines fonctions cognitive supérieures. Les dysfonctionnements du cervelet peuvent engendrer des maladies neurologiques sévères comme les ataxies et certaines tumeurs.

Au cours du développement embryonnaire humain, près de 86 milliards de neurones sont générés (neurogénèse) à partir de cellules souches dites pluripotentes c’est-à-dire capables de donner naissance à tous les tissus de l’organisme. Le bon fonctionnement du cerveau dépend de la diversité des neurones qui le composent en terme de morphologie, de fonctions et de capacités à créer des connexions.

Mieux comprendre ces mécanismes est indispensable pour étudier les maladies du cerveau en particulier la dégénérescence des neurones observées dans la majorité des cas et responsable des handicaps irréversibles dont souffrent les patients.

Si l’on connait aujourd’hui les grands principes de la neurogénèse, ils restent encore des mécanismes à affiner afin de mieux comprendre la différence entre les différents types de neurones qui composent notre cerveau et leurs connexions.

Grace à la recherche fondamentale sur le développement du cerveau nous savons aujourd’hui que la première ébauche du cortex apparait vers la 6ième semaine du développement de l’embryon et que les premiers neurones apparaissent vers la 4ième semaine.

Dès le 33ème jour du développement de l’embryon, on constate un développement différencié de la moelle épinière et du cerveau, signifiant que des neurones de types différents ont été générés à partir des cellules souches pluripotentes et ont migré vers une région spécifique du système nerveux central. Cette phase de différenciation passe par une étape intermédiaire ou les cellules souches embryonnaire deviennent des précurseurs neuronaux engagés dans un processus de genèse des neurones (Voir figure).

Il est aujourd’hui établi que les cellules pluripotentes sont capables de produire différentes cellules comme, par exemple des neurones, en fonction du moment et de la région cérébrale dans laquelle elles se trouvent. On parle de dynamique spatio-temporelle. En effet, comme toutes les cellules de l’organisme contiennent le même patrimoine génétique qui provient de nos parents, les facteurs qui vont déterminer l’emplacement, la morphologie et la fonction d’un futur neurone est forcément lié à des signaux biologiques spécifiques de la zone où il a migré et au moment du développement.

L’équipe de Bassem HASSAN s’est plus particulièrement intéressé à la différentiation des neurones, en cellules excitatrices ou inhibitrices. Les neurones excitateurs libèrent des neurotransmetteurs qui activent un potentiel d’action (influx nerveux permettant le transfert d’information) dans le neurone postsynaptique, tandis que les neurones inhibiteurs libèrent d’autres neurotransmetteurs qui inhibent l’activation d’un potentiel d’action et donc l’activation du neurone post-synaptique.

Les résultats de cette équipe de recherche montrent pour la 1ere fois que les neurones excitateurs et inhibiteurs du cervelet sont issus des mêmes progéniteurs neuraux contrairement à ce qui été jusqu’à présent connu et que la différenciation d’une même cellule progénitrices « mère » est induite par une différence d’expression de la protéine « NOTCH ». Cette protéine joue un rôle clé dans le développement du cerveau en particulier dans l’équilibre entre la prolifération et la différentiation des cellules et dans l’apparition de certaines tumeurs.

Ces travaux montrent l’intérêt de cette protéine dans le développement cérébral, la balance entre neurones excitateurs et inhibiteurs étant essentielle à un bon fonctionnement du cerveau et ouvrent la voie à de nouvelles pistes de recherche sur des pathologies associées à une mauvaise excitabilité des neurones. 

SourceGeneration of excitatory and inhibitory neurons from common progenitors via Notch signaling in the cerebellum: Cell Reports

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/naissance-neurones-mecanisme-complexe/feed/ 0
Un traitement contre la maladie d’Alzheimer autorisé par l’agence du médicament américaine : espoirs et précautions https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/aducanumab-traitement-alzheimer/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/aducanumab-traitement-alzheimer/#respond Tue, 08 Jun 2021 11:45:30 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=17788 La FDA, l’agence du médicament américaine, vient d’approuver l’Aducanumab, un traitement contre la maladie d’Alzheimer. Le docteur Stéphane Epelbaum neurologue En savoir plus ]]> La FDA, l’agence du médicament américaine, vient d’approuver l’Aducanumab, un traitement contre la maladie d’Alzheimer. Le docteur Stéphane Epelbaum neurologue AP-HP spécialiste de la maladie d’Alzheimer et chercheur à l’Institut du Cerveau réagit à cette annonce, à prendre avec précaution malgré les espoirs qu’elle suscite.

Pour la première fois, une molécule développée par un grand laboratoire pharmaceutique américain, montrait une certaine efficacité dans la diminution des symptômes de la maladie d’Alzheimer. Ce traitement cible l’une des protéines toxiques (peptide bêta amyloïde) avec notamment un effet sur le ralentissement de l’évolution de la maladie.

Le docteur Stéphane Epelbaum, neurologue AP-HP spécialiste de la maladie d’Alzheimer et chercheur à l’Institut du Cerveau, tempère : « Il ne faudrait pas que cette annonce ne génère un espoir trop important compte-tenu des données que nous avons sur ce traitement à l’heure actuelle ». En effet, son efficacité n’a pour le moment été montré que sur le temps, court à l’échelle de la maladie d’Alzheimer, d’un essai clinique et chez des patients à un stade très précoce de la maladie.

L’autorisation de ce traitement est tout de même source d’espoirs pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer. De nombreuses entreprises ont arrêté leurs activités sur le développement de traitements contre le maladie d’Alzheimer compte-tenu d’échecs successifs. Cette annonce pourrait encourager les industriels à reprendre les recherches de thérapies dans cette maladie.

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/aducanumab-traitement-alzheimer/feed/ 0
La TEP-IRM : Une technologie prometteuse pour mieux comprendre les mécanismes biologiques https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/tep-irm-mecanismes-sclerose-en-plaques/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/tep-irm-mecanismes-sclerose-en-plaques/#respond Sun, 30 May 2021 08:06:43 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21398 Le Pr Bruno Stankoff, co-directeur de l’équipe « La remyélinisation dans la sclérose en plaque : de la biologie à la translation clinique » développe de nouveaux En savoir plus ]]> Le Pr Bruno Stankoff, co-directeur de l’équipe « La remyélinisation dans la sclérose en plaque : de la biologie à la translation clinique » développe de nouveaux outils d’imagerie basés sur la combinaison de l’imagerie par résonnance magnétique (IRM) et de la tomographie par émission de positrons (TEP) afin de mieux comprendre les mécanismes biologiques qui conduisent à la dégénérescence des neurones et à l’installation du handicap dans la sclérose en plaques. A l’occasion de la journée mondiale dédiée à cette maladie nous vous proposons d’en savoir plus sur la tomographie par émission de positons (TEP) et les espoirs qu’elle suscite pour de nouvelles approches thérapeutiques.

La tomographie par émission de positons (TEP) repose sur l’injection intraveineuse d’une substance (le « traceur ») marquée par un atome radioactif, le fluor 18 ou le carbone 11, qui, en se fixant sur les cellules cibles émet des particules particulières, les positons. Ces particules percutent alors les électrons engendrant une émission de photons (particules de lumière). Le traceur est choisi pour se fixer sur un organe ou un tissu spécifique permettant de reconstituer une image de l’organe étudié, en l’occurrence dans la SEP, le cerveau. Les substances radioactives utilisées pour une TEP sont sans danger pour l’homme, la radioactivité très faible disparait totalement en 1 journée.

Cette technique permet de visualiser directement in vivo et en temps réel, la cinétique et la répartition des radiotraceurs injectés et donc celles des molécules auxquels ils se fixent. Elle est couramment associée à une IRM réalisée par la même machine afin d’avoir des images plus précises des organes étudiés.

Dans la sclérose en plaque il est admis que la mort des neurones engendre la progression du handicap au cours des phases progressives de la maladie. Cependant il a été montré que cette neurodégénérescence commence dès le début de la maladie avant même l’apparition des symptômes sans que l’on connaisse encore aujourd’hui les mécanismes biologiques mis en jeu. Il est donc crucial de comprendre les causes de la mort neuronale afin d’identifier des marqueurs biologiques précoces fiables et accessibles pour développer de nouvelles thérapies capables de stopper ce processus avant l’installation d’un handicap irréversible.

Malgré les nombreux progrès technologiques de l’IRM ces dernières années, et l’étude de tissus cérébraux post-mortem, il est encore impossible de différencier les mécanismes à l’origine de la neurodégénérescence, qui dans le cas de la SEP peuvent être nombreux.

La technique de PET, couplée à l’IRM permet de quantifier chaque composant biologiques et donc d’identifier les mécanismes sur ou sous activés et la chronologie des dysfonctionnement au cours des premières phases de la maladie.

La sclérose en plaques est une maladie complexe qui met en jeu plusieurs processus biologiques pathologiques qui interagissent pour aboutir à des symptômes variant d’un patient à l’autre mais aussi chez un même patient au cours de la maladie.

De plus c’est une pathologie qui affecte non seulement des régions localisées du cerveau, les plaques, mais qui présente un caractère diffus dans tout le tissu cérébral, dans les substances blanche et grise* dites « apparemment normales ».

 

*La substance blanche est principalement composée des axones myélinisés des neurones. La substance grise contient les corps cellulaires des neurones.

Les principaux mécanismes et acteurs biologiques de la maladie sont :

Ø La neuro-inflammation qui résulte de l’activation de l’immunité innée et adaptative.

· L’immunité adaptative principalement médiée par les lymphocytes, est spécifique d’un antigène et donc d’une maladie. Elle est supposée jouer un rôle crucial dans l’initiation de l’inflammation et de la démyélinisation.

· L’immunité innée est non spécifique d’antigène, et est médiée par les macrophages et par les cellules gliales résidentes du cerveau, la microglie et les astrocytes.

Le rôle des astrocytes dans l’inflammation et dans la neuro-dégénération est encore mal connu. La microglie joue un rôle important dans la démyélinisation et est impliqué dans les phases chroniques progressives de la maladie.

Ø La démyélinisation (dégradation de la myéline) et la remyélinisation (réparation de la myéline) est un mécanisme secondaire à l’inflammation. La myéline est une structure membranaire qui entoure l’axone : elle joue un rôle dans la protection du neurone et accélère la transmission de l’influx nerveux.

· La dégradation de la myéline (démyélinisation) est secondaire à une réaction autoimmune, c’est-à-dire que la microglie s’attaque à une protéine du soi et à des cellules de l’organisme, les oligodendrocytes.

· La réparation (remyélinisation) est un processus spontané apparaissant dans certaines lésions chez certains patients. Ce sont les oligodendrocytes qui reforment une gaine autour des axones.

Ø La neuro-dégénérescence correspond à une mort des axones et des neurones : elle est à l’origine du handicap irréversible qui peut s’installer au fur et à mesure de la maladie

Cette dégénérescence neuronale peut être consécutive à la perte de la gaine de myéline qui ne protège plus le neurone en lui fournissant un support métabolique.

Un autre mécanisme associé à la mort des neurones est lié à un dysfonctionnement des mitochondries, petits organites présents dans le corps cellulaire qui permet le métabolisme des nutriments comme le glucose, nécessaires à la survie des cellules et à leur approvisionnement en oxygène et en énergie.

Dans les lésions de sclérose en plaques il a été constaté un dysfonctionnement des mitochondries qui entraine une diminution forte du métabolisme de ces cellules et entraine leur mort par « hypoxie » c’est-à-dire un manque d’oxygène.

Il existe donc plusieurs mécanismes biologiques clés, potentiellement intriqués entre eux, à l’origine de la neurodégénérescence des neurones, observée dans la sclérose en plaques. Les chercheurs de l’Institut du Cerveau ont pour objectif de mieux les comprendre grâce à la technique de TEP-IRM.

Des radiotraceurs ont été développés pour suivre certains mécanismes biologiques impliqués dans la sclérose en plaques comme l’activation des cellules immunitaires et la remyélinisation. Cependant il faut encore faire des recherches pour développer des traceurs spécifiques des types cellulaires et de l’état d’activation des cellules comme la microglie qui alterne des états pro et anti-inflammatoire. Le développement d’un nouveau radiotraceur peut prendre autant de temps que celui d’un médicament car il doit répondre à des critères stricts de taux de pénétration dans le cerveau, de spécificité de la cible visée et surtout d’innocuité chez l’humain.

Cependant, aujourd’hui cette technologie reste un atout majeur pour les recherches sur les mécanismes biologiques de la SEP et l’identification de cibles thérapeutique ouvrant de nouveaux espoirs pour les patients.

Pour en savoir plus :

 

La TEP-IRM a été acquise par l’IHU A-Institut du Cerveau – ICM (Institut des Neurosciences Translationnelles de Paris), grâce à la Fondation pour la Recherche sur la maladie d’Alzheimer (sous l’égide de la FRM) et à la générosité du Groupe Dassault, de la Fondation Bettencourt Schueller, de la Fondation des Gueules cassées, de la Fondation « The Conny-Maeva Charitable Foundation » et de l’Etablissement Simonetta et a été la premiere en France destiné à la fois à une activité de recherche et de clinique.

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/tep-irm-mecanismes-sclerose-en-plaques/feed/ 0
Course des Héros 2021 : le défi sportif et solidaire est de retour ! https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/course-heros-2021-defi-sportif-solidaire-de-retour/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/course-heros-2021-defi-sportif-solidaire-de-retour/#respond Fri, 21 May 2021 13:36:07 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21385 Après une version 2020 en format « connecté » en raison du contexte sanitaire, la prochaine édition de La Course des Héros se profile avec joie sur le terrain. En savoir plus ]]> Après une version 2020 en format « connecté » en raison du contexte sanitaire, la prochaine édition de La Course des Héros se profile avec joie sur le terrain.  

Une fois de plus, c’est une matinée festive et conviviale qui sera au programme de cet évènement unique au service de centaines de causes.

Rendez-vous le samedi 20 juin au Domaine de Saint-Cloud pour l’édition parisienne qui propose comme chaque année, différents formats de mobilisation accessibles à tous les publics, tous les âges, du moins-sportif au plus sportif ; au choix des marches de 2 km ou 6 km et courses de 6 km ou 10 km.

Les premiers Héros mobilisés au profit de l’Institut du Cerveau sont déjà inscrits et collecte des fonds pour la recherche en vue de leur participation ! Nous les remercions grandement.

Si vous souhaitez également participer ou aider nos Héros, consulter la page d’inscription dédiée de l’Institut : https://www.alvarum.com/charity/13/challenge/2188.

Venez également à notre rencontre sur notre stand le jour J ; nous serons heureux de pourvoir échanger avec vous.

Convivialité, partage, fun pour lutter contre les maladies neurologiques !

Plus d’informations sur https://www.coursedesheros.com/

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/course-heros-2021-defi-sportif-solidaire-de-retour/feed/ 0
Perturbations du métabolisme du cholestérol cérébral dans l’état de mal épileptique : un nouveau mécanisme de toxicité https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/perturbations-metabolisme-cholesterol-cerebral-letat-de-mal-epileptique-nouveau-mecanisme-de-toxicite-2/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/perturbations-metabolisme-cholesterol-cerebral-letat-de-mal-epileptique-nouveau-mecanisme-de-toxicite-2/#respond Thu, 20 May 2021 13:29:22 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21380 Une étude conduite par le Dr. Aurélie Hanin dans l’équipe du Pr. Vincent Navarro (Sorbonne Université.AP-HP) à l’Institut du Cerveau décrit une perturbation du En savoir plus ]]> Une étude conduite par le Dr. Aurélie Hanin dans l’équipe du Pr. Vincent Navarro (Sorbonne Université.AP-HP) à l’Institut du Cerveau décrit une perturbation du métabolisme du cholestérol cérébral au cours de l’état de mal épileptique. Les résultats sont publiés dans Neurobiology of Disease.

L’état de mal épileptique est l’une des principales urgences neurologiques, définie comme la persistance d’une crise d’épilepsie et concerne chaque année, en France, environ 20 000 enfants et adultes. En dépit d’une prise en charge thérapeutique adaptée, 25% des états de mal épileptiques sont réfractaires aux traitements antiépileptiques. Les états de mal épileptiques réfractaires présentent une sévérité accrue et nécessitent une prise en charge en réanimation. La persistance des crises expose les patients à des lésions cérébrales irréversibles, à l’origine de séquelles neurocognitives.

L’état de mal épileptique peut s’accompagner de nombreux changements cellulaires et moléculaires, comme une mort neuronale, de l’inflammation et une ouverture partielle de la barrière hémato-encéphalique. Cependant, d’autres mécanismes physiologiques pourraient être altérés lors d’un état de mal épileptique et expliquer une partie de sa toxicité sur le cerveau.

Quelques années auparavant, une étude conduite à l’Institut du Cerveau avait mis en évidence que l’accumulation de cholestérol dans les neurones hippocampiques de souris provoquait une mort neuronale et des anomalies épileptiques, similaires à celles observées à la suite d’un état de mal épileptique, chez la souris et chez l’homme.

L’équipe du Pr Vincent Navarro a poursuivi cette exploration du métabolisme du cholestérol et de sa perturbation dans l’état de mal épileptique.

« Le cholestérol intracérébral est synthétisé par les astrocytes puis transporté jusqu’aux neurones. L’excès de cholestérol, non utile aux neurones, est dégradé par l’enzyme CYP46A1 en 24-hydroxycholestérol. Ce dernier permet de maintenir le cholestérol à un niveau stable dans le cerveau, en favorisant son élimination et en régulant sa synthèse. Si l’enzyme CYP46A1 ne fonctionne pas, il n’y a plus de synthèse du 24-hydroxycholestérol et en conséquence la synthèse de cholestérol n’est plus régulée : le cholestérol est synthétisé en excès et peut dès lors s’accumuler dans les neurones et participer à l’excitotoxicité. » explique Aurélie Hanin, doctorante et première autrice de l’étude.

L’équipe a conduit une recherche translationnelle au sein de l’Institut du Cerveau et de l’Unité d’Épilepsie de l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP, avec des collaborations essentielles avec les réanimations et les départements de biochimie. Ils ont inclus 63 patients en état de mal épileptique et 87 patients témoins, pour lesquels ils ont collecté des prélèvements sanguins et de liquide céphalo-rachidien. Parallèlement, ils ont travaillé sur un modèle murin d’état de mal épileptique et prélevé les hippocampes des animaux en état de mal et des animaux contrôles. Grâce au service de neuropathologie de l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP, les chercheurs ont eu accès aux cerveaux de patients décédés d’un état de mal épileptique et à des tissus contrôles.

Ils ont dosé sur les échantillons humains et murins de nombreux marqueurs lipidiques par méthode enzymatique, et des précurseurs de synthèse et dérivés du cholestérol par spectrométrie de masse couplée à la chromatographie liquide. De plus, ils ont pu rechercher la présence de l’enzyme CYP46A1 par western blot et immunohistochimie.

Les chercheurs ont mis en évidence chez la souris une diminution du 24-hydroxycholestérol dans les 24h suivant le début de l’état de mal épileptique et une augmentation de la synthèse du cholestérol après 3 jours. La diminution des concentrations de 24-hydroxycholestérol a été retrouvée pour la première fois chez l’homme au niveau plasmatique ainsi que dans les tissus humains post-mortem. Aucune différence d’expression de la CYP46A1 n’a pu être mise en évidence, permettant de poser l’hypothèse que dans l’état de mal épileptique, l’enzyme CYP46A1 serait toujours présente mais non fonctionnelle. Les chercheurs ont également pu mettre en évidence chez l’homme une augmentation de la synthèse de cholestérol au niveau cérébral et au niveau périphérique. Cette augmentation de synthèse est à mettre en relation avec des changements du bilan lipidique périphérique : une moindre estérification du cholestérol libre limitant l’élimination du cholestérol au niveau du foie et une augmentation des concentrations de l’apolipoprotéine E favorisant un stockage en excès du cholestérol dans les tissus périphériques, voire au niveau cérébral.

« Parallèlement à la synthèse accrue de cholestérol intracérébral lors de l’état de mal, nous pensons que le cholestérol synthétisé en périphérie et non estérifié a la capacité d’être transporté au niveau cérébral et de venir encore engranger la concentration de cholestérol dans les neuronesCela serait notamment possible car la barrière hémato-encéphalique qui en temps normal empêche le cholestérol circulant de rentrer dans le cerveau, peut s’ouvrir partiellement lors de l’état de mal épileptique. » conclut la chercheuse.

Les chercheurs souhaitent à présent comprendre pourquoi l’enzyme CYP46A1 devient non fonctionnelle dans l’état de mal épileptique et quel est l’impact de l’accumulation de cholestérol neuronal sur l’excitabilité des neurones, c’est-à-dire leur capacité à transmettre les décharges électriques.

Source

Disturbances of brain cholesterol metabolism: A new excitotoxic process associated with status epilepticus. Hanin A, Baudin P, Demeret S, Roussel D, Lecas S, Teyssou E, Damiano M, Luis D, Lambrecq V, Frazzini V, Decavèle M, Plu I, Bonnefont-Rousselot D, Bittar R*, Lamari F*, Navarro V; Study Group.Neurobiol Dis. 2021 Mar 24

 

 

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/perturbations-metabolisme-cholesterol-cerebral-letat-de-mal-epileptique-nouveau-mecanisme-de-toxicite-2/feed/ 0
Deux chercheuses de l’Institut du Cerveau lauréates du Paris Region Fellowship programme https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/deux-chercheuses-de-linstitut-cerveau-laureates-paris-region-fellowship-programme/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/deux-chercheuses-de-linstitut-cerveau-laureates-paris-region-fellowship-programme/#respond Thu, 20 May 2021 13:21:11 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21378 Alizée Lopez-Persem et Sara Bizzotto font partie des 52 lauréat.e.s du Paris Region Fellowship Programme. Ce financement leur permettra de poursuivre des recherches En savoir plus ]]> Alizée Lopez-Persem et Sara Bizzotto font partie des 52 lauréat.e.s du Paris Region Fellowship Programme. Ce financement leur permettra de poursuivre des recherches postdoctorales d’excellence au sein de l’Institut du Cerveau. 

Les Paris Region Fellowships sont des subventions compétitives cofinancées par la Région Ile-de-France et l’Union européenne via le programme Horizon 2020 (action Marie-Sklodowska Curie n°945298). L’objectif de ce programme est de soutenir une recherche d’excellence, conduite par de jeunes chercheurs et chercheuses venus de tous horizons et de disciplines variées.

Plus d’informations sur le Paris Region Fellowship Programme : https://www.europeidf.fr/actualites/joli-mois-de-leurope-52-postdoctorants-recrutes-entre-2021-et-2025

Cette année, deux chercheuses postdoctorales de l’Institut du Cerveau ont obtenu le prestigieux financement :

  • Dr Alizée Lopez-Persem, qui mène des travaux sur la créativité et ses mécanismes dans le cerveau, au sein du Frontlab en collaboration avec le Dr Emmanuelle Volle.
  • Dr Sara Bizzotto, dont les recherches portent sur la génétique des épilepsies, dans l’équipe « Génétique et physiopathologie de l’épilepsie », en collaboration avec le Dr Stéphanie Baulac.

Retrouvez l’interview d’Alizée Lopez-Persem, présentant son projet de recherche : https://www.iledefrance.fr/joli-mois-de-leurope-2021-temoignage-dune-laureate-du-paris-region-fellowship-programme

 

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/deux-chercheuses-de-linstitut-cerveau-laureates-paris-region-fellowship-programme/feed/ 0
Braincast #6 : Les secrets du cerveau créatif, avec Emmanuelle Volle https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/braincast-6-secrets-cerveau-creatif-emmanuelle-volle/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/braincast-6-secrets-cerveau-creatif-emmanuelle-volle/#respond Tue, 11 May 2021 09:42:05 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21329 Savez-vous combien d’utilisations différentes on peut faire d’une brique ? Pourriez-vous trouver un mot que l’on peut relier aux trois suivants : agneau, chat, En savoir plus ]]> Savez-vous combien d’utilisations différentes on peut faire d’une brique ? Pourriez-vous trouver un mot que l’on peut relier aux trois suivants : agneau, chat, ordinateur ? Ce genre de tests sont posés à des personnes dont on veut évaluer la créativité. La capacité à générer des idées nouvelles, diverses, originales, à jeter des passerelles entre des concepts à priorité très différents. La créativité, capacité humaine sans pareille, qui nous a rendus capables d’innovation, d’inventivité, d’adaptabilité.

Mais comment le cerveau produit-il des idées nouvelles ? Pour le savoir, Emmanuelle Volle, chercheuse en neurosciences cognitives à l’Inserm et à l’Institut du Cerveau, à Paris, répond à nos questions. Sa passion : observer directement ce qui se passe dans les neurones de volontaires à qui on fait passer ces tests.

Les enseignements de ces recherches nous livrent une anatomie de la créativité. Pour nous aider à progresser sur cette voie passionnante du développement de nos capacités d’innovation. Bienvenue dans une plongée au cœur de cette part la plus intime de nous-même, celle qui mêle l’imaginaire à la raison…

 

Braincast, un podcast réalisé en partenariat avec l’Institut du cerveau.

Ce podcast est le rendez-vous de tous ceux qui s’intéressent à l’essor actuel des sciences du cerveau qui transforme notre société, et qui explique d’une façon nouvelle nos comportements, nos pensées, nos émotions, nos désirs… Régulièrement, ce podcast emmènera l’auditeur dans une conversation avec un chercheur qui a marqué sa discipline, pour revenir sur sa vie, son parcours, ce qui l’a passionné dans le monde des neurosciences. Durant ces 30 à 45 minutes, nous évoquerons les grandes découvertes et les émotions qui l’ont accompagné. Les regrets aussi, les failles qu’il reste à combler pour avancer sur le chemin des thérapies et de la connaissance. Ce moment privilégié, axé sur l’homme ou sur la femme dans leur dimension humaine et sur les fondements de la recherche en neurosciences, vont ouvrir pour l’auditeur des fenêtres sur le fonctionnement de son propre cerveau.

Un contenu initialement publié par le site Cerveau & Psycho

 

 

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/braincast-6-secrets-cerveau-creatif-emmanuelle-volle/feed/ 0
Améliorer la perception visuelle par stimulation cérébrale non-invasive https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/ameliorer-perception-visuelle-stimulation-cerebrale-non-invasive/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/ameliorer-perception-visuelle-stimulation-cerebrale-non-invasive/#respond Mon, 10 May 2021 12:51:42 +0000 Ines Haddad https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21319 La stimulation cérébrale permettrait-elle d’améliorer certaines de nos fonctions cognitives ? Le groupe d’Antoni Valero-Cabré (CNRS) au sein du Frontlab à En savoir plus ]]> La stimulation cérébrale permettrait-elle d’améliorer certaines de nos fonctions cognitives ? Le groupe d’Antoni Valero-Cabré (CNRS) au sein du Frontlab à l’Institut du Cerveau travaille sur cette question depuis plus d’une dizaine d’année. Leurs travaux récents montrent une amélioration de la perception visuelle consciente après stimulation chez des sujets sains, ouvrant des perspectives pour les patients dont cette fonction est altérée, après un AVC notamment.

L’attention et la perception visuelles, des processus cognitifs qui nous permettent de sélectionner et d’être conscient des informations importantes parmi toutes celles captées par nos sens, repose sur un dialogue entre plusieurs régions de notre cerveau formant un réseau complexe. D’un point de vue anatomique, ce réseau est très bien connu, cependant nous en savons beaucoup moins sur les caractéristiques de l’activité électrique neuronale qui au sein de ces régions nous permettent de diriger notre attention et potentialiser nos capacités visuelles. Est-il possible d’enregistrer et manipuler l’activité de certaines zones du réseau de l’attention visuelle pour booster cette capacité ? Si oui, comment le faire, en étant le plus proche du code utilisé par les réseaux du cerveau pour engager ces fonctions ? Ce sont quelques-unes des questions que se pose au sein du Frontlab, le groupe d’Antoni Valero-Cabré, directeur de recherche CNRS au sein du Frontlab de l’Institut du Cerveau.

Pour moduler l’activité du cerveau, il est essentiel de comprendre comment celui-ci est organisé, quels réseaux met-il en jeu et quel type d’activité et quels mécanismes bioélectriques permettent de faire circuler des informations pour diriger l’attention spatiale et moduler la perception visuelle consciente. Depuis presque une décennie, les travaux de cette l’équipe de l’Institut du Cerveau utilisent la stimulation cérébrale non invasive pour mettre en évidence le rôle des oscillations neurales, c’est à dire des fluctuations électriques synchrones à une fréquence donnée, développées par des circuits de neurones des réseaux frontaux (à l’avant du cerveau), dans l’orientation de l’attention et la conscience visuelle.

Dans deux études récentes, les chercheurs ont combiné la stimulation magnétique transcrânienne (TMS), qui permet de moduler l’activité du cerveau de manière focalisée, appliquée à une fréquence de 30 Hz au niveau frontal droit, à des enregistrements électroencéphalographiques (EEG) mesurant l’activité électrique du cerveau au cours de l’expérience.

« L’objectif en enregistrant l’activité du cerveau pendant la stimulation était de montrer que celle-ci entraine bien une activité similaire à celle habituelle dans le cerveau lors des processus d’orientation de l’attention visuelle et que cette modulation améliore la perception de cibles à faible contraste. C’est ce que nous avons pu observer ! » explique Chloé Stengel, postdoctorante au Frontlab et autrice de deux de ces études réalisées pendant sa thèse.

L’équipe montre de plus que la modulation à 30 Hz n’est pas uniquement présente dans la région frontale directement stimulée, mais entraine une synchronisation à la même fréquence de tout le réseau fronto-pariétal de l’attention de l’hémisphère droit du cerveau. Ces résultats apportent la preuve du rôle causal des oscillations à 30 Hz sur la modulation de l’activité du réseau fronto-pariétal de l’attention et l’amélioration de la perception visuelle chez les sujets sains. Ils ouvrent des perspectives pour des applications cliniques, en particulier chez les patients atteints par un AVC dans le cortex visuel (lobe occipital, à l’arrière du cerveau) et devenus hémianopes, c’est-à-dire ayant perdu la vision consciente sur une partie de leur champ visuel.

En collaboration avec le Dr. Alexia Potet et le Prof. Pascale Pradat-Diehl, du service de Rééducation de la Pitié-Salpêtrière AP-HP et l’aide de Véronique Barreau, orthoptiste et étudiante de Master à Sorbonne Université, les chercheurs ont lancé l’essai HEMIANOTACS (financé par le programme NeuroCatalyst, IHU-Institut du Cerveau), chez les patients ayant souffert d’un AVC et de troubles de la vision consciente. Afin d’obtenir une preuve de concept pré-thérapeutique, des patients qui sont en cours de recrutement depuis décembre 2020, reçoivent différents patterns de stimulation électrique transcrânienne par courant alternatif (tACS), une technique de modulation cérébrale plus simple d’utilisation et moins coûteuse que la stimulation magnétique, donc plus accessible. En parallèle, leur activité cérébrale est mesurée et suivie par EEG, séquences de neuro-imagerie par résonance magnétique et une batterie de tests cognitifs attentionnels et de périmétrie visuelle.

« Notre hypothèse est que cette stimulation pourrait permettre de mieux synchroniser les réseaux de l’attention visuelle et permettre aux patients de récupérer une partie de leur vision consciente. Si les résultats sont positifs, cette technique pourrait à terme faire partie de la prise en charge thérapeutique de certains patients post-AVC. » conclut Antoni Valero-Cabré.

Source

Stengel C, Vernet M. Amengual J, Valero-Cabré A. Causal modulation of right hemisphere fronto-parietal phase synchrony with Transcranial Magnetic Stimulation during a conscious visual detection task. Scientific Reports. 2021 Feb 15;11(1):3807.

Vernet, M, Stengel C, Quentin, R, Amengual, J. Valero-Cabré A. Entrainment of local synchrony reveals a causal role of frontal oscillations in visual consciousness. Scientific Reports 2019 9(1):14510

]]>
https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/ameliorer-perception-visuelle-stimulation-cerebrale-non-invasive/feed/ 0
iMIND international Master In Neurodegenerative Diseases https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/imind-international-master-neurodegenerative-diseases/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/imind-international-master-neurodegenerative-diseases/#respond Fri, 07 May 2021 13:10:17 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21306 Intéressés par les neurosciences et les maladies neurodégénératives ?

La campagne de candidatures pour le parcours de Master 2 iMIND, international Master En savoir plus ]]> Intéressés par les neurosciences et les maladies neurodégénératives ?

La campagne de candidatures pour le parcours de Master 2 iMIND, international Master in Neurodegenerative Diseases, se déroulera du 10 mai au 30 juin 2021 !

iMIND est un parcours de Master 2 sélectif, fruit d’une collaboration entre l’Institut du Cerveau et le master de Biologie Intégrative et Physiologie – Neurosciences de Sorbonne Université.

iMIND rassemble des chercheurs de l’Institut du Cerveau, ainsi que d’autres instituts de Neurosciences associés à Sorbonne Université, comme l’Institut Neuroscience Paris Seine ou l’Institut de la Vision, afin de proposer des enseignements visant à immerger les étudiants dans les thématiques de recherche actuelles et innovantes sur le fonctionnement du cerveau et ses dysfonctionnements. Cette année, l’Institut du Cerveau offre jusqu’à 4 bourses de 600€/mois (après sélection) pendant le premier semestre pour les étudiants internationaux voulant suivre le parcours iMIND.

Les informations sur la procédure de candidature sont disponibles sur le lien suivant :

http://master.bip.sorbonne-universite.fr/fr/procedures-de-candidature/campagne-de-candidature.html

 

]]> https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/imind-international-master-neurodegenerative-diseases/feed/ 0
Covid-19 : découverte des mécanismes de l’anosmie à court et à long terme https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/covid-19-coronavirus-anosmie/ https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/covid-19-coronavirus-anosmie/#respond Fri, 07 May 2021 13:00:30 +0000 Ignacio Colmenero https://institutducerveau-icm.org/?post_type=actualite&p=21302

La perte de l’odorat, ou anosmie, est l'un des symptômes précoces les plus fréquents de la Covid-19. Les mécanismes impliqués dans cette anosmie étaient En savoir plus ]]>

La perte de l’odorat, ou anosmie, est l’un des symptômes précoces les plus fréquents de la Covid-19. Les mécanismes impliqués dans cette anosmie étaient jusqu’ici non élucidés. Des chercheurs de l’Institut Pasteur, du CNRS, de l’Inserm, d’Université de Paris et de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, ont élucidé les mécanismes impliqués dans la perte d’odorat chez les patients infectés par le SARS-CoV-2 aux différents stades de la maladie. Ils ont découvert que le SARS- CoV-2 infecte les neurones sensoriels et provoque une inflammation persistante de l’épithélium et du système nerveux olfactif. Par ailleurs, chez certains patients porteurs de manifestations cliniques persistantes, l’anosmie présente estassociée à une inflammation prolongée de l’épithélium et du système nerveux olfactif et à la présence durable du virus dans l’épithélium olfactif. Ces résultats ont été publiés dans la revue Science Translational Medicine, le 3 mai 2021.

La Covid-19, causée par le virus SARS-CoV-2 est principalement une maladie respiratoire mais de nombreux patients présentent des symptômes extra-respiratoires. Parmi ceux-ci, une perte soudaine de l’olfaction chez les personnes infectées par le SARS-CoV-2 a été signalée dans le monde entier dès le début de la pandémie. Le rôle direct du virus dans l’anosmie est resté jusqu’ici incertain. L’une des hypothèses communément admises jusqu’à ce jour était qu’un œdème transitoire au niveau des fentes olfactives empêchait le passage de l’air qui amène les molécules odorantes vers les cellules nerveuses olfactives (la fameuse sensation du « nez bouché » lors d’un rhume classique).

Dans une nouvelle étude, des chercheurs de l’Institut Pasteur, du CNRS, de l’Inserm et d’Université de Paris, de l’AP-HP, ont élucidé les mécanismes impliqués dans l’anosmie liée à la Covid-19. L’étude a été conduite auprès de patients ayant la Covid-19 et complétée grâce à des analyses sur un modèle animal. Cette étude montre de façon inattendue que les tests classiques RT-qPCR pratiqués sur les écouvillonnages nasopharyngés peuvent se révéler négatifs alors même que le virus persiste au fond des cavités nasales, dans l’épithélium olfactif. Cette découverte montre qu’un diagnostic du SARS-CoV-2 par brossage nasal peut être envisagé pour compléter l’écouvillonnage nasopharyngé du test PCR chez les patients présentant une perte d’odorat.

Ce travail élucide également le mécanisme de la perte de l’odorat liée à la Covid-19 en révélant, de manière chronologique, différentes étapes :

  1. La disparition des cils portés par les neurones sensoriels, après l’infection virale. Or, ces mêmes cils permettent la réception des molécules odorantes par les neurones sensoriels ;
  2. La présence de virus dans les neurones sensoriels ;
  3. La désorganisation de l’épithélium olfactif (organe sensoriel) liée à l’apoptose (phénomène de mort cellulaire). L’épithélium est organisé en lamelles régulières qui se trouvent être déstructurées par l’infection au coronavirus ;
  4. L’invasion du virus dans le premier relai cérébral du système olfactif, le bulbe olfactif ;
  5. La présence d’une neuroinflammation et d’ARN viral dans plusieurs régions du cerveau.
Schéma représentant les différentes étapes qui surviennent au niveau de l’appareil sensoriel et qui concourent à l’anosmie liée à la Covid-19.

Schéma représentant les différentes étapes qui surviennent au niveau de l’appareil sensoriel et qui concourent à l’anosmie liée à la Covid-19.

Cette étude montre que la perte de l’odorat est aussi la conséquence d’une dégradation de l’organe sensoriel situé au fond des cavités nasales. « En effet nous avons constaté que les neurones sensoriels sont infectés par le SARS-CoV-2, mais aussi le nerf olfactif et les centres nerveux olfactifs dans le cerveau », commente Pierre-Marie Lledo, chercheur CNRS, responsable de l’Unité Perception et mémoire (Institut Pasteur/CNRS) et co-auteur responsable de l’étude.

« Un autre point important de cette étude tient à l’observation portée sur les modèles animaux qui révèle que le virus, une fois entré dans le bulbe olfactif, se propage à d’autres structures nerveuses où il induit une importante réponse inflammatoire », explique Hervé Bourhy,responsable de l’unité Lyssavirus, épidémiologie et neuropathologie à l’Institut Pasteur et co- auteur responsable de l’étude.

L’infection des neurones olfactifs pourrait donc constituer une porte d’entrée vers le cerveau et expliquer pourquoi certains patients développent diversesmanifestations cliniques, d’ordre psychologiques (troubles de l’anxiété, dépression) ou neurologiques (déclin cognitif, susceptibilité à développer une maladie neurodégénérative), qui doivent faire l’objet de nouvelles études.

Enfin, Marc Lecuit, responsable de l’unité Biologie de l’Infection (Institut Pasteur, Inserm, Université de Paris, AP-HP) et co-auteur responsable de l’étude, conclut : « Selon nos résultats, la perte de l’odorat dans la Covid-19 peut persister plusieurs mois chez certains patients, et cette persistance des signes cliniques est attribuable à la persistance du virus et de l’inflammation dans la muqueuse olfactive ».

Ces éléments devront être pris en compte pour adapter le diagnostic et la prise en charge des manifestations à long-terme de la Covid-19.

En résumé, les 4 faits marquants de cette étude sont les suivants :

  • Le brossage nasal révèle la présence du virus quand l’écouvillonnage ne le détecte pas ;
  • Le SARS-CoV-2 peut persister au sein de l’épithélium olfactif pendant plusieurs mois ;
  • Le SARS-CoV-2 infecte les neurones sensoriels et provoque un recrutement de cellules immunitaires dans l’organe sensoriel ;
  • Le SARS-CoV-2 peut provoquer une inflammation persistante de l’épithélium olfactif et du système nerveux olfactif ;

Source : COVID-19-associated olfactory dysfunction reveals SARS-CoV-2 neuroinvasion and persistence in the olfactory system, Science Translational Medicine, 3 mai 2021

Publié initialement sur le site du CNRS

 

 

]]> https://institutducerveau-icm.org/fr/actualite/covid-19-coronavirus-anosmie/feed/ 0